Des témoignages de résidents de la ville de Harbin en Chine révèlent la réalité de la deuxième vague de l’épidémie

Par Nicole Hao
24 avril 2020
Mis à jour: 25 avril 2020

Dans la ville de Harbin, au nord de la Chine, où une deuxième vague de l’épidémie du virus PCC* s’est produite, une famille a décrit comment six de ses membres ont été infectés après avoir assisté à un grand dîner de famille au début du mois d’avril.

En mars, les autorités de la ville avaient levé les mesures de confinement et autorisé les réunions sociales. À l’époque, Harbin, comme la majorité des villes chinoises, s’est déclarée exempte de tout nouveau cas de virus.

Mais lorsque des foyers de contamination ont commencé à apparaître, les autorités ont annoncé une fois de plus la fermeture de la ville.

Les habitants ont déclaré au journal Epoch Times que la ville avait mis de nombreuses personnes en quarantaine chez elles, sans leur permettre de sortir. Cependant, ils n’ont pas été en contact avec des patients diagnostiqués ni n’ont présenté de symptômes.

Un dîner de famille

Un natif de Harbin et six parents infectés ont parlé à la version chinoise d’Epoch Times de la manière dont le virus s’est propagé dans la famille. Epoch Times a choisi d’utiliser des pseudonymes pour protéger leur identité.

COUVERTURE SPÉCIALE : VIRUS DU PCC

Lin Jun est originaire de Harbin mais travaille et vit dans le sud de la Chine. Sa famille vit toujours à Harbin, dans la province de Heilongjiang, mais sa mère Wang Hong a séjourné chez lui de janvier au 9 avril.

L’arbre généalogique de Lin Jun. (Epoch Times)

Ce jour-là, « ma grand-mère est sortie de l’hôpital [pour une maladie non liée à un virus], alors ma mère est retournée s’occuper d’elle à la maison », a déclaré Jun.

En Chine, les familles organisent traditionnellement un grand dîner lorsqu’un membre revient après un long voyage. Ainsi, le soir du 9 avril, les grands-parents de Jun ont organisé une grande fête à la maison avec 11 membres de la famille.

Comme le gouvernement n’a pas annoncé de nouvelles infections à Harbin avant le 10 avril, la famille de Jun n’avait pas connaissance de risques d’exposition au virus. Ils pensaient qu’il était sûr de se rassembler à nouveau.

Le 11 avril, le gouvernement de Harbin a annoncé une nouvelle infection dans la ville, un patient dans le même hôpital que la grand-mère de Jun.

Comme les 11 membres de la famille étaient des contacts proches, ils ont tous dû passer le test de diagnostic du virus. Ils ont été envoyés à l’hôpital en trois groupes.

« Le fils de mon oncle est entré à l’hôpital après [avoir été testé positif au premier test d’acide nucléique]. Mon oncle et mon grand-père ont été diagnostiqués positifs lors du deuxième test », a déclaré Jun. « Ma tante a été la dernière à entrer à l’hôpital. Elle n’a pas passé le test d’acide nucléique à cause d’un manque de kits de diagnostic à l’hôpital. Mais les résultats du scanner et ses symptômes montraient qu’elle était infectée. » La tante de Jun présentait une une opacité en verre dépoli dans les poumons, indiquant une inflammation – un symptôme courant du covid-19.

La mère et la grand-mère de Jun ont également été testées positives et ont été envoyées à l’hôpital. Elles sont toutes deux dans un état critique à l’unité de soins intensifs (USI).

Les membres de la famille de Jun ne correspondent pas aux descriptions des cas d’infection annoncés par le gouvernement Harbin, et leurs cas n’ont probablement pas été comptabilisés dans le bilan officiel.

Quarantaine forcée

Le 17 avril, le gouvernement provincial du Heilongjiang a puni 18 fonctionnaires de Harbin pour avoir mal géré l’épidémie. Depuis lors, la Ville a pris des mesures strictes pour empêcher le virus de se propager.

Un membre du personnel (C) vérifie la température corporelle d’une femme avant qu’elle n’entre dans une communauté de la ville frontalière de Suifenhe, dans la province du Heilongjiang, dans le nord-est de la Chine, le 22 avril 2020. (STR/AFP/Getty Images)

Cependant, les habitants se sont plaints que les règles de quarantaine forcée sont inhumaines.

La femme de M. Xiao fait partie du personnel de cuisine de l’hôpital populaire du district de Harbin Daoli. Il y a environ sept jours, M. Xiao a été isolé dans un centre de quarantaine pendant 24 heures par mesure de précaution. Il a ensuite été libéré de la quarantaine après avoir été testé négatif.

Entre-temps, sa femme a été mise en quarantaine à l’hôpital et n’est pas autorisée à rentrer chez elle.

Comme il travaille à l’hôpital, il a été à nouveau mis en quarantaine à la maison. « Ils ont verrouillé ma maison de l’extérieur […] Je suis enfermé à l’intérieur de la maison », a déclaré M. Xiao à la version chinoise d’Epoch Times le 23 avril.

M. Xiao s’est plaint qu’à Harbin, on commençait à se sentir comme à Wuhan, la ville où le virus est apparu pour la première fois, en février.

« Les hauts fonctionnaires font pression sur leurs subalternes pour renforcer la prévention du virus, puis les subalternes font pression sur les citoyens ordinaires […] Cela crée la panique », a déclaré M. Xiao. « Les gens ordinaires n’ont pas le droit de parler, ni de choisir où ils doivent aller pour être mis en quarantaine. »

M. Ning est un acheteur pour la cuisine de l’hôpital du district de Daoli. Il se rend généralement au marché de gros local au petit matin pour acheter les légumes, puis les dépose à l’hôpital avant 7 heures. Les employés de la cuisine commencent à travailler à l’hôpital à 8 heures.

Mais les autorités l’ont enfermé de force dans sa maison.

« Ils ont verrouillé ma porte de l’extérieur il y a quatre jours. Je n’ai même pas été en contact avec quelqu’un de l’hôpital », a déclaré M. Ning.

Un conducteur qui scanne un code QR pour enregistrer des informations avant d’entrer dans un quartier pendant une chute de neige dans la ville frontalière de Suifenhe, dans la province du Heilongjiang, au nord-est de la Chine, le 22 avril 2020. (STR/AFP via Getty Images)

Mme Su a déclaré à Epoch Times que son mari s’était rendu à l’hôpital pour se faire soigner pour une maladie du sang le 16 avril, mais qu’il avait été mis en quarantaine à l’hôpital. Même si Mme Su ne s’est pas rendue à l’hôpital, elle a été enfermée de force chez elle par les autorités municipales le 19 avril.

Pendant ce temps, un habitant de Harbin a demandé de l’aide sur les médias sociaux chinois, se plaignant qu’il n’était pas autorisé à retourner chez lui.

Il a déclaré dans une vidéo qu’il avait quitté son appartement pour aller faire des courses. Lorsqu’il est rentré dans son complexe résidentiel, le gardien lui a demandé de présenter un laissez-passer spécial qui indique qu’il peut entrer.

Cet internaute n’est pas le seul. Les vidéos des médias sociaux montrent d’autres résidents de Harbin qui attendent aux points de contrôle de rentrer chez eux également.

* Epoch Times qualifie le nouveau coronavirus, à l’origine de la maladie covid-19, de « virus du PCC » parce que la dissimulation et la mauvaise gestion du Parti communiste chinois ont permis au virus de se propager dans toute la Chine et de créer une pandémie mondiale.

Des informations non partisanes et indépendantes

Epoch Times est non partisan et fondé sur des valeurs. Nous pensons que le vrai journalisme doit prendre assise sur des principes moraux. Nous nous concentrons sur les questions importantes ainsi que sur les politiques et leur impact, et non sur la partisanerie. Nous ne suivons pas la tendance contraire à l’éthique du journalisme axé sur un agenda, mais nous utilisons plutôt nos principes de vérité et de tradition comme guide pour présenter les faits de manière honnête.

RECOMMANDÉ