Des membres de l’élite en Chine harcelés pour avoir dénoncé l’armée de trolls du Parti communiste

Par Epoch Times
22 juillet 2020
Mis à jour: 22 juillet 2020

Epoch Times a déjà rapporté comment le régime communiste a mobilisé la dénommée Armée des 50 cents, ou des trolls Internet recrutés à titre professionnel, pour faire basculer l’opinion publique sur Internet en faveur du Parti communiste chinois (PCC) depuis 2000. Ils créent des millions de messages par an, en suivant les ordres de directives internes visant à cibler des personnes ou des groupes spécifiques, par exemple pour faire de l’Amérique « la cible des critiques » et « minimiser l’existence de Taïwan ».

Récemment, des photos en ligne ont commencé à circuler largement, montrant des détenus en Chine qui étaient formés pour faire partie de l’armée de trolls du régime chinois. Selon un article publié sur le portail Internet chinois China News Center, des prisonniers ou des condamnés à mort écrivaient des articles dans les médias sociaux pour faire l’éloge du Parti. Une fois qu’ils ont atteint leur quota de messages en ligne, la récompense serait de réduire leur peine. Ils avaient pour mission d’influencer l’opinion publique, de promouvoir le Parti communiste et de diffamer les personnes et les pays que le Parti communiste voudrait discréditer.

Par la suite, de nombreuses figures de l’élite chinoise sont devenues les victimes de leurs efforts, comme l’ont récemment rapporté les médias chinois.

Un professeur célèbre, un médaillé olympique, des professeurs d’université

Le 3 juillet, le comité permanent du PCC de la ville de Tangshan a annoncé le licenciement d’une fonctionnaire nommée Zhang Lijun, une représentante à la législature locale du Parti. Un autre poste de Mme Zhang, celui de membre du comité municipal de l’éducation, de la science, de la culture et de la santé, a également été supprimé.

Mme Zhang est également la directrice de l’école intermédiaire n° 1 de Kailuan, une école intermédiaire clé de la province de Hebei, qui jouit d’une bonne réputation en Chine grâce à son enseignement exceptionnel. Elle a été une fois honorée par le prix du Premier enseignant célèbre de la province de Hebei.

Mme Zhang est membre de l’Association des écrivains de Chine. Elle est devenue la cible de l’Armée des 50 cents après avoir écrit un essai critiquant ces derniers.

Le 3 juin, Lao Lishi, médaillée d’argent au 10 mètres féminin aux Jeux olympiques d’été 2004, a écrit sur son compte de média social Weibo : « Je suis une bonne personne, mais je deviens dure quand je rencontre des asticots. » Les asticots étaient une référence à l’Armée des 50 cents.

Pour appuyer le commentaire de Lao Lishi, Mme Zhang a écrit un article intitulé « La seule et unique Lao Lishi – il était une fois une athlète de natation, devenue aujourd’hui exterminatrice d’asticots ». Rapidement, Mme Zhang est devenue la cible d’attaques en ligne. L’Armée des 50 cents a découvert que Mme Zhang avait écrit un article pour soutenir Fang Fang, un écrivain de la ville centrale de Wuhan qui a documenté la vie durant l’épidémie du virus du PCC*. Cela a suffi pour que l’Armée des 50 cents dénonce Mme Zhang aux autorités, ce qui lui a coûté ses nominations politiques.

* Epoch Times désigne le nouveau coronavirus, responsable de la maladie du Covid-19, comme le « virus du PCC », car la dissimulation et la mauvaise gestion du Parti communiste chinois (PCC) ont permis au virus de se propager dans toute la Chine et de créer une pandémie mondiale.

De même, Liang Yanping, professeur à l’université de Hubei, a été suspendue après avoir exprimé son soutien à Fang Fang. Le 20 juin, elle a été expulsée du Parti communiste chinois (PCC). Son université l’a également suspendue de ses fonctions d’enseignante.

Elle a été dénoncée aux autorités pour avoir écrit un message le 8 novembre 2019, dans lequel elle déplorait la mort d’un étudiant de Hong Kong, décédé au cours du mouvement contre le projet de loi sur l’extradition à Hong Kong.

En avril dernier, Liang Yanping a écrit un autre message pour soutenir le Journal de Wuhan de Fang Fang. Elle a également écrit d’autres messages sur le mouvement de protestation de Hong Kong contre l’empiétement de Pékin sur les affaires de la ville, et sur le massacre de la place Tiananmen en 1989, un sujet qui est sévèrement réprimé et censuré encore aujourd’hui. Ces messages ont été rapportés par l’Armée des 50 cents. Par la suite, Mme Liang a fait l’objet d’une enquête de l’université.

Le soir du 26 avril, le compte Weibo officiel de l’université de Wuhan a publié un avis indiquant qu’après que des internautes ont dénoncé le professeur Liang et son « comportement personnel inapproprié » sur Internet, l’université a mené une « enquête approfondie ».

Le 20 juin, un avis de l’université Hubei a déclaré que Mme Liang avait publié et tweeté à plusieurs reprises des commentaires sur des articles « liés au Japon » et « liés à Hong Kong » sur des plateformes de médias sociaux. Le rapport indiquait qu’il s’agissait de « graves violations de la discipline politique et des règles politiques du Parti, ainsi que des violations de l’éthique professionnelle des enseignants, qui ont eu des effets extrêmement négatifs sur la société ». L’école a annoncé que Mme Liang devrait être expulsée du PCC, punie, et obtenir un casier judiciaire. Sa qualification de professeur diplômé a été annulée et elle a été relevée de ses fonctions d’enseignante.

Concernant la punition de Mme Liang, Fang Fang a déclaré sur Weibo : « L’université de Hubei a mis dans l’embarras toutes les universités de Chine ainsi que la province de Hubei. »

En plus de Zhang et Liang, Wang Xiaoni, un enseignant à la retraite de l’université de Hainan, Liu Chuane, doyen de l’école des arts libéraux de l’université de Hubei, Tan Banghe, vice-doyen de l’école des arts libéraux de l’université normale de Chine centrale et Jing Ya, professeur de l’université de Nanchang, ont également été dénoncés par l’Armée des 50 cents pour leur soutien à Fang Fang.

Fang Fang, écrivain à Wuhan

Fang Fang est un écrivain populaire en Chine. Ses essais sur la vie durant la pandémie ont été récemment traduits et publiés dans un livre intitulé Wuhan Diary : Dispatches from a Quarantined City (journal de Wuhan : meurtres dans une ville en quarantaine), et mis en ligne sur Amazon.com. Michael Berry, professeur d’études culturelles chinoises contemporaines à l’UCLA (Université de Californie à Los Angeles), a traduit son travail. De ce fait, M. Berry est également devenu la cible du langage agressif de l’Armée des 50 cents.

Selon sa biographie sur Amazon.com, Fang Fang est née dans une famille d’intellectuels dans la ville de Nanjing en 1955 et a passé la plus grande partie de son enfance à Wuhan, où elle a assisté à de nombreux mouvements politiques du PCC étant alors sous le leader du Parti Mao Zedong, et cela depuis le Grand Bond en avant jusqu’à la Révolution culturelle. Elle a obtenu un diplôme de littérature chinoise à l’université de Wuhan.

Fang Fang a commencé son journal le 25 janvier alors qu’elle était confinée à Wuhan. Elle a consigné ses expériences et ses pensées, avec un total de 60 articles publiés au 25 mars. Ses écrits, qui critiquent des mesures prises par les autorités locales, lui ont fait prendre conscience de l’importance de l’Armée des 50 cents pendant près de deux mois.

Dans son dernier message, le 25 mars, elle a condamné l’Armée des 50 cents comme étant le « virus de la société chinoise ». Elle a écrit : « Malgré la faible qualité de l’extrême gauche, ils sont comme le nouveau coronavirus qui se répand dans la société à la vitesse la plus rapide. »

Elle a ajouté que les habitants de Wuhan sont obligés de demander justice pour ceux qui sont morts injustement à cause de la mauvaise gestion de la crise par les autorités. Sinon, c’est une honte que les habitants de Wuhan devront supporter à jamais, a-t-elle écrit.

Dans son message intitulé « Toutes les questions, mais personne n’y a répondu », elle se demande pourquoi aucun fonctionnaire ne s’est présenté pour assumer la responsabilité de la crise. Elle a ajouté : « C’est drôle qu’avant, les fonctionnaires blâmaient les experts, et les experts blâmaient les fonctionnaires. Mais maintenant, ils rejettent tous la faute sur les États-Unis. » En mars, les responsables chinois et les médias d’État ont commencé à répandre l’affirmation infondée selon laquelle le virus provenait des États-Unis.

Bloquer la vérité et supprimer la voix du peuple

Le journal en ligne de Fang Fang a subi de nombreuses attaques de la part de l’Armée des 50 cents. Les éditeurs nationaux qui envisageaient de publier son journal ont rapidement retiré leur offre. Fang Fang a écrit : « Je ne peux pas faire face à autant d’équipes d’attaquants qui se rassemblent à Wuhan. Mais j’aimerais savoir qui les soutient. »

Le commentateur chinois Cheng Xiaorong a analysé que les trolls sont probablement soutenus par les agences de sécurité et de censure du régime chargées d’écraser la dissidence, telles que la Commission politique et juridique, le Département de la propagande, l’Administration du cyberespace et le Bureau de la sécurité publique. Du haut en bas du Parti, ils sont déployés couche par couche et opèrent de différentes manières dans le but de bloquer la vérité et de supprimer la voix du peuple, a-t-il ajouté.

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