Des « lapins magiques » extrêmement rares photographiés dans les montagnes chinoises pour la première fois en 20 ans

Par Louise Bevan
13 mars 2020
Mis à jour: 13 mars 2020

L’ili pika, un petit mammifère ressemblant à un lapin, repéré pour la première fois en 1983, a échappé aux écologistes pendant plus de deux décennies avant de réapparaître récemment dans les montagnes du nord-ouest de la Chine.

Sa réapparition a relancé une enquête sur la population survivante de cette adorable créature et les chiffres sont inquiétants.

En 2020, l’ili pika, ou « lapin magique », est plus rare que le panda géant.

Connue dans la communauté scientifique sous le nom d’Ochotona iliensis, cette espèce ressemblant à un lapin a été découverte pour la première fois par le conservateur chinois Li Weidong en juillet 1983. Selon le China Daily, M. Li travaillait pour les services sanitaires et de prévention des épidémies de la province du Xinjiang, la découverte d’une toute nouvelle espèce n’était pas à son ordre du jour.

« J’avais escaladé une montagne pendant quatre heures, a dit M. Li à la BBC, et je reprenais mon souffle quand, tout à coup, j’ai vu l’ombre d’une petite créature qui passait tout près. »

« Je me suis assis à côté d’un rocher, puis soudain deux oreilles de lapin ont émergé de la fissure du rocher. La petite chose me regardait fixement, en clignant des yeux. J’ai pensé que c’était la plus belle et la plus bizarre des créatures que je n’avais jamais vues. »

Ce qui différenciait ce pika des autres espèces était les trois bandes brunes distinctives sur son front. En 1986, l’animal a été officiellement reconnu comme une nouvelle espèce. M. Li l’a baptisé « ili pika », du nom de sa ville natale d’Ili, et a consacré le reste de sa carrière à sa conservation permanente.

Selon le National Geographic, l’ili pika est originaire des montagnes de Tianshan, dans la province chinoise du Xinjiang. Cet animal vit entre 2 800 et 4 000 mètres d’altitude et est principalement herbivore.

Après une nouvelle observation en 1990, la curieuse espèce a échappé à M. Li pendant 24 ans. Mais ce défenseur dévoué, aujourd’hui sexagénaire et largement autofinancé, est retourné dans la région en juillet 2014 et a réussi à prendre une série de photos haute définition de cette créature de 20 cm de long ressemblant à un ours en peluche dans son habitat naturel.

(©Shutterstock | Kirill Skorobogatko)

Le minuscule mammifère, au pelage gris, a été redécouvert reniflant autour de sa maison à la recherche d’intrus potentiels et en creusant sous la surface rocheuse de la montagne pour trouver de la nourriture. C’est au cours de cette récente rencontre que l’équipe de recherche bénévole de M. Li a surnommé l’adorable créature le « lapin magique ».

Selon le Daily Mail, l’équipe de M. Li a noté que le nombre d’ili pika avait considérablement diminué entre 1983 et 2014, passant d’environ 2 900 à moins de 1 000. Le mammifère ne s’est également manifesté que dans 9 des 14 zones habitées recensées précédemment.

Les photographies de M. Li sont devenues virales. Mais le conservateur, craignant qu’une plus grande visibilité de l’ili pika puisse constituer une menace à sa survie, a imploré d’appliquer une philosophie de non-intervention.

(Illustration – Shutterstock | Nicolas Primola)

« L’adorable animal attire l’intérêt de beaucoup de gens qui aimeraient aller dans son habitat et le photographier », a-t-il ajouté. « Certaines personnes m’ont même demandé s’ils pouvaient être domestiqués et élevés comme animaux domestiques. C’est la dernière chose dont il a besoin. »

Sans protection et sans intervention, M. Li a exprimé sa crainte que l’ili pika ne disparaisse.

À partir de 2020, l’ili pika est maintenant classé comme étant « en danger » par l’International Union for Conservation of Nature. Pour le contexte, le panda géant, largement considéré comme l’une des espèces à surveiller à la suite de la diminution de son nombre, a été déclassé comme « vulnérable ».

Selon le National Geographic, M. Li espère créer des zones de conservation spécialement désignées pour aider à assurer la survie de l’espèce.

RECOMMANDÉ