[ÉDITO] Comment Didier Raoult a révélé la maladie des « esprits à cliquets »

Par La Rédaction
6 juin 2021
Mis à jour: 11 juin 2021

La sortie du livre des journalistes Ariane Chemin et Marie-France Etchegoin, Raoult, une folie française a remis sur le devant de la scène le tonitruant professeur marseillais. Dans le grand débat sur celui qui a été le personnage médiatique le plus marquant de l’année 2020, chacun est aujourd’hui sommé de choisir son camp et de le décréter soit génie, soit escroc.

Il serait un génie …parce qu’il le dit et parce qu’il a, le premier en France, eu la vision du besoin de détection et d’isolement précoce des malades du Covid-19 ; parce qu’il a promu une option thérapeutique bon marché cassant le modèle intenable des grandes entreprises pharmaceutiques ; et surtout peut-être, parce qu’il a refusé d’être menotté par son administration, a arrosé de noms d’oiseaux les plus hauts niveaux de l’État et a avec beaucoup de régularité renvoyé dans leurs buts les plus coriaces journalistes.

Il serait un escroc pour avoir minimisé la gravité de l’épidémie, refusé de reconnaître l’absence de preuve incontestable d’efficacité de l’hydroxychloroquine et pour avoir falsifié une partie des données scientifiques issues de l’IHU des maladies infectieuses à Marseille.

L’essentiel de la communauté scientifique française fuit maintenant le professeur Raoult comme s’il était lui-même contagieux. Les médias font feu de tout bois contre lui, attaquant sa personnalité, ses affirmations erronées sur l’impossibilité supposée d’une deuxième vague à l’épidémie ou du développement de vaccins anti-Covid. Ceux qui, il y a un an, se présentaient en suppliants pour obtenir de lui un interview ou une participation à une émission, exercent une vengeance d’autant plus impitoyable qu’elle leur permet de se dédouaner de leur responsabilité dans l’apparition médiatique du « phénomène » Raoult. Tous affichent – mais tardivement – le besoin de faire primer la raison sur l’émotion.

Les moins agressifs des observateurs pourraient trouver que Didier Raoult récolte ce qu’il a semé. Mérite-t-il pour autant de servir de piñata, ces baudruches en carton-pâte que les enfants éclatent à coups de bâtons pour leur faire libérer leur contenu de sucreries ? La « star » de la microbiologie est devenue tête de massacre, symbole expiatoire de toutes les erreurs et excès de 2020. Un étrange mécanisme mental à cliquets semble s’être installé qui, d’un côté de l’opinion, ne laisse aucune de ses outrances le faire redescendre de son piédestal de héros du peuple et, de l’autre, empêche à tout jamais de l’écouter et de mesurer ses idées plutôt que son personnage. Comme le mécanisme du cliquet qui bloque le retour en arrière d’une roue crantée, ces opinions une fois formées se sont figées, et probablement n’évolueront plus.

Nous devrions pourtant apprécier les personnages comme Didier Raoult, aussi irritants soient-ils. On ne peut passer sous silence ni son refus de reconnaître ses erreurs, ni son attitude conciliante face aux chiffres truqués fournis par le régime chinois. Malgré cela, il brille pour avoir rappelé le droit à l’insolence et la nécessité de combattre la platitude de la pensée scientifique. Plus important encore, il a su remettre à l’honneur le pragmatisme de la médecine de terrain, montrer le besoin de révolte face à une administration inerte et celui de l’audace face aux situations nouvelles. À la différence de ceux qui, qualifiés ou pas, n’ont pendant la même période fait qu’émettre des opinions, le soldat Raoult a relevé les manches et a agi. S’il a échoué, du moins l’a-t-il fait avec la grandeur d’avoir grandement tenté.

Comme le professeur le rappelait lui-même dans une de ses tribunes que Le Point publiait en 2018 : « Plus que le nombre de publications, c’est le fait de vouloir avoir raison à tout prix qui génère des travaux scientifiques dont la véracité est douteuse. » La « folie française » décrite par Ariane Chemin et Marie-France Etchegoin est peut-être aussi cette étrange tendance, par les médias sociaux comme par les organes de presse, à fabriquer des sortes de « demi-dieux », forcés de justifier leur existence en tentant ensuite d’avoir toujours raison.

Espérons donc que les prochains objets médiatiques que la « folie française » ne manquera pas de créer puis de pousser sur le devant de la scène, auront des qualités comparables à celles du professeur Raoult et seront reçus dès le départ pour ce qu’ils sont : de simples humains avec leurs failles.

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