Devenez archéologue d’un jour à Fort-Lennox

6 août 2014 Mis à jour: 4 août 2015

 

Une visite à Fort-Lennox sur l’île aux Noix est déjà une expérience extraordinaire. Avec l’événement Fort-fouille, qui permet à toute la famille de découvrir la profession d’archéologue et de participer à de véritables fouilles archéologiques, c’est encore plus passionnant!

Époque Times a été invité à essayer pour vous les différentes activités de Fort-Fouille juste avant la tenue de l’événement. Pour bien tester tout ce qu’ont préparé les spécialistes, je me suis fait accompagner de deux adolescents d’origine chinoise : Yuan, 11 ans, et William, 14 ans.

Le mois de l’archéologie

Nous avons participé aux activités qui s’inscrivent dans le cadre du mois de l’archéologie en compagnie d’un autre VIP, le comédien bien connu JiCi Lauzon, avec sa famille. Passionné d’histoire et d’archéologie, M. Lauzon est porte-parole du mois de l’archéologie, qui a lieu chaque année pendant tout le mois d’août dans tout le Québec. Il s’agit de la 10e édition de l’événement.

William s’entretient avec un spécialiste qui analyse les fibres: grâce à la structure de ces fibres, il peut déterminer de quelle sorte de bois ou de textile il s’agit. (Nathalie Dieul)

Le voyage commence à Saint-Paul-de-l’Île-aux-Noix, une petite municipalité sur le bord de la rivière Richelieu, à 50 minutes au sud de Montréal. Considérée comme une véritable capitale nautique, Saint-Paul-de-l’Île-aux-Noix est une petite ville qui compte plusieurs lotissements sur canaux, où les habitants peuvent accéder à leur bateau directement à partir de leur terrain, à quelques mètres de leur maison.

Bien évidemment, c’est en bateau que l’on se rend sur l’île aux Noix. La traversée ne dure que cinq minutes. Nous sommes accueillis par les roulements de tambour d’un soldat anglais en costume du début du XIXe siècle. Nous passons d’abord devant le fort pour nous rendre directement au site d’archéologie où les spécialistes de divers métiers liés à cette discipline scientifique nous attendent. Nous avons la chance de rencontrer et d’interagir avec eux, ils nous expliquent leur métier ainsi que les outils qu’ils utilisent au quotidien.

Lorsque l’on pense «archéologue», il est facile de s’imaginer cet expert en train de fouiller à l’aide d’une petite truelle. Cependant, les découvertes des archéologues doivent passer entre les mains de nombreuses personnes avant d’être présentées dans un musée. Les archéologues subaquatiques nous invitent à revenir un peu plus tard pour manipuler un petit sous-marin téléguidé dans une piscine gonflable, en cours de remplissage.

Un peu plus loin, sous un chapiteau, les sympathiques archéologues de Parcs Canada Pierre Cloutier et Maggy Bernier nous prêtent truelles et seaux pour participer à de véritables fouilles qui permettent de mettre à jour l’emplacement de la maison du commodore, maître du chantier naval établi sur l’île lors de la guerre de 1812. Un mur de pierre apparaît déjà. Pour Yuan, c’est mieux qu’une chasse aux trésors. Fasciné, il trouve plusieurs petits morceaux de céramique, de verre ancien, de métal, que les archéologues peuvent facilement identifier au fur et à mesure. À ses côtés, JiCi Lauzon et son petit garçon fouillent aussi tout en posant des questions aux spécialistes.

Le comédien JiCi Lauzon, passionné d’histoire et d’archéologie, est le porte-parole du mois de l’archéologie. (Nathalie Dieul)

Nous faisons ensuite le tour de toutes les tables des professionnels venus des quatre coins du pays. Certains traitent les découvertes archéologiques – les nettoyer, trouver les morceaux qui vont ensemble, en faire des copies pour ne pas abimer les pièces originales, etc. Nous apprenons que pour faire une bonne restauration, il faut commencer par identifier la matière. Ainsi, un scientifique spécialisé dans l’analyse des fibres nous montre les différences de structure de chaque espèce de bois vues au microscope. Tous ces équipements scientifiques fascinent le jeune William.

Finalement, les historiens et conservateurs nous expliquent les différentes utilisations de plusieurs objets, parfois après nous avoir donné la possibilité de les deviner – ce qui n’est pas toujours facile, par exemple un calibreur de boulets de canon. À chaque table, nous acquerrons beaucoup de nouvelles connaissances, nous pouvons toucher aux objets et aux outils, poser des questions, etc.

Dans le fort

Nous nous dirigeons ensuite vers le fort dans lequel nous entrons par une passerelle, après avoir cherché à voir des grenouilles sur les nénuphars. Après un bon dîner dans la cantine, une bataille navale, activité liée au mois de l’archéologie, est organisée pour ceux qui désirent se rafraîchir. Deux navires faits de ballots de paille, des adversaires qui s’affrontent à l’aide d’éponges mouillées : les enfants s’en donnent à cœur joie.

Pendant l’activité Fort-fouille, une bataille navale est organisée pour les enfants. Les armes: des éponges mouillées! (Nathalie Dieul)

Le fort actuel est en fait le troisième fort bâti sur l’Îîe aux Noix, un endroit stratégique sur la rivière Richelieu à quelques kilomètres de la frontière américaine. À une époque où les routes maritimes étaient les principales voies de communication, la rivière Richelieu était un axe particulièrement important pour prévenir des invasions venant du sud. C’est d’ailleurs pour cela qu’elle est encore appelée «la vallée des forts» avec ses trois forts successifs : Lennox, St-Jean-sur-Richelieu et Chambly.

Un premier fort français est bâti en 1759 pour ralentir une invasion anglaise par le sud. Une bataille décisive sur l’avenir du Québec se déroule à l’île aux Noix en 1760, bataille perdue par les Français tout juste avant la capitulation de la Ville de Montréal : c’est la conquête.

Un second fort est ensuite construit par les Anglais à partir de 1776, pendant la guerre d’indépendance des États-Unis. Les deux premiers forts ayant été construits en temps de guerre, un troisième fort est construit en temps de paix, avec des matériaux plus durables, entre 1819 et 1829 : c’est le fort Lennox que nous visitons aujourd’hui.

Notre guide nous permet de découvrir les différents bâtiments du fort en nous expliquant la vie quotidienne des soldats de l’époque. Nous visitons les dortoirs, la poudrière, les appartements des officiers, le corps de garde, le tout meublé comme à l’époque, avec les objets du quotidien. William, très intéressé par l’histoire, en profite pour parfaire ses connaissances.

Yuan, 11 ans, truelle à la main, se fait expliquer la trouvaille qu’il vient de découvrir par l’archéologue de Parcs Canada, Maggy Bernier, sous les yeux du comédien JiCi Lauzon. (Nathalie Dieul)

Une fois la visite terminée, il nous reste encore un peu de temps avant de reprendre le bateau qui nous ramène sur le continent. Nous retournons au pas de course voir les archéologues : Yuan est enchanté de pouvoir participer encore un peu aux fouilles. Alors que nous quittons l’île aux Noix, les deux adolescents ont les yeux pleins d’images de tout ce qu’ils ont vu et appris lors de cette journée, des leçons dont ils se souviendront longtemps.

«Il faut absolument que je trouve une manière de revenir ici pour participer aux fouilles archéologiques», se promet Yuan, qui est peut-être un futur archéologue? Quant à William, il m’écrit après cette belle journée qu’il a fortement appréciée : «le Fort Lennox a vraiment été pour moi une source d’apprentissage scolaire puisque cela se rapportait à l’histoire du Québec».

Pour en savoir davantage

L’événement Fort-fouille est une activité spéciale qui a lieu entre le 2 et le 10 août 2014 au Fort-Lennox. Toutes les activités sauf les fouilles sont au tarif régulier de visite du fort (7,80 $ par adulte, 3,90 $ par étudiant de 6 à 16 ans, 19,80 $ pour une famille).

Pour les fouilles archéologiques, les ateliers durent 3 heures et coûtent 29,80 $ (incluant les droits d’entrée au site) par personne de 12 ans et plus. Réservation obligatoire pour les ateliers de fouilles : tél. : 514 283-0797 ou fouille.dig@pc.gc.ca

La visite du fort est possible de la mi-mai au 13 octobre : tout l’été jusqu’au 1er septembre, de 10h à 18h, et du 5 septembre au 13 octobre, les vendredis, samedis, dimanches et jours fériés, de 10h à 17h.

Pour se rendre à Fort-Lennox, présentez-vous au quai du 1, 61e Avenue à Saint-Paul-de-l’Île-aux-Noix. Tél. : 450 291-5700 ou www.pc.gc.ca/fra/lhn-nhs/qc/lennox/index.aspx

Beaucoup d’autres activités d’archéologie ont lieu pendant tout le mois d’août, mois de l’archéologie, dans toute la province : www.archeoquebec.com ou 514 872-7720.

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