Du poisson contaminé en provenance de Chine dans votre assiette ?

8 juillet 2015
Mis à jour: 11 juillet 2019

C’est un sordide élevage de poissons qui a été découvert à Yangjiang, dans la province de Guangdong. Afin de réduire le coût de leur production, les éleveurs nourrissaient leurs tilapias avec les déjections de porcs et d’oies. Contaminé par une bactérie de type salmonelle, le fumier a rendu les poissons en mauvaise santé, vulnérables aux maladies. Des exportateurs chinois achetaient pourtant ces tilapias à bas prix pour les revendre à des entreprises aux États-Unis.

Ce scandale alimentaire, rapporté par Bloomberg Business en 2007, n’est pas une exception : élever des poissons à l’aide de déchets est une pratique répandue en Chine, si bien que les fermiers doivent avoir recours à de larges doses de médicaments pour assurer leur survie. Or, ces médicaments peuvent laisser des résidus toxiques dans ces produits de la mer destinés à la consommation.

Mr. Zhang, un habitant de la province Guizhou a dit qu’après que le réservoir d’eau à l’arrière de sa maison ait été confié à des fermiers pour sous-traiter la production, ils l’ont dégradé en le transformant en une véritable décharge de déchets toxiques. Ils y déversaient sans retenue des excréments d’animaux, des engrais et des antibiotiques destinés à l’élevage intensif de poissons.

(Tim Boyle/Getty Images)
(Tim Boyle/Getty Images)

En juin 2007, l’Agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux (Food and Drug Administration, ou FDA) a fiché plusieurs élevages de poissons en Chine, dont des élevages de poisson-chat, de pangas, de vandoises (une sorte de carpe) et d’anguilles. La FDA a détecté dans ces élevages la présence de résidus dangereux pour la santé comme des agents antimicrobiens, dont l’utilisation n’a pas été approuvée aux États-Unis.

Les agents antimicrobiens venant des antibiotiques tels que le Nitrofurane, le vert de malachite ou encore le violet de gentiane sont des substances cancérigènes, si l’on y est exposé à long-terme. Les Fluoroquinolones peuvent générer, quant à eux, des résistances aux antibiotiques.

La situation des poissons sauvages n’est pas tellement meilleure. La majorité des aires de pêche sont polluées par les déchets, les métaux lourds, les rejets industriels et les engrais chimiques. En 2011, le gouvernement de Chine avait indiqué que la majorité de ses réservoirs et de ses grands lacs avaient une eau impropre à la consommation.

Pendant l’été 2013, la contamination par une usine chinoise de produits chimiques avait tué des centaines de poissons, sur une étendue de 30 km le long d’une rivière de la province Hubei. L’agence de presse Xinhua, l’un des plus grands médias d’État chinois, avait rapporté qu’environ 110 tonnes de cadavres de poissons y avaient été retirées.

Les éleveurs en Chine ne font qu’empirer le phénomène de contamination de l’eau en continuant de déverser des résidus d’antibiotiques et toutes sortes de produits chimiques dans des eaux déjà sévèrement polluées.

Les États-Unis importent jusqu’à 90 % de leurs produits de la mer, dont la moitié environ proviennent de l’élevage. En 2014, ils ont importé la valeur de 2,65 milliards d’euros de poissons en provenance de Chine, comprenant essentiellement des tilapias, du saumon, du cabillaud, des crevettes, du thon, des huîtres et des pétoncles.

Évidemment, tous les produits de la mer en provenance de Chine ne sont pas dangereux pour la santé. La Chine n’est d’ailleurs pas le seul pays où le niveau d’hygiène de sa production est loin du standard. D’autres pays asiatiques, notamment le Vietnam, ont rencontré des problèmes similaires ces dernières années.

La FDA n’inspecte même pas 3 % de tout ce qui est importé et n’en teste que 0,1 % à la présence de résidus de produits chimiques, selon un communiqué de 2011 publié par le General Accounting Office, une agence non-gouvernementale. C’est sans compter sur la négligence en Chine des restrictions et avec les violations qui se perpétuent de manière endémique dans tout le pays. Les tentatives du gouvernement pour réguler la situation restent donc difficiles à appliquer.

Certains produits de la mer comme des calamars ou le saumon d’Alaska sont pêchés aux États-Unis, puis envoyés en Chine pour y être emballés dans des conditions douteuses mais à très bas prix, avant leur retour par importation vers les États-Unis.

Conseils avant d’acheter vos produits de la mer

Jackie Arnett, nutritionniste diététicienne intervenant pour le site web Everyday Health (La santé au quotidien), a donné les indications suivantes pour bien choisir vos produits de la mer.

  1. Identifiez la provenance des produits de la mer. Lisez les étiquettes et soyez vigilants à propos des appellations ambigües comme « préparé par », « emballé par », ou « importé par ». Cela signifie que le poisson doit avoir été produit ailleurs ou conditionné ailleurs.
  2. Privilégiez le poisson sauvage au poisson d’élevage. Des études ont démontré que le poisson d’élevage avait des taux plus élevés de toxines et de produits chimiques tels que les PCB (polychlorobiphényles) qui sont une substance nocive, ou encore les dioxines, les antibiotiques et le mercure.
  3. Choisissez les poissons plus petits, ceux qui se trouvent au bout de la chaîne alimentaire. Les grands prédateurs ont tendance à avoir accumulé de plus grandes quantités de toxines dans leur organisme.
  4.  Privilégiez les poissons frais aux poissons congelés.
  5. Variez votre consommation en produits de la mer pour éviter d’être surexposé à des traces d’agents chimiques contenus dans une seule variété.

Article original : Are You Eating Tainted Seafood From China ?

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