Des législateurs américains demandent à Twitter d’interdire les comptes du Parti communiste chinois en raison de leur campagne de désinformation sur le virus

Par Eva Fu
22 mars 2020
Mis à jour: 22 mars 2020

Deux législateurs républicains demandent à Twitter de bannir les responsables du Parti communiste chinois de sa plateforme en raison de la campagne de propagande agressive du régime pour « blanchir » sa dissimulation de l’épidémie.

« Alors que la pandémie de coronavirus touche les familles, les gouvernements et les marchés du monde entier, le Parti communiste chinois mène une campagne de propagande massive pour réécrire l’histoire de la COVID-19 et blanchir les mensonges du Parti », ont écrit le sénateur Ben Sasse (Parti républicain Nebraska ) et le député Mike Gallagher (Parti républicain Wisconsin) dans une lettre du 20 mars au PDG de Twitter, Jack Dorsey.

Twitter est censuré en Chine, par contre des dizaines de diplomates, d’ambassades et de consulats chinois sont actifs sur la plateforme, propageant les récits sanctionnés par l’État sur l’épidémie.

Par exemple, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Zhao Lijian, a récemment fait la promotion de la conspiration selon laquelle le virus proviendrait de l’armée américaine, faisant ainsi écho à la suggestion du régime selon laquelle l’épidémie n’était pas originaire de Chine. À la suite de ce tweet, le département d’État américain a convoqué l’ambassadeur chinois aux États-Unis, et le secrétaire d’État Mike Pompeo a appelé un haut diplomate chinois à condamner les « rumeurs extravagantes » dirigées par le régime.

« En interdisant Twitter en Chine, le Parti communiste chinois maintient ses citoyens dans l’ignorance. En mettant de la propagande sur Twitter, le Parti communiste chinois ment au reste du monde », ont écrit les législateurs.

Les membres du Congrès ont déclaré que la propagande qui occulte l’origine du virus « risque de saper les efforts déployés pour contenir et contrôler l’épidémie ».

« Nous pensons que ce comportement justifie amplement leur retrait de la plate-forme », ont-ils écrit.

Les législateurs ont posé plusieurs questions à Twitter, notamment s’il pense que les fonctionnaires chinois « s’engagent dans un échange libre et ouvert d’idées sur le virus », comment il considère de telles déclarations de la Chine, et comment il considère sa responsabilité envers les utilisateurs si ces fonctionnaires « ont effectivement des arrière-pensées et diffusent délibérément des informations erronées sur [la] plateforme ».

Un porte-parole de Twitter a refusé de commenter les demandes des législateurs mais a confirmé que la société avait reçu la lettre.

Lors d’une conférence de presse vendredi, M. Pompeo a également accusé la Chine, l’Iran et la Russie de faire des « efforts coordonnés pour dénigrer » l’effort américain pour contenir l’épidémie. Faisant indirectement référence au tweet de Zhao Lijian, il a souligné que la transparence et l’exactitude des informations sont ce qui peut protéger le public américain.

« Je demande simplement à tout le monde, quand ils voient des informations – des informations qui, à un moment donné, suggéraient que ce virus émanait de l’armée américaine […] Chaque Américain en effet, et les gens du monde entier, devraient s’assurer que là où ils se tournent pour obtenir des informations soit une source fiable et non un agent mal intentionné essayant de créer et de faire circuler des informations qu’ils savent être fausses », a déclaré M. Pompeo.

Il a exhorté le régime à informer rapidement le monde sur « ce qu’ils savaient et quand ils l’ont su ».

« Nous devons le savoir immédiatement. Le monde a le droit de savoir », a-t-il déclaré. « Le gouvernement chinois a été le premier à connaître ce risque pour le monde, ce qui impose une obligation particulière de s’assurer que ces données, ces données, parviennent à nos scientifiques, à nos professionnels. »

« Il ne s’agit pas de représailles », a-t-il ajouté. « Cette démarche consiste réellement à rectifier la situation. »

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