Des scientifiques remettent en question les résultats « statistiquement impossibles » du vaccin russe

Par Batmunh Toya
12 octobre 2020
Mis à jour: 12 octobre 2020

La Russie est critiquée par la communauté médicale internationale, qui craint que le premier pays au monde à avoir approuvé un vaccin Covid-19 n’ait pas encore testé ce nouveau vaccin à grande échelle.

Le vaccin « Spoutnik V » a été développé par le Centre national d’épidémiologie et de microbiologie de Gamaleya en coordination avec le ministère russe de la Défense.

L’Institut de recherche Gamaleya, géré par l’État, qui est l’un des plus anciens laboratoires de recherche sur les vaccins en Russie, effectue des recherches scientifiques dans ses bâtiments depuis l’époque soviétique. Le nom de Spoutnik V lui-même nous rappelle toute la fierté que l’Union soviétique a eue à prendre la tête du secteur spatial en 1957, pendant la guerre froide.

Le ministère russe de la Santé a fait remarquer que le vaccin en question a été développé à partir d’un modèle qui a fait ses preuves contre l’adénovirus, le rhume, et qui devrait permettre d’être immunisé contre le SRAS-CoV-2, le virus responsable du Covid-19, pendant une période pouvant aller jusqu’à deux ans.

Des scientifiques de Russie et d’autres pays s’inquiètent du rythme de développement du vaccin et du manque de transparence, et ils affirment que le fait d’offrir le vaccin au public avant la réalisation d’importants essais finaux pourrait poser un sérieux problème. Soixante-seize patients ont participé aux essais de la phase 1, un nombre trop faible pour déterminer si le vaccin russe sera sûr et efficace.

Un professionnel de la santé vaccine un homme lors de la campagne de vaccination contre la grippe saisonnière dans une station de vaccination mobile à Moscou le 7 septembre 2020, dans le contexte actuel de pandémie de coronavirus. (Natalia Kolesnikova/AFP via Getty Images)

L’Institut Gamaleya a été interrogé par un groupe de scientifiques et de médecins provenant de 12 pays, pour obtenir des informations sur le vaccin Spoutnik V, qui ont mis en évidence des « tendances étranges » dans les données publiées par la principale revue médicale britannique, The Lancet, il y a un mois.

Les 37 professionnels éminents ont demandé l’accès aux données pour les examiner plus en détail et ont signé une lettre ouverte soulignant un certain nombre de préoccupations concernant une duplication apparente des résultats relatifs à la production d’anticorps chez les participants à qui le vaccin a été administré lors du premier essai. Ils ont estimé qu’une telle duplication était « hautement improbable », selon le Moscow Times.

L’Institut Gamaleya a ignoré la demande et n’a pas répondu à de multiples appels publics, ni à au moins deux propositions officielles permettant d’obtenir des « informations brutes anonymes », selon le groupe de chercheurs qui a soulevé les premières inquiétudes.

Enrico Bucci, professeur de biologie à l’université Temple des États-Unis, qui a été le premier à souligner la possibilité de duplication des données, a déclaré que la réponse publique de la Russie n’a pas permis de dissiper ses inquiétudes et qu’il ne s’attend pas à ce que la Russie devienne « plus transparente ».

Malgré tout cela, TASS, une agence de presse d’État russe, a déclaré que le Fonds d’investissement direct russe (RDIF), qui a financé la production des vaccins, « a reçu des commandes pour l’exportation d’un milliard de doses de vaccins de 20 pays ».

L’agence a également noté que la vaccination publique avec le vaccin Spoutnik V pourrait commencer en Russie dès la fin du mois d’octobre.

Le président russe Vladimir Poutine s’adresse à la 75e session de l’Assemblée générale des Nations unies, par téléconférence, à Moscou le 22 septembre 2020. (Mikhail Klimentyev/Sputnik/AFP via Getty Images)

Le président russe Vladimir Poutine a offert le mois dernier à tout le personnel des Nations unies un vaccin gratuit, mais le président lui-même ne l’a pas encore essayé.

En outre, le nombre d’infections à coronavirus en Russie a augmenté de 12 846 au cours des 24 heures précédentes, le plus élevé depuis le début de la pandémie pour la deuxième journée consécutive, a rapporté le centre de crise anti-coronavirus le 9 octobre.

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