Des tableaux de maîtres tombés du ciel

Par Epochtimes.fr avec AFP
25 octobre 2019 Mis à jour: 25 octobre 2019

Dénichés dans la poussière d’un grenier ou acquis à vil prix dans une vente aux enchères, des tableaux de maîtres refont parfois surface, provoquant surprise et émoi dans le monde de l’art.

Le « Christ moqué » de Cimabue, peintre majeur de la pré-Renaissance italienne, décorait humblement l’intérieur d’une maison de Compiègne (Oise), anonymement accroché entre la cuisine et le salon.

Les propriétaires pensaient qu’il s’agissait d’une icône, ignorant tout de sa provenance. Une récente expertise en a révélé l’extrême valeur. Mise en vente ce dimanche, cette peinture de 1280 devrait atteindre plusieurs millions d’euros.

-Le 23 septembre 2019 à Paris est montré un tableau intitulé « Le Christ moqué » par l’artiste florentin Cenni di Pepo, également connu sous le nom de Cimabue, à la fin du XIIIe siècle. La peinture sera vendue aux enchères à Senlis le 27 octobre 2019. Photo de PHILIPPE LOPEZ / AFP via Getty Images.

Trois autres histoires de tableaux de maîtres, réapparus soudain comme s’ils étaient tombés du ciel :

Une jeune femme, le regard perdu, tranche à l’épée la gorge d’un homme: la toile représentant « Judith décapitant Holopherne » dormait depuis des lustres dans le grenier d’une maison près de Toulouse.

Ses propriétaires l’ont découverte par hasard en avril 2014, voulant réparer une fuite d’eau. Appelé pour donner un premier avis, un commissaire priseur toulousain découvre sous l’épaisse couche de poussière des traits vifs, une scène expressive et une maîtrise parfaite des jeux de lumière.

Après des mois d’examen, l’expert parisien Eric Turquin l’attribue au maître italien du clair-obscur, le Caravage. Certains spécialistes contestent l’attribution mais une majorité considèrent l’œuvre comme un authentique Caravage. Valeur estimée: plus de 120 millions d’euros.

La toile a été vendue de gré à gré en juin 2019. L’acquéreur serait le gestionnaire et collectionneur américain Tomilson Hill.

-Une journaliste se tient devant le tableau de Judith Beith, « Judith décapitant Holopherne » du Caravage lors de l’inauguration de l’exposition « Caravaggio et Bacon » au musée Borghese à Rome le 30 septembre 2009. L’exposition a été ouverte jusqu’au 24 janvier 2010. Photo VINCENZO PINTO / AFP via Getty Images

Le marchand d’art néerlandais Jan Six a des ancêtres nobles et une unique passion: Rembrandt. Son aïeul, bourgmestre d’Amsterdam, a d’ailleurs été peint par Rembrandt lui-même en 1654, dans un portrait fameux.

En novembre 2016, son œil est attiré par un portrait de jeune homme du XVIIe siècle: menton puissant, longs cheveux frisottants sur une mer de dentelle blanche. La photo du catalogue Christie’s annonce la vente prochaine de cette toile attribuée à « l’entourage de Rembrandt ».

Quelques jours avant les enchères, Jan Six se rend à Londres, examine discrètement le tableau. L’intuition devient conviction: il est persuadé que ce « Portrait d’un jeune gentilhomme » est de Rembrandt.

Il ne dit rien et, le 9 décembre, remporte les enchères pour , soit le prix d’une toile pour un élève de Rembrandt quand les tableaux du maître se négocient, eux, à des dizaines de millions d’euros.

De retour à Amsterdam, Jan Six soumet son portrait à une batterie d’expertises. Toutes pointent effectivement en direction du maître du Siècle d’or hollandais.

Aujourd’hui nombre de spécialistes jugent qu’il s’agit d’un Rembrandt véritable, 342e oeuvre connue du peintre.

-Les employés portent le « Portrait d’un jeune homme » de Rembrandt van Rijn dans le musée de l’Ermitage, à Amsterdam, le 16 mai 2018. L’expert néerlandais Jan Six a révélé qu’il avait découvert un portrait de Rembrandt, auparavant inconnu, qu’il avait acheté il y a 18 mois à une Vente aux enchères de Londres pour environ 160.000 euros, datant d’environ 1634. Photo KOEN VAN WEEL / AFP / Getty Images.

Une femme et deux fauteuils en osier dans un jardin verdoyant, une nature morte avec un chien couché dans un coin: de ces deux curieux tableaux, personne ne voulait à la vente aux enchères d’objets trouvés, à la gare de Turin.

Le commissaire-priseur avait dû insister, refaire une enchère à prix bradé. Ouvrier chez Fiat et amateur d’art, Nicolo les avait emportés pour 45.000 lires (équivalent actuel de 238 euros) et accrochés dans son salon. C’était au printemps 1975.

Pendant des années, son fils est comme hypnotisé par ces deux peintures « anonymes ». Il cherche à en percer le mystère. Un jour, il met la main sur une biographie de Bonnard où il reconnait « son » jardin verdoyant en arrière-plan d’une photo du peintre.

Pour la nature morte qui porte comme signature la silhouette d’un chien jaune, le mystère est plus épais encore. Ce sont des carabiniers spécialisés, contactés par Nicolo, qui perceront l’énigme en 2014.

Ces toiles des maîtres postimpressionnistes Pierre Bonnard et Paul Gauguin avaient été volées en 1970 à Londres chez de riches héritiers, depuis décédés sans descendance.

Après enquête, les deux peintures, estimées respectivement à 5 et 35 millions d’euros, ont été restituées par la justice italienne à l’ouvrier car acquises « en toute bonne foi ».

-Un carabinier se tient à côté des deux tableaux volés à Londres dans les années 1970 peinte par l’artiste français Paul Gauguin « Fruits sur une table morte au petit chien », et l’autre par Pierre Bonnard « La femme aux deux fauteuils » le 2 avril 2014. Les deux tableaux ont été retrouvés en Italie. Photo ANDREAS SOLARO / AFP / Getty Images.

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