Les dirigeants russes essaient toujours de restaurer l’Union soviétique

Par Newt Gingrich
21 juin 2021
Mis à jour: 21 juin 2021

Après la rencontre entre Joe Biden avec Vladimir Poutine à Genève la semaine dernière, je n’ai pu m’empêcher de penser à mon voyage en Russie en 1993.

À l’époque, je faisais partie d’une délégation du Congrès américain qui visitait Moscou lorsque Boris Eltsine était président russe et que l’Occident nourrissait encore de grands espoirs pour une Russie plus ouverte et démocratique. Je suis allé voir dans son bureau le vice-président russe, qui était un général de l’armée de l’air. Un mur entier de la pièce représentait une carte de l’Union soviétique qui s’était disloquée fin 1991.

Étant naïvement surpris, je lui ai dit : « Ça alors, mais c’est une carte de l’Union soviétique. »

Il m’a regardé et a répondu : « Oui, et c’est comme ça qu’elle sera de nouveau. »

Poutine lui-même a exprimé une opinion similaire, qualifiant l’effondrement de l’empire soviétique de la « plus grande catastrophe géopolitique » du XXe siècle.

Il ne faut pas sous-estimer l’importance de l’expérience de Poutine en tant qu’ex-agent soviétique du KGB pour son état d’esprit actuel. En effet, nous devrions considérer Poutine comme un homme rationnel, mais rationnel dans le cadre d’un officier du KGB, formé pendant la guerre froide, qui considère un certain niveau de violence et de brutalité comme faisant partie du traitement des affaires.

Le KGB considérait l’Occident comme un ennemi et tout ce qui tournait mal en Union soviétique était le résultat de l’influence occidentale. Cette même vision des choses continue à dominer l’esprit de Poutine et de ses associés d’aujourd’hui.

La conclusion est la suivante : nous n’assisterons pas de sitôt à des changements importants en Russie, surtout si les dirigeants occidentaux ne mettent pas en place une dissuasion crédible.

Les dirigeants russes, à l’instar de leurs prédécesseurs soviétiques, ressentent le besoin de démontrer une fermeté brutale à l’étranger – sinon, pensent-ils, les avantages de l’Occident seraient écrasants. L’un des exemples les plus flagrants et les plus horribles est l’utilisation par la Russie de poison comme arme pour se débarrasser de ses opposants en Europe et ailleurs.

J’ai examiné certains des complots d’assassinat russes les plus impitoyables et les plus infâmes, ainsi que les motivations de Poutine, dans mon récent podcast « Newt’s World ». Mon invitée pour cette analyse a été Amy Knight, une experte très bien informée sur la Russie et auteure de Orders to Kill: The Putin Regime and Political Murder (Ordres de tuer : le régime de Poutine et le meurtre politique).

Ces dernières années, nous avons vu Moscou utiliser l’empoisonnement à plusieurs reprises. L’année dernière, par exemple, Poutine a tenté d’empoisonner son principal opposant, Alexei Navalny, avant de l’emprisonner. En 2018, la Russie a empoisonné au Royaume-Uni Sergueï Skripal, un ancien officier russe et agent double des services de renseignement britanniques, et sa fille, Ioulia Skripal.

Ce qui est intéressant, c’est à quel point la Russie est ouverte et négligente avec ses empoisonnements. Ces opérations ne sont pas vraiment secrètes. On dirait que le Kremlin veut envoyer un message au monde entier. Il ne semble même pas être gêné par le fait que nous savons qu’il est derrière ces complots.

Le fait que nous puissions discuter les tendances dans les crimes russes est assez révélateur de l’étrangeté et de la brutalité du régime de Poutine. Toutefois, comme l’explique Amy Knight, la Russie n’a jamais connu de véritable purification après l’effondrement de l’Union soviétique. Les autorités russes ne se sont jamais débarrassées des anciens responsables du KGB et du Parti communiste. Il n’y a jamais eu de véritable coupure avec le passé soviétique de la Russie. Ce qui explique, du moins en grande partie, pourquoi la Russie de Poutine est si cruelle et antidémocratique.

Ce serait formidable s’il y avait la possibilité d’une nouvelle révolution russe qui mènerait à une Russie ouverte et véritablement démocratique. Mais, malheureusement, nous ne le verrons peut-être pas de notre vivant.

Newt Gingrich est professeur, docteur en histoire européenne, écrivain et homme politique américain. Il a été président de la Chambre des représentants de 1995 à 1999 et candidat à l’investiture républicaine pour l’élection présidentielle en 2012.

Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement celles d’Epoch Times.

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