Dominion siège au même conseil qui a contesté la remise en question de l’intégrité des élections, selon la déclaration faite par le ministère de la Sécurité intérieure

La société Dominion Voting Systems a utilisé une déclaration qui masquait la composition de ce conseil, pour contester les inquiétudes concernant les systèmes de vote
Par Jeff Carlson
18 novembre 2020
Mis à jour: 19 novembre 2020

À la suite des allégations qui ont remis en question l’intégrité des logiciels de vote électroniques produits par Dominion Voting Systems, l’Agence de cybersécurité et de sécurité des infrastructures (CISA) – qui fait partie du département de la Sécurité intérieure – a publié le 12 novembre une déclaration contestant ces allégations, pour dire que « l’élection du 3 novembre a été la mieux sécurisée de l’histoire américaine ».

Ce que l’agence a omis de divulguer, cependant, c’est que Dominion Voting Systems fait partie du Conseil de coordination des infrastructures électorales du secteur de la CISA, une agence du département de la Sécurité intérieure des États-Unis, l’une des deux entités qui ont rédigé la déclaration publiée par la CISA.

Une capture d’écran prise le 16 novembre 2020 sur le site de l’Agence de cybersécurité et de sécurité des infrastructures (CISA), montre la composition du Conseil de coordination du secteur. (Capture d’écran/The Epoch Times)

En outre, Smartmatic, une société distincte d’appareils de vote qui a fait l’objet de préoccupations supplémentaires, est également membre.

L’agence n’a pas immédiatement répondu à une demande de commentaires sur la question de savoir si Dominion et Smartmatic avaient contribué ou étaient autrement impliqués dans la déclaration de la CISA du 12 novembre.

La déclaration commune sur l’intégrité des élections du 3 novembre a été publiée par le comité exécutif du Conseil de coordination du gouvernement des infrastructures électorales (CCG), un comité exécutif représentant une coalition de certains fonctionnaires et organismes gouvernementaux de l’État et des collectivités locales, et le Conseil de coordination du secteur des infrastructures électorales (CCS), une coalition composée principalement de fabricants de systèmes de vote qui comprend également Democracy Works, une organisation qui encourage l’utilisation de la technologie pour accroître la participation des électeurs.

La déclaration affirme : « Il n’y a aucune preuve qu’un système de vote ait supprimé ou fait perdre des votes, ait changé des votes ou ait été compromis de quelque manière que ce soit. »

« Bien que nous sachions qu’il existe de nombreuses allégations infondées et des possibilités de désinformation sur le processus de nos élections, nous pouvons vous assurer que nous avons la plus grande confiance en la sécurité et l’intégrité de nos élections, et vous devriez en faire autant », lit la déclaration.

Certaines des allégations concernant l’intégrité de l’élection présidentielle, y compris par l’équipe juridique du président Donald Trump, ont porté sur les systèmes de vote fournis par Dominion et, dans une moindre mesure, par Smartmatic. Dominion et Smartmatic ont toutes deux rejeté les inquiétudes relatives à leurs systèmes.

Les deux sociétés sont répertoriées comme membres du Conseil de coordination des secteurs de la CISA et semblent être activement impliquées puisqu’elles sont nommées « membres organisateurs » du CCS. L’un des principaux objectifs du CCS est de « servir de liaison principale entre le sous-secteur électoral et les agences fédérales, étatiques et locales, y compris le département de la Sécurité intérieure (DHS), concernant les questions de sécurité et de préparation aux situations d’urgence du sous-secteur électoral privé ».

La Charte stipule que la mission principale du Conseil est de « faire progresser la sécurité physique, la cybersécurité et la préparation aux situations d’urgence de l’infrastructure électorale de la nation, conformément à la législation américaine en vigueur. Cette mission sera accomplie grâce aux actions volontaires des propriétaires et des opérateurs d’infrastructures représentés au sein du Conseil ».

La dépendance de la CISA à l’égard des vendeurs commerciaux

La CISA affirme qu’elle « travaille pour assurer la sécurité physique et la cybersécurité des systèmes et des biens qui soutiennent les élections nationales », notamment les bases de données pour l’inscription des électeurs, les infrastructures et systèmes informatiques pour gérer les élections (y compris le dépouillement, la vérification et la validation des résultats), les systèmes de vote, les installations de stockage pour l’infrastructure des systèmes de vote et les lieux de vote, y compris les lieux de vote anticipé.

En effet, la CISA semble agir comme une sorte d’interface entre les vendeurs commerciaux et les gouvernements nationaux et locaux.

« La CISA s’engage à travailler en collaboration avec les acteurs de première ligne des élections – gouvernements des États et des collectivités locales, fonctionnaires électoraux, partenaires fédéraux et fournisseurs – pour gérer les risques pesant sur l’infrastructure électorale du pays », déclare l’agence sur son site web.

Comme le note la CISA, ils n’ont pas de contrôle direct ni de responsabilité dans l’administration des élections de notre nation, car cette responsabilité incombe aux gouvernements des États et des collectivités locales.

« La responsabilité ultime de l’administration des élections nationales incombe aux gouvernements des États et des collectivités locales. La CISA offre divers services gratuits pour aider les États à assurer à la fois la sécurité physique et la cybersécurité de leurs infrastructures électorales », écrit l’agence sur son site web.

Dominion utilise la CISA pour nier les allégations

Le 12 novembre, le site en question a produit un article qui détaille un certain nombre de préoccupations soulevées à propos de l’intégrité des systèmes de vote nationaux dans une déclaration sous serment faite le 24 août par Harri Hursti, un observateur des sondages et expert reconnu en matière de sécurité des votes électroniques.

Les observations de Harri Hursti ont été réalisées lors des élections primaires du 9 juin en Géorgie et du second tour des élections du 11 août 2020, et se sont concentrées principalement, mais pas exclusivement, sur les systèmes et équipements de Dominion.

Harri Hursti a résumé ses conclusions comme suit :

1 – « Les paramètres du scanner et du logiciel de dépouillement utilisés pour déterminer les votes à compter parmi les bulletins de vote marqués à la main sont susceptibles de faire en sorte que des votes clairement exprimés puissent ne pas être comptabilisés. »

2 – « Le système de vote est géré dans le comté de Fulton de façon à faire monter le risque de sécurité à un niveau extrême. »

3 – « Les électeurs n’examinent pas leurs bulletins de vote imprimés, ce qui rend les résultats générés par ces bulletins non vérifiables, compte tenu du manque de fiabilité de la chaîne de contrôle. »

Dans le cadre de cet article, nous avons demandé le 11 novembre à Dominion Voting Systems de commenter les allégations contenues dans la déclaration sous serment de M. Hursti, ce à quoi la société n’a pas répondu. Notre article a été publié le 12 novembre au matin. L’après-midi, la CISA a publié sa déclaration niant tout problème avec les systèmes de vote.

Le lendemain, le 13 novembre, Dominion nous a envoyé un courriel intitulé « MISE AU POINT DES RÉSULTATS » : FAITS ET RUMEURS », qui mentionnait la déclaration commune publiée par le CCG et le CCS, dont Dominion est un membre organisateur.

Une capture d’écran prise le 16 novembre 2020 de la « Charte du Conseil de Coordination du Sous-secteur de l’Infrastructure Électorale », datée du 15 février 2018, montre que Dominion Voting Systems et Smartmatic sont tous deux membres organisateurs. L’Agence de cybersécurité et de sécurité des infrastructures (CISA) utilise « EISCC » et « CCS » de manière interchangeable pour désigner le Conseil de Coordination du Secteur. (Capture d’écran/The Epoch Times)

Nulle part dans son courriel, Dominion n’a révélé qu’il était affilié à la CISA, ou qu’il était un membre actif du CCS, l’un des conseils émetteurs. Le courriel lui-même faisait référence à la déclaration de tiers :

« Selon une déclaration commune de l’agence du gouvernement fédéral qui supervise la sécurité des élections aux États-Unis, l’Agence de cybersécurité et de sécurité des infrastructures (CISA) du ministère de la Sécurité intérieure : ‘Il n’y a aucune preuve qu’un système de vote ait supprimé ou perdu des votes, changé des votes ou ait été compromis de quelque manière que ce soit.’ Le gouvernement et les conseils du secteur privé qui soutiennent cette mission ont qualifié l’élection de 2020 de ‘la plus sûre de l’histoire américaine’. »

La CISA n’a pas répondu à une demande de commentaires du journal Epoch Times sur la question de savoir si elle a enquêté sur les allégations faites dans le cadre du procès intenté par la Géorgie contre Dominion.

Préoccupations soulevées dans le cadre du procès intenté en Géorgie

Bien qu’on ne sache pas clairement si la CISA et le CCG/CCS ont évalué les préoccupations soulevées lors du procès engagé en Géorgie, leurs déclarations publiques nient catégoriquement tout problème avec les systèmes.

Toutefois, dans une ordonnance rendue le 11 octobre, quelques semaines avant les élections présidentielles, le juge de district américain Amy Totenberg a reconnu les préoccupations associées au nouveau système de vote du Dominion, écrivant que ce dossier présentait « une grave vulnérabilité de sécurité du système et des problèmes opérationnels qui peuvent faire courir aux plaignants et aux autres électeurs le risque d’être privés de leur droit fondamental de voter de manière efficace et de leur droit que leur vote soit correctement comptabilisé ».

Malgré les doutes exprimés par la cour, Mme Totenberg s’est prononcée contre le remplacement du système du Dominion à la veille des élections présidentielles, notant que « la mise en œuvre d’un changement de système aussi brutal dans ces circonstances ne pourrait qu’entraîner la confusion des électeurs et une véritable perturbation dans le processus électoral ».

Compte tenu de la date récente de l’ordonnance du juge Totenberg, il semble qu’aucune de ces questions n’ait été abordée par Dominion, le CISC, ou l’une de ses organisations ou conseils affiliés, malgré les déclarations ultérieures qui affirment l’absence de telles questions.

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