Des laines nobles pour se garder au chaud

26 novembre 2015
Mis à jour: 28 novembre 2015

Pendant l’hiver, y a-t-il un sentiment plus réconfortant que d’être bien emmitouflé dans une belle laine chaude ? Si vous ne connaissez que la laine qui pique, saviez-vous qu’il en existe bien d’autres sortes bien plus douces et légères, comme l’alpaga, le mérinos ou le mohair. Noël peut être un bon moment pour les découvrir ou les redécouvrir, les offrir ou se les faire offrir. D’autant plus que certaines d’entre elles sont produites ici au Québec, ou tricotées par des designers bien de chez nous.

L’alpaga

La laine d’alpaga est réputée être sept fois plus chaude que la laine de mouton. (Nathalie Dieul/Epoch Times)
La laine d’alpaga est réputée être sept fois plus chaude que la laine de mouton. (Nathalie Dieul/Epoch Times)

Ce lama sympathique, originaire d’Amérique latine, est bien présent depuis quelques années dans le paysage québécois. Sa laine est réputée être sept fois plus chaude que la laine de mouton : une fois qu’on l’a essayée, il est facile de le croire ! La fibre d’alpaga est à la fois agréable au toucher et abordable par rapport à d’autres laines plus luxueuses.

Évidemment, il est possible de trouver des tricots en laine d’alpaga provenant d’Amérique latine, principalement du Pérou, à meilleur marché. Cependant, si vous désirez une qualité supérieure, tournez-vous vers les productions des éleveurs locaux.

Carole Savard, copropriétaire de l’élevage La Fibre Royale dans les Laurentides, explique la raison principale de la qualité supérieure de la laine qu’elle produit. À la tonte de la bête, la fibre de première qualité de laine (appelée manteau, elle est prise sur les côtés de l’alpaga) est tout de suite séparée de celle de deuxième qualité (qui provient des pattes et du cou). Cette première qualité est « la plus longue et c’est la plus belle ». Tout en m’expliquant cela, elle me sort d’un sac le manteau d’une bête de qualité, de la laine brute gaufrée, extensible.

« Dans l’alpaga, il y a des poils aussi. Si je laisse ça dedans et que j’envoie ça se transformer, laver, rincer, carder, c’est ça qui va piquer », montre l’éleveuse passionnée. Le travail commence donc par un long tri méditatif pour retirer ces poils de la laine, ainsi que la séparation de la fibre de moindre longueur. Celle qui mesure moins de deux pouces sera utilisée pour faire du feutre, parce que si elle se mélange à la laine de première qualité, cela risque de faire des nœuds, lorsque tricotée.

Une fois le nettoyage effectué, la laine peut être employée de trois manières différentes : filée pour faire des balles de laine, feutrée pour devenir des semelles à mettre dans les bottes, ou encore utilisée telle quelle – Mme Savard s’en est fait faire une couette, chaude et hypoallergénique.

La laine de bébé alpaga est d’une douceur exquise. Toutefois, c’est la plus fragile. Elle ne convient donc pas pour faire des chaussettes. Pour d’autres tricots, il est judicieux de la mélanger avec d’autres laines, par exemple celle d’une bête de trois ans.

De manière générale, l’éleveuse conseille la laine blanche, plus fine et plus douce que celle de couleur : « les microns d’une laine blanche sont toujours beaucoup plus fins ». Les autres couleurs ont les mêmes propriétés, mais elles sont légèrement moins douces, sauf exception. La laine blanche se teint très facilement.

Le mohair

Le mohair provient de la chèvre angora. (FREEIMAGES.COM)
Le mohair provient de la chèvre angora. (FREEIMAGES.COM)

Le mohair provient de la chèvre angora, une chèvre bouclée comme un mouton. Les fibres de mohair sont légères, brillantes, élastiques, résistantes et plus chaudes que la laine ordinaire. Le mohair est durable parce qu’il feutre très peu. « C’est super léger à porter et c’est très chaud », remarque Carine Chatelais, designer de tricot à la boutique Maillagogo.

« Au Québec, une vingtaine d’éleveurs se partagent actuellement un cheptel total d’environ mille têtes », apprend-on sur le site Web de la chèvrerie Le Grand Flodden. Ces éleveurs de chèvres angoras de race pure produisent des couvertures, différents vêtements artisanaux uniques et des bas qui font plaisir aux pieds.

Ces bas 100 % québécois sont confectionnés à partir de 85 % de mohair dans une gaine extérieure de nylon et de spandex. Ils sont à la fois anti-transpiration et anti-odeur, et gardent le pied à une température constante, été comme hiver.

Chez Maillagogo, tous les tricots sont réalisés localement, la plupart sont même faits directement dans la boutique du quartier Villeray.

Le mérinos

La laine mérinos, avec ses multiples propriétés, connaît un engouement chez les sportifs. (FREEIMAGES.COM)
La laine mérinos, avec ses multiples propriétés, connaît un engouement chez les sportifs. (FREEIMAGES.COM)

Parmi ces fibres nobles, la laine mérinos, provenant du mouton du même nom, est un choix intéressant, à la fois pour ses qualités comme pour le porte-monnaie. C’est d’ailleurs, avec l’alpaga, une des fibres les plus tricotées par Mme Chatelais, qui désire que ses produits restent accessibles.

Chaude, confortable, douce, légère, hypoallergénique et respirante, elle est appréciée des sportifs parce qu’elle ne retient pas les odeurs et possède des qualités thermorégulatrices : elle vous tient au chaud l’hiver et reste fraîche l’été. Le mérinos peut absorber environ un tiers de son poids en eau avant de devenir humide et il sèche ensuite facilement.

Avec tous ces avantages, il faut bien un inconvénient : l’élevage de moutons mérinos n’est pas développé au Québec, la plus grande partie de la laine mérinos que l’on trouve sur le marché provenant d’Australie ou de Nouvelle-Zélande. Mes recherches m’ont toutefois permis de trouver une ferme québécoise qui en élève : Douceur d’Ange.

Tricots québécois

Chez Maillagogo, tous les tricots sont réalisés localement, la plupart sont même faits directement dans la boutique du quartier Villeray. Pour plusieurs raisons, les laines utilisées par cette entreprise familiale ne sont pas québécoises, mais importées d’Italie. D’une part, pour des raisons de coûts : les laines italiennes sont à la fois d’excellente qualité et à prix abordable, ce qui permet au produit fini – le tricot québécois – d’être accessible. D’autre part, les producteurs de laine locaux ne distribuent pas leurs fibres en cône, ce qui est indispensable pour Carine Chatelais qui tricote sur des petites machines artisanales.

L’éleveuse d’alpagas Carole Savard a, quant à elle, trouvé une solution intéressante pour pouvoir offrir des tricots 100 % québécois produits à partir de laine d’alpaga de son élevage : elle a rencontré des tricoteuses, principalement de Gaspésie, avec qui elle fait un échange : elle leur fournit de la laine pour leur propre usage, et les tricoteuses lui font des tricots uniques et artisanaux pour qu’elle les vende. Dans sa petite boutique dans les bois à Sainte-Lucie-des-Laurentides, elle peut donc offrir des prix compétitifs, mais il faut se déplacer jusque-là : une belle occasion de rencontrer les alpagas.

Entretien de la laine : conseils d’une professionnelle

Lavez vos tricots de laine de préférence à la main (ou en machine au cycle délicat), avec un savon doux, voire un shampoing. L’idéal est d’utiliser le savon Eucalan : « c’est le meilleur qu’on peut avoir. C’est un savon qui ne nécessite pas de rinçage, donc on a juste à faire tremper le tricot », précise la designer de tricot de la boutique Maillagogo, qui choisit de travailler principalement des laines mélangées à environ 75 % de fibres naturelles pour     25 % de fibres synthétiques, ce qui en facilite l’entretien.

Il faut considérer la laine comme des cheveux et la laver à l’eau tiède, à la température du corps. C’est de cette manière que vous n’endommagerez jamais vos lainages.

Pour en savoir davantage :

  • La fibre royale : 1269, chemin Sainte-Lucie, Sainte-Lucie-des-Laurentides, J0T 2J0

Tél. : 819 326-9474

 

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