La directrice financière de Huawei, Meng Wanzhou, élevée au rang d’héroïne nationale en Chine

Par Jennifer Bateman
6 octobre 2021
Mis à jour: 6 octobre 2021

La libération en Chine de Meng Wanzhou, la directrice financière du géant chinois des télécommunications Huawei, a été exploitée par les médias du PCC pour lancer une vague de propagande anti-américaine et pour élever Mme Meng au rang d’« héroïne nationale » bravant les États-Unis dans les écoles et les jardins d’enfants.

Après avoir conclu un accord de poursuites différées avec le ministère de la Justice des États-Unis, Mme Meng est revenue en Chine par avion le 24 septembre.

C’est le 1er décembre 2018 que Mme Meng est arrêtée par la police canadienne à l’aéroport international de Vancouver à la demande du ministère de la Justice des États-Unis. Les procureurs américains l’accusent de fraudes bancaire et informatique et le ministère de la Justice exige son extradition vers les États-Unis pour qu’elle y soit jugée.

Pendant près de trois ans, Mme Meng reste avec  sa famille dans une maison à Vancouver.

Au lendemain de son arrivée à Shenzhen dans la soirée du 25 septembre, le site Internet de la Commission centrale d’inspection de la discipline du PCC publie un article clarifiant comment les États-Unis ont essayé d’entraver, voire d’interrompre, le développement de la Chine.

Dans le même temps, le Quotidien du Peuple, porte-parole du PCC, publie un commentaire qualifiant le cas de Mme Meng de chasse aux sorcières politique lancée par les États-Unis pour stigmatiser la Chine et nuire à Huawei. D’autres articles parus dans les médias publics présentent de semblables griefs.

Le journal du régime, Guangming Daily, prend les devants et publie sur son compte WeChat « Educationist » un article intitulé « Aujourd’hui, racontez aux élèves l’histoire du retour de Mme Meng Wanzhou chez elle » dans lequel il suggère d’utiliser l’incident Meng comme sujet de devoirs pour les écoliers.

Un devoir pour la classe 8, cinquième année de l’école primaire expérimentale n° 2 de la ville de Zouping, dans la province du Shandong, sera diffusé en ligne à partir du 26 septembre. L’énoncé du devoir en question sera celui-ci : « Réflexions sur l’incident de Meng Wanzhou ». Les six questions posées seront les suivantes : « Qui est Meng Wanzhou ? Qui la détenait ? Pourquoi était-elle détenue ? Comment a-t-elle été secourue ? Que nous apprend l’affaire Meng Wanzhou ? En tant qu’élève de l’école primaire, quel espoir avez-vous pour votre avenir ? »

Epoch Times a contacté l’école primaire expérimentale n°2 de Zouping le 29 septembre pour une demande de commentaires, mais les appels sont restés sans réponse.

Le gérant d’un supermarché de Zouping a déclaré pour Epoch Times que l’affaire Meng était utilisée pour endoctriner les écoliers et qu’il « avait de la peine pour les enfants, qui ne se doutaient rien à un si jeune âge ». Et d’ajouter que « les Chinois qui suivent le mouvement sont vraiment malades ».

Selon lui, Mme Meng a dilapidé l’argent durement gagné par le peuple chinois à l’étranger pour vivre dans une maison de luxe au Canada, et pourtant, les Chinois l’encouragent.

Sur la plateforme chinoise de médias sociaux Weibo, une utilisatrice nommée « Chichi Cat » a confirmé le 27 septembre que l’école de sa fille abordait l’incident de Mme Meng. Un autre utilisateur nommé « Li just walks on regardless » (Li continue de marcher sans se soucier de rien) a également témoigné du fait que les écoles projettaient aux élèves des documentaires de Mme Meng enfin de retour parmi les siens. L’utilisateur « Little grapefruit in the world » (Petit pamplemousse dans le monde) a mentionné une pancarte sur Mme Meng Wanzhou devant la station radio de l’école.

Un utilisateur a posté « un paragraphe de la réunion de classe sur le thème de Mme Meng Wanzhou donné par l’école ». Un autre a expliqué que l’incident de Mme Meng avait été abordé dans la classe de culture idéologique et morale des élèves de troisième année et avait été assimilé à la résistance face au Japon ou en Syrie, ce qui avait donné lieu à une «leçon d’éducation patriotique couronnée de succès ».

L’université de Henan, qui organise des échanges en coopération avec Huawei, a placé l’article du 26 septembre sur le cas de Mme Meng, publié par l’agence de presse nationale Xinhua en tête de son propre article sur ses activités d’échanges du 27. Il y était mentionné que Huawei était « réprimé et bloqué par de nombreux pays » et représentait la « fierté de la nation ».

Li Yiming, un professionnel des médias au Japon, a commenté pour Epoch Times la façon dont le PCC exploite opportunément l’incident de Mme Meng dans l’éducation patriotique pour endoctriner les élèves du primaire.

Selon Li Yiming, pendant que Mme Meng est sous surveillance au Canada, le PCC la dépeint au mieux. L’Internet chinois est submergé par une propagande l’élevant au rang d’héroïne anti-américaine et sans aucun fondement moral, le PCC récupère l’incident pour faire d’elle ce que bon lui semble.

« C’est ce que le PCC fait tout le temps. Il a toujours besoin de mettre en place quelque chose pour faire la publicité de sa théorie des valeurs et amener les gens à l’écouter », explique Li Yiming. « Dans certains endroits, on en parle même en classe pour endoctriner les adolescents. »

Selon Li Yiming, le PCC peut atteindre un double objectif en faisant de Mme Meng une héroïne anti-américaine. D’une part, étant donné que nul ne se fait plus d’illusion quant au PCC, c’est une excellente façon de susciter l’attention. D’autre part, en raison du ralentissement général des industries et du mécontentement global, il est question de gonfler artificiellement un pseudo-enthousiasme patriotique et de détourner l’attention des uns et des autres.

Jennifer Bateman est un reporter spécialiste de la Chine.


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