Deux-Sèvres : il élève la race des chèvres poitevines pour sauvegarder l’espèce

7 février 2020 Mis à jour: 10 février 2020

Les chèvres poitevines ont bien failli disparaître, mais cette espèce robuste aux qualités laitières hors pair a maintenant un protecteur : Mathias Chebrou les élève depuis 15 ans aux Fosses, dans les Deux-Sèvres, afin de sauvegarder l’espèce.

La ferme du vieux Chêne fait partie des quelques élevages de France qui élèvent les chèvres poitevines.

Ici, dans cet élevage bio, tout est pensé pour le bien-être animal : musique de Mozart 12 heures par jour, huiles essentielles diffusées par nébulisateur afin de prévenir les maladies, argile disponible en permanence pour les jeunes pensionnaires. Le troupeau va également régulièrement au pâturage, et la chèvrerie est construite en chêne.

« La musique classique joue sur un ensemble de choses, dont la capacité d’ingestion », précise l’éleveur au Courrier de l’ouest.

La chèvrerie de Mathias Chebrou se veut une pépinière de chevrettes et de boucs de race poitevine, dont les animaux sont sélectionnés spécialement afin d’améliorer la génétique de la race. En effet, avoir des chèvres garanties pure souche permet de profiter pleinement des qualités de la poitevine.

« La poitevine a des qualités laitières que les autres chèvres n’ont pas, c’est la race fromagère par excellence », explique l’éleveur passionné à France 3. « Son lait est beaucoup plus doux. Il a moins de saveur caprine, il est moins fort, et le goût du fromage s’en ressent. »

D’après l’Association pour la défense et le développement de la chèvre poitevine, l’espèce a failli disparaître à cause d’une épidémie de fièvre aphteuse en 1920. En 1980, malgré des efforts pour redynamiser la race, il ne restait que 600 poitevines. Les effectifs augmentent depuis 1986, date de création de l’association, et comptent maintenant 3 900 chèvres laitières en France.

Ces grandes chèvres se caractérisent par leurs poils demi-longs et une coloration de leur robe brune foncée dite « cape de maure » ainsi que des pattes et un ventre blancs.

« Prenons conscience que préserver et sauvegarder le patrimoine vivant est indispensable et que le consommateur est acteur de l’agriculture de demain ! », assure l’ancien fromager sur sa page Facebook.

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