Des documents gouvernementaux divulgués révèlent comment le régime chinois surveille de près les pratiquants du Falun Gong

Par Gu Qinger
28 juillet 2020
Mis à jour: 28 juillet 2020

Il y a 21 ans, le Parti communiste chinois (PCC) a commencé la persécution brutale du Falun Gong et n’a pas cessé depuis. Epoch Times a obtenu une série de documents internes du gouvernement qui révèlent comment le régime chinois a mené sa campagne de répression contre les pratiquants de Falun Gong tout au long de ces années et pendant la récente pandémie.

Pratique méditative comprenant des exercices lents et des enseignements spirituels, le Falun Gong a rapidement gagné en popularité, pour atteindre environ 100 millions de pratiquants en 1999, selon les estimations officielles de l’époque. Jiang Zemin, alors chef du Parti, a considéré la popularité du groupe comme une menace pour le régime athée et, en juillet 1999, a lancé une vaste campagne nationale pour arrêter et jeter les pratiquants dans des prisons, des camps de travail et des établissements psychiatriques pour les contraindre à renoncer à leur foi.

Des millions d’adhérents ont été détenus, et des centaines de milliers torturés, selon les informations fournies par le centre d’information du Falun Dafa.

Des milliers de personnes sont mortes sous la torture depuis, selon Minghui.org, un site web américain qui fournit des informations sur les persécutions perpétrées en Chine.

Un objectif clé à atteindre

Un document datant de l’année 2015 énumère les principaux objectifs fixés au niveau local dans le sous-district de Rulin à Pékin. À la veille d’une conférence mondiale sur l’industrie de la pomme de terre, deux employés du gouvernement local ont été chargés de surveiller un pratiquant de Falun Gong surnommé Zhang, un résident du complexe d’appartements Shenfan Garden. Les noms et les numéros de téléphone des deux employés ont été répertoriés. Le Falun Gong a été classé comme une catégorie à surveiller et le niveau de risque a été qualifié de « non conventionnel ».

Un document interne a enregistré les principaux objectifs à surveiller lors du Congrès mondial de la pomme de terre en 2015 à Pékin. (The Epoch Times)

Dans un document séparé, les autorités ont par la suite augmenté le nombre de personnes chargées de surveiller le même pratiquant de Falun Gong, pour le porter à quatre personnes.

Un autre document énumère les « cibles clés » du complexe d’appartements Shenfan Garden. Les pratiquants de Falun Gong ont été placés dans une catégorie aux côtés d’autres catégories de personnes, telles que les malades mentaux, les personnes purgeant des peines de prison, les personnes sous surveillance judiciaire, les détenus libérés, les pétitionnaires (personnes qui font appel de leurs griefs auprès du gouvernement) et les migrants. Selon le document, 20 personnes se relaient pour surveiller le complexe résidentiel, six étant affectées à la supervision des principales cibles.

Un document détaille les catégories de personnes à surveiller dans le complexe d’appartements local de Pékin, le Shenfan Garden. Au total, 20 volontaires étaient disponibles pour surveiller les personnes cibles. (The Epoch Times)

Surveillance renforcée les jours importants

Epoch Times a également obtenu un avis interne publié par une commission des affaires politiques et juridiques (PLAC) de Pékin au niveau du district le 30 août 2019. La PLAC est une agence du Parti qui supervise les appareils de sécurité, tels que les prisons, les tribunaux et la police locaux. Les bureaux locaux de la PLAC sont souvent chargés de mener à bien la persécution des pratiquants de Falun Gong.

Ce document du district de Mentougou exigeait une surveillance complète des rues 24 heures sur 24 les 30 septembre, 1er et 2 octobre, lorsque le Parti a célébré le 70e anniversaire de sa prise de pouvoir sur la Chine.

L’avis mentionnait les pratiquants de Falun Gong comme un groupe à surveiller et à contrôler pendant cette période.

Un autre document fait état d’un pratiquant de Falun Gong, surnommé Che, suivi par six personnes assignées dans la région de Rulin pendant les deux sessions de l’année 2017. Les « Deux Sessions » sont une réunion annuelle de la législature du PCC et de son organe consultatif pour adopter des politiques et des programmes.

Le 19e Congrès national du Parti s’est tenu à Pékin du 18 au 24 octobre 2017. Le conclave a lieu une fois tous les cinq ans, afin de déterminer la prochaine succession des dirigeants du Parti.

Un document concernant un « plan de travail de sécurité » a été publié par le gouvernement local de Rulin le 22 septembre 2017. Le plan a été déployé par le ministère de la Sécurité publique (police) d’août à octobre de la même année. Il exigeait que les communautés de Rulin coopèrent pleinement en mettant en œuvre des tactiques de contrôle strictes telles que « frapper aux portes » et avoir « plusieurs harceleurs sur une même cible ». Des réunions et des discussions quotidiennes étaient nécessaires.

Depuis février 2017, la police chinoise a appliqué une directive « frapper aux portes » pour harceler les pratiquants de Falun Gong, selon Minghui.org. Cela s’est produit dans 28 provinces et régions. La police locale recueillait des informations personnelles en prenant des photos, en surveillant les pratiquants et en les filmant de force. Les pratiquants de Falun Gong étaient parfois kidnappés ou leur maison était saccagée.

La surveillance au nom de la pandémie

Plus récemment, le 18 juin, un ensemble de documents provenant du « Bureau de la construction sécurisée » du district de Changping, à Pékin, a révélé que les autorités prenaient pour cible les pratiquants de Falun Gong pendant la pandémie.

Au cours du premier semestre 2020, le bureau a publié des avis pour empêcher le Falun Gong de « faire des enquêtes ou des recherches » sur la pandémie locale ; empêcher « l’infiltration » des pratiquants de Falun Gong, empêcher les pratiquants d’« exploiter la pandémie pour la propagande inverse », selon les documents.

Le rapport explique également que, lors des deux sessions tenues cette année à la fin mai, chaque pratiquant de Falun Gong « cible clé » a été surveillé par six personnes en poste 24 heures sur 24, dont deux cadres du quartier et des membres de la famille du pratiquant, afin de s’assurer que le pratiquant soit étroitement surveillé chez lui et à l’extérieur de sa maison.

Selon le rapport, le sous-district de Chengnan de Changping a mis en place deux équipes pour surveiller les pratiquants locaux de Falun Gong. L’une est composée de 21 cadres spécialisés et l’autre de 30 patrouilleurs à plein temps.

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