Des images extraordinaires des grands fonds marins permettent de voir un poisson avec des « pieds » marchant au fond de l’océan

Par Louise Bevan
2 janvier 2020 Mis à jour: 2 janvier 2020

Les profondeurs des océans de la terre représentent une énorme quantité de territoire encore inexploré. Il est donc exaltant, déroutant et impressionnant pour la communauté scientifique de voir de nouvelles créatures bizarres apparaître et être filmées.

L’une de ces créatures, un poisson des grands fonds marins enregistré par l’Administration nationale des océans et de l’atmosphère (NOAA) des États-Unis en 2016, continue d’étonner les internautes avec sa méthode unique de parcourir le fond des océans.

Dans le cadre de l’exploration Océano Profundo de la NOAA, le navire de recherche Okeanos Explorer était chargé de recueillir des données essentielles dans les régions de haute mer sous-explorées entourant Porto Rico. Lors de la collecte de données au large du canyon Mona, les caméras du navire ont capturé l’étrange phénomène d’un poisson des grands fonds marins « qui marche » au fond de l’océan.

Le poisson a été identifié à l’origine comme une bouche de grenouille rose (chaunax pictus), un type de baudroie ou lotte qui utilise des nageoires modifiées pour « marcher » au fond de l’océan.

Dans les images saisissantes captées par la NOAA, on voit le poisson en train de se frayer un chemin à travers le sol océanique graveleux sur des appendices ressemblant à quatre pieds qui s’étendent en dessous de son corps.

Le poisson-bouche de grenouille rose mange des crevettes qu’il attire en étendant un appendice supplémentaire à partir de sa tête. Le poisson vit à une profondeur de 200 à 978 mètres sous le niveau de la mer et a été historiquement enregistré à la fois dans l’océan Atlantique et dans la mer Méditerranée.

L’observation en 2016 n’est pas la première fois que cette curieuse créature a été repérée. Un spécimen d’apparence similaire a été vu par la NOAA en 2001 au large de la côte est de l’Amérique du Nord dans une zone connue sous le nom de The Charleston Bump, une île de récif profond dans le Gulf Stream.

La baudroie des grands fonds s’éloigne à l’approche du navire de recherche de la NOAA (©NOAA Office of Ocean Exploration and Research)

Le poisson a été photographié en train de se lever sur ses « nageoires pelviennes » en forme de pied pour repousser son prédateur présumé, le Johnson Sea-Link, le navire de recherche en haute mer de la NOAA. À cette occasion, le poisson a été identifié par les scientifiques comme une espèce différente de baudroie, connue sous le nom de « redeye gaper » (chaunax stigmaeus).

Incroyablement, la baudroie et le redeye gaper ne sont pas les seuls poissons des grands fonds marins qui marchent. Un autre poisson insaisissable des profondeurs a fait son apparition en Floride le 19 novembre 2019.

Les images du poisson qui marche, connu sous le nom de Lophiidae, se répandent comme une traînée de poudre depuis que le Bureau de l’exploration océanique de la NOAA a capturé le poisson avec la caméra et a partagé les images en ligne.

Selon le New York Post, les plongeurs de la NOAA ont découvert la baudroie de Schaefer, plus connue sous le nom de poisson d’eau douce, assise parfaitement immobile sur un rocher saillant en attendant de tendre une embuscade pour son prochain repas. « De loin, nous pensions que c’était un rocher, ont expliqué les océanographes, mais imaginez si vous étiez un poisson, un petit poisson ; vous ne le sauriez même pas. »

Le chasseur camouflé est capable de « manger des choses presque deux fois plus grosses que lui », ont ajouté les océanographes, et en plus de se reposer sur les rochers pour attendre sa proie, il peut aussi se déplacer sur le fond de l’océan en utilisant des « nageoires dorsales modifiées ».

Le lophiidae a été découvert à 940 mètres sous l’eau au large d’un groupe d’îles connu sous le nom de Dry Tortugas, à 112 km à l’ouest des Keys, en Floride.

En regardant vers l’avenir, le projet Océano Profundo de la NOAA prévoit de continuer à explorer l’océan Atlantique Nord et la mer des Caraïbes. Non seulement les scientifiques sont à la recherche de nouvelles espèces, mais ils espèrent aussi acquérir une compréhension de plus en plus complète et complexe de l’écosystème.

L’exploration des grands fonds marins, expliquent les scientifiques de la NOAA sur leur site web officiel, « joue un rôle essentiel pour l’humanité en fournissant une myriade de services écosystémiques, tels que la sécurité alimentaire, la protection contre les dangers, le commerce, le tourisme et les loisirs, qui fournissent collectivement des emplois et des moyens de subsistance à des millions de personnes ».

À mesure que l’exploration marine s’étend de plus en plus dans les océans les plus sombres et les plus profondes, des espèces telles que la bouche-grenouille rose, le crapet-soleil et le corégone sont de mieux en mieux connues de la science. Plus nous en savons, plus la biodiversité de la terre se révèle extraordinaire.

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