Comment déterminer une bonne médecine d’une mauvaise médecine

Les soins de santé sont un domaine complexe et pour obtenir les meilleurs soins possibles, nous devons savoir ce qu’il faut vérifier
Par Armen Nikogosian
30 novembre 2019 Mis à jour: 30 novembre 2019

L’explosion des options en matière de soins de santé qui s’offrent maintenant à la plupart des gens peut être décourageante. Mais avec un cadre bien précis pour reconnaître ce qui constitue une bonne médecine par opposition à une mauvaise médecine, et tout ce qui se trouve entre les deux, vous devriez être en mesure de dissiper une partie de cette incertitude.

Pour avoir une image globale entre ce qui différencie une bonne médecine d’une mauvaise, nous devons examiner cette discipline sur trois niveaux.

Au premier niveau on vérifie la qualité de la thérapie elle-même.  Cette dimension pourrait être déterminée par le biais de points de la qualité sur une échelle allant de -10 à 10

Au deuxième niveau il est valable de vérifier l’approche du clinicien et de sa capacité à traiter la maladie sous deux aspects clés : l’approche holistique pour traiter l’ensemble du corps et l’approche réductionniste, qui se concentre sur une partie isolée. Ce niveau ou dimension peut être considéré comme un spectre allant de l’holisme au réductionnisme et dans quelle mesure le clinicien peut couvrir tout ce spectre.

Au troisième niveau le but du patient est pris en considération, et se définit par un spectre allant de la maladie au mieux-être.

La qualité de la thérapie

Ce niveau, cette dimension, relève de la thérapie elle-même – le médicament, l’herbe, le supplément, le dispositif médical, la chirurgie, la procédure, etc.

Si une forme de médecine obtient de mauvais résultats à ce stage, il est très difficile d’y compenser en obtenant un meilleur résultat dans les deux autres niveaux utilisés pour l’évaluer.

Pour évaluer la qualité d’une thérapie, nous devons examiner quatre critères objectifs qui représentent le spectre entre la bonne et la mauvaise médecine.

Les quatre critères objectifs de la qualité du traitement sont les suivants :

Sécurité. Primum non nocere ou ‘Tout d’abord, ne pas faire de tort’. Ce point est de loin le plus important ; les thérapies à risque ne devraient être exécutées que dans les circonstances les plus graves, comme une maladie mettant la vie en danger ou invalidante.

Efficacité. Quel est le rendement du traitement ou de la thérapie ? Il s’agit d’une réponse simple pour la plupart des thérapies simples. Pour des approches médicales globales (telles que la médecine fonctionnelle, la médecine conventionnelle, la médecine traditionnelle chinoise, etc.), il peut être difficile de répondre à cette question sans prendre en compte les deuxième et troisième niveaux ou dimensions dont nous parlerons plus loin.

L’aspect pratique. Dans quelle mesure le traitement ou la thérapie est-il pratique ? Une thérapie très sûre, efficace et fondée sur des données probantes n’est pas un bon médicament si elle coûte 100 000 € par traitement ou si vous devez voyager à l’autre bout du monde chaque mois pour la recevoir.

Des preuves. Quel est le niveau de preuve à l’appui de la thérapie ? Les niveaux de preuve peuvent aller de l’expérimental (aucune preuve – mais ce peut être une bonne idée) à l’expérience des cliniciens et aux rapports de cas (certaines preuves – mais pas nécessairement validées par d’autres cliniciens ou scientifiques), en passant par divers niveaux d’études scientifiques dont la référence absolue est l’essai contrôlé randomisé à double insu.

L’approche du clinicien

L’approche d’un médecin à l’exercice de la médecine se situe dans un continuum entre une vision holistique et réductionniste de la maladie.

Dans une vision réductionniste de la médecine, les systèmes du corps sont traités isolément. Donc, si vous avez une maladie, le meilleur traitement consiste habituellement à cibler les signes et symptômes de cette maladie si la cause profonde n’est pas apparente et ne peut être traitée immédiatement.

Cette approche fonctionne particulièrement bien dans les situations où des soins aigus sont nécessaires pour prodiguer des soins urgents, comme réparer une plaie ou sauver un patient d’une mort imminente due à une maladie.

Les approches holistiques fonctionnent en traitant la maladie dans le contexte du corps dans son ensemble, et habituellement du mode de vie de la personne également. Ces approches sont particulièrement efficaces pour les maladies chroniques qui sont actuellement en tête de liste des causes de décès, comme les maladies cardiaques. Par exemple, ils visent souvent à remédier aux carences nutritionnelles ou aux habitudes de vie qui sont à l’origine de la maladie.

Certains ont qualifié la lutte entre l’approche holistique et l’approche réductionniste d’art de la médecine par opposition à la science de la médecine, mais je trouve cette terminologie trompeuse. Cela implique que les praticiens holistiques ne sont pas scientifiques et que les praticiens réductionnistes (ou conventionnels occidentaux) ne sont pas créatifs ou imaginatifs.

L’art et la science de la médecine englobent la science, la créativité, l’holisme et le réductionnisme – ils jouent tous un rôle important lorsque le besoin se fait sentir.

Le clinicien idéal peut couvrir tout le spectre, du traitement holistique au traitement réductionniste. Une bonne médecine devrait englober les deux points de vue sur la maladie, car les réponses les plus profondes découlent de la synthèse des deux.

Le style, la philosophie et l’expérience du praticien individuel sont les plus grands facteurs déterminant dans quelle mesure ce spectre est fourni au patient, mais l’approche médicale sous-jacente que suivent les praticiens individuels aura également une grande influence.

Le but du patient.

Alors que le premier niveau reflète principalement la thérapie et le deuxième niveau reflète le praticien individuel, ce niveau, cette dimension, représente les attentes du patient et quels tradition médicale ou système de médecine seront le mieux adaptés pour atteindre cet objectif.

Beaucoup de traditions médicales s’efforcent seulement d’obtenir une santé moyenne, mais elles ne sont ni bonnes ni mauvaises – elles ne sont bonnes que dans la mesure où elles bénéficient à leurs patients : moyenne.

Leur but premier est d’éloigner le patient de la maladie et d’aller vers un état de santé moyen, mais pas nécessairement d’aller au-delà. Une approche idéale serait non seulement d’élever le patient au-dessus des profondeurs de la maladie, mais aussi de l’amener au plus haut niveau de bien-être optimal.

Conclusion

Une bonne médecine, et par extension la meilleure médecine, devrait donner des notes élevées sur la qualité de la thérapie, avoir un praticien qui regarde le patient d’un point de vue holistique tout en réduisant les composants nécessaires en cas de besoin, et toujours viser la santé optimale de leur patient.

Armen Nikogosian, MD, pratique la médecine fonctionnelle et intégrative à Southwest Functional Medicine à Henderson au Nevada. Il est certifié en médecine interne et membre de l’Institute for Functional Medicine et de l’Académie de médecine des besoins spéciaux pédiatriques. Sa pratique est axée sur le traitement de troubles médicaux complexes, plus particulièrement les troubles du spectre autistique chez les enfants ainsi que les problèmes intestinaux chroniques et les maladies auto-immunes chez les adultes.

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