Des militants antiracistes revendiquent le retrait de certaines statues françaises jugées comme insultantes

Par Emmanuelle Bourdy
13 juin 2020
Mis à jour: 13 juin 2020

Que ce soit à Paris, à Lille ou dans les départements d’Outre-Mer, des militants souhaitent le retrait des statues de personnages représentant des symboles du colonialisme. Certaines statues ont déjà été déboulonnées et même cassées.

Avec les débats sur le racisme, réanimés vigoureusement par les manifestations dans le monde à la suite du décès de George Floyd, la place de certaines statues – de personnages qui ont eu dans l’histoire une action coloniale – provoque des débats animés en France. Certains collectifs souhaitent tout simplement que ces statues soient retirées.

En France, à Paris et à Lille

En France, l’une des statues qui pose problème est la statue de Colbert, qui se trouve devant le Palais-Bourbon situé sur le quai d’Orsay, dans le 7ᵉ arrondissement de Paris, relate France Info. Ministre de Louis XIV, Colbert est l’auteur du Code noir, qui légiférait l’esclavage dans les colonies françaises au 17e siècle.

Pour Ghyslain Védeux, le président du Conseil représentatif des associations noires (Cran) : « Colbert est un symbole de pillage, de crime, de déshumanisation. Il faut qu’il y ait un travail pédagogique qui soit réalisé en profondeur. » Il ajoute : « On peut imaginer que la statue soit mise dans un musée où il pourrait y avoir une plaque expliquant qui était Colbert, ce qu’il a fait et qu’il était à l’origine de l’esclavage. »

À Lille, c’est le même combat. La statue du général Faidherbe dérange fortement le collectif antiraciste dont fait partie Nicolas Butor. Bien que Faidherbe ait protégé la ville en pleine invasion prussienne, il a également colonisé le Sénégal au XIXe siècle. « Faidherbe est avant tout un criminel colonisateur et raciste. Nulle part n’est mentionné, sur sa statue, ce passé colonialiste », a exprimé Nicolas Butor, qui se bat depuis deux ans pour que sa statue soit retirée de son emplacement actuel.

Des statues déjà retirées

Quant à celle de l’ancien roi des Belges Léopold II, qui était à Anvers, elle a tout simplement été retirée.

L’historien Dimitri Casali est d’avis que « l’histoire, on doit l’assumer » et que retirer une statue revient à « ouvrir la boîte de Pandore du révisionnisme historique », ainsi qu’il l’explique dans une tribune.

En Outre-Mer, même combat

À la Réunion, Frédéric Maillot, membre d’un collectif, s’oppose fermement à la statue de Mahé de La Bourdonnais, positionnée face à la préfecture de Saint-Denis. Cet ancien gouverneur de l’île utilisait le commerce d’esclaves pour des travaux publics. « Je pense que c’est à nous de déboulonner cette statue, et non pas à l’État français », a clamé Frédéric Maillot.

En Martinique, une action de déboulonnage a même été filmée, concernant la destruction de deux statues de Victor Schoelcher. Même s’il a décrété l’abolition de l’esclavage en 1848, il défendait la colonisation.

En tout état de cause, la destruction de ces monuments questionne et même révèle un malaise, aussi bien chez ceux qui revendiquent ces actes comme symboliques ou politiques, que pour ceux qui jugent de tels actions comme actes de vandalisme. D’autres encore considèrent que ces destructions cachent une méconnaissance de ces figures historiques et de l’histoire liée à leur époque, révélant en réalité un malaise plus profond et plus intime.

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