Éducation : comment rapprocher l’école de l’entreprise et favoriser la réussite

8 décembre 2015
Mis à jour: 3 avril 2016

L’insertion des jeunes dans le monde de l’entreprise est une nouvelle question clé de l’éducation, au lendemain des attentats. Pour éviter le sentiment d’exclusion, les valeurs de l’entreprise et du travail peuvent favoriser la perception qu’ont les jeunes de leur propre avenir. Pour cela, un changement des mentalités et des pratiques est nécessaire pour créer davantage de complémentarité entre enseignement, réussite à l’école et emploi. Plusieurs propositions ont été faites la semaine dernière dans ce sens.

Élargir le périmètre de l’école à celui de l’entreprise

« Un horizon plus vaste que la porte de la classe », tels étaient les mots employés par Najat Vallaud-Belkacem mercredi 2 décembre pour présenter ses nouvelles mesures en direction du collège, afin de rapprocher les jeunes du monde de l’entreprise.

« Comment imaginer une bonne insertion dans un environnement dont on ne connaîtrait rien ? » Pour répondre à cette question, la ministre s’est directement inspirée des recommandations du Conseil national éducation-économie (CNEE) et d’un rapport de Christiane Demontès, cheffe de mission d’évaluation des partenariats de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur avec le monde économique pour l’insertion professionnelle des jeunes.

Les mesures proposées devraient permettre aux collégiens de troisième de mieux aborder le stage en entreprise dont « l’utilité est avérée », précise ainsi la ministre.

Améliorer les conditions de stage en classe de troisième

Côté entreprises, la création d’un MOOC (cours en ligne) constituera une base pour les employeurs et les tuteurs de stage pour la préparation à l’accueil des jeunes stagiaires. Les stages en entreprises seront désormais étalés « sur l’ensemble de l’année scolaire » afin de multiplier le nombre des stagiaires.

Côté élèves, il s’agit d’« aborder avec eux des sujets comme les codes de l’entreprise, les techniques de recherche d’un stage, etc. », annonce Najat Vallaud-Belkacem. « Dans certaines académies, les élèves sont systématiquement préparés à leur stage de troisième, dans d’autres non. Toutes le feront désormais. » Afin de motiver et d’orienter les jeunes dans le choix de leur entreprise, la ministre compte sur la réserve citoyenne pour permettre à des salariés ou chefs d’entreprises de venir témoigner en classe de leur expérience et de leur passion du métier.

Côté encadrants, la ministre annonce que les chefs d’établissement et les inspecteurs « bénéficieront désormais d’un parcours complet de formation pour apprendre à nouer des partenariats avec les entreprises, et mettre à jour leur connaissance des métiers et des organisations.»

Donner les conditions de la réussite dans les quartiers défavorisés

Selon l’OCDE, c’est en France que la situation sociale des parents impacte le plus les résultats scolaires :« La corrélation entre le milieu socio-économique et la performance est bien plus marquée en France que dans la plupart des autres pays de l’OCDE ».

Dans un rapport intitulé Grande pauvreté et réussite scolaire : le choix de la solidarité pour la réussite de tous, Jean-Paul Delahaye, ancien conseiller spécial de Vincent Peillon, ancien directeur de l’enseignement scolaire et inspecteur général, propose des mesures qui permettraient d’améliorer la réussite scolaire des enfants issus des milieux les plus modestes.

Parmi la soixantaine de mesures proposées, on pourrait ainsi retenir la demande de « sanctuarisation des fonds sociaux à hauteur de 70 millions et la simplification des demandes de bourse ». En effet, le budget de ces fonds sociaux – dédiés au financement de la cantine pour les familles qui ne peuvent pas payer, aux mineurs isolés ou aux secours d’urgence, aurait considérablement diminué entre 2002 et 2012, passant de 73 à 32 millions d’euros.

Les autres mesures visant directement l’enseignement consisteraient à attirer les enseignants expérimentés en établissements REP (Réseau éducation prioritaire) avec des salaires bénéficiant de coefficients démultiplicateurs, ainsi qu’à diminuer le nombre d’élèves par classe en REP+, à scolariser davantage d’enfants de moins de 3 ans en REP et à renforcer les RASED (Réseaux d’aides spécialisées aux élèves en difficulté). Le financement proposé pour ces mesures, possible par la réaffectation des économies réalisées avec la suppression du redoublement, laisse encore dans l’expectative quant à son effet réel.

 

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