Les inondations catastrophiques s’aggravent en Chine alors que le barrage des Trois-Gorges rejette ses eaux dans les villes sinistrées

Par Nicole Hao
1 juillet 2020
Mis à jour: 2 juillet 2020

De fortes pluies ont continué à tomber sur des dizaines de villes de Chine le 29 juin, entraînant de graves inondations. Mais contrairement aux catastrophes majeures enregistrées par le passé, aucun haut responsable du Parti communiste chinois ne s’est rendu dans les régions touchées jusqu’à présent.

En outre, le barrage des Trois-Gorges, situé dans la région supérieure du Yang-Tsé de la province de Hubei, et d’autres réservoirs ont déversé les eaux accumulées, affectant ainsi les villes voisines.

Par exemple, à Wuhan, la capitale du Hubei, où la pandémie Covid-19 a éclaté pour la première fois, les eaux de crue ont atteint les toits des voitures.

Les prévisions météorologiques ont montré que la région du fleuve Yang-Tsé va connaître davantage de précipitations au cours des dix prochains jours. Les hydrologues affirment que les eaux du réservoir des Trois-Gorges pourraient emporter les populations qui vivent en aval.

Déversement de l’eau

Le journal d’État Xinhua a cité des responsables du gouvernement qui ont confirmé que le barrage des Trois-Gorges avait libéré les eaux de pluie accumulées dans son réservoir le 29 juin. La vitesse moyenne de déversement ce lundi était de 35 000 m³ par seconde, selon les informations.

Le département des ressources en eau du Hubei a également annoncé le 29 juin qu’il avait déversé l’eau de 1 081 réservoirs locaux lorsque leur niveau a dépassé les seuils d’alerte.

Le Ministère a ajouté que huit de ces réservoirs étaient de grande taille, c’est-à-dire que leur capacité de stockage était supérieure à 100 millions m³ ; 28 d’entre eux étaient de taille moyenne, avec une capacité de stockage de plus de 10 millions m³ ; et 1 045 de petite taille.

Wuhan est traversé par le Yang-Tsé. La ville a été inondée le 29 juin à cause du niveau élevé du Yang-Tsé et des fortes pluies.

Le média d’État Hubei Jingshi a rapporté que les eaux de crue avaient pénétré au premier étage des bâtiments dans certains quartiers de Wuhan. En outre, 35 routes dans les districts de Qiaokou, Wuchang, Hongshan et Gaoxin ont été fermées lundi en raison des fortes inondations.

De nombreuses autres villes du Hubei ont également souffert des inondations.

La télévision publique CCTV a rapporté que le 27 juin au soir dans la ville de Guangshui, les eaux de crue ont atteint un niveau si élevé que les gens ne pouvaient plus sortir de leur voiture ou de leur maison.

Le régime n’a pas annoncé le nombre de morts, mais les habitants ont partagé une vidéo sur les médias sociaux montrant une femme décédée après avoir été emportée par les eaux.

Le 27 juin, les villes de Yichang, Xiangyang, Jingmen, Xiaogan, Huanggang, Enshi et Shennongjia ont signalé des inondations. Selon les autorités, 7 005 personnes ont été forcées de quitter leurs maisons et environ 650 000 autres ont subi des pertes dues aux inondations.

Le gouvernement central a annoncé lundi que d’autres fortes pluies devraient arriver dans les régions supérieures du barrage des Trois-Gorges au cours de la première moitié du mois de juillet.

Aux premières heures du 30 juin, la ville de Xinyang de la province du Henan, la ville de Shijiazhuang de la province du Hebei, le comté de Hengdong de la province du Hunan et d’autres régions ont également signalé des inondations.

Dirigeants chinois

26 des 34 provinces et régions de Chine ont signalé des inondations au mois de juin. Mais aucun haut fonctionnaire chinois ne s’est rendu dans les zones sinistrées.

Au cours des dernières décennies, des fonctionnaires se sont rendus sur place pour participer aux efforts de propagande du Parti. Le Premier ministre Li Keqiang, et les anciens Premiers ministres Wen Jiabao et Zhu Rongji se sont rendus à Wuhan pendant les périodes d’inondations des années 2016, 2010 et 1998.

Le 27 juin, certains médias publics ont publié des articles rapportant que M. Wen avait rencontré le directeur de l’école des sciences de la terre de l’université de Lanzhou à Pékin le 22 juin. Depuis octobre 2019, il n’avait participé à aucune activité publique.

Le moment et le lieu – l’école est connue pour son programme d’ingénierie hydraulique – font que les observateurs chinois spéculent sur le fait que la récente apparition de M. Wen n’est pas une coïncidence.

« Il veut faire passer le message qu’il se concentre sur le barrage des Trois-Gorges », a déclaré le commentateur des affaires chinoises Tang Jingyuan, basé aux États-Unis, dans une interview.

Avant sa carrière politique, M. Wen a été géologue et ingénieur pendant 17 ans, après avoir obtenu une maîtrise en géologie.

Lorsqu’il était Premier ministre, M. Wen n’a pas manifesté son soutien publiquement pour le barrage des Trois-Gorges. Lorsque la cérémonie d’achèvement du barrage a eu lieu en mai 2006, ni Wen Jiabao ni Hu Jintao – alors leader chinois et ancien ingénieur hydraulique – n’étaient présents.

Pendant ce temps, les dirigeants actuels du Parti n’ont pas réagi au désastre national.

Le 29 juin, le leader chinois Xi Jinping a organisé une réunion du Politburo à Pékin. Il n’a fait aucune mention des inondations, mais a déclaré : « L’armée doit adhérer sans réserve à la direction suprême du Parti […] L’armée doit être absolument loyale, absolument pure et absolument fiable. »

C’est sa première apparition publique depuis sa participation au sommet UE-Chine, qui a eu lieu par vidéoconférence le 22 juin.

Le 28 juin, le Premier ministre chinois Li Keqiang a organisé un forum sur le commerce extérieur à Pékin. Li Keqiang n’a pas non plus parlé des inondations, mais a déclaré que « le maintien du commerce extérieur et des investissements étrangers est très important », ajoutant que le chômage devenait un problème majeur.

Depuis la résurgence de l’épidémie du virus du PCC* à Pékin début juin, les hauts dirigeants du Parti ont fait peu d’apparitions publiques.

* Epoch Times désigne le nouveau coronavirus, responsable de la maladie du Covid-19, comme le « virus du PCC », car la dissimulation et la mauvaise gestion du Parti communiste chinois (PCC) ont permis au virus de se propager dans toute la Chine et de créer une pandémie mondiale.

Le saviez-vous ?

Epoch Times est un média indépendant, différent des autres organisations médiatiques. Nous ne sommes influencés par aucun gouvernement, entreprise ou parti politique. Notre objectif est d’apporter à nos lecteurs des informations factuelles et précises, en étant responsables envers notre lectorat. Nous n’avons d’autre intention que celle d’informer nos lecteurs et de les laisser se faire leur propre opinion, en utilisant comme ligne directrice les principes de vérité et de tradition.

RECOMMANDÉ