Elle dénonce la mort de son fils tué par un migrant illégal, Twitter et Facebook la censurent

Par Charlotte Cuthbertson
23 juillet 2019 Mis à jour: 16 septembre 2019

Aux États-Unis, il est délicat, parfois difficile d’évoquer la question des migrants en situations irrégulières. Mais pour Mary Ann Mendoza, qui avait un fils tué par un migrant en situation irrégulière, le sujet n’a jamais été un tabou.

Le sergent Brandon Mendoza a été tué en 2014 dans un accident de voiture causé par un étranger en état d’ébriété roulant à toute vitesse sur l’autoroute.

Mary Ann a rassemblé un grand nombre de followers sur Twitter et Facebook autour de ses messages sur la nécessité de sécuriser la frontière U.S-Mexique. Elle utilise souvent ces réseaux sociaux pour confronter les politiciens sur le sujet.

Jusqu’au 18 juillet, date à laquelle Twitter l’a avertie que son compte avait été suspendu pour avoir enfreint les règles concernant du « contenu haineux ».

Elle a fait appel aux administrateurs à deux reprises. Rien n’y fait : pour Twitter, son compte ne sera rétabli que si elle accepte de supprimer six des tweets qu’ils jugent offensants.

Un des tweet en question disait : « Les Américains sont déchirés toutes les heures par les MIGRANTS EN SITUATION ILLÉGALE. TOUTES LES HEURES »

Un autre : « Pendant ce temps, plus de 4 300 Américains sont tués CHAQUE ANNÉE par des MIGRANTS EN SITUATION IRRÉGULIÈRE aux États-Unis. Que pourriez-vous dire à propos de l’expression ‘PLUS JAMAIS’ ? »

Histoire de remuer le couteau dans la plaie, Facebook a emboîté le pas après que Mary Ann ait posté des captures d’écran de son interdiction de Twitter sur la plateforme. Facebook a décrété une suspension de 3 jours, retardée de 24 heures. En réponse, Mary Ann a dit que le premier post qu’elle publierait serait la définition légale d’ « étranger en situation irrégulière ».

Ses suspensions soudaines sont inquiétantes pour Mary Ann, qui dit avoir rejoint Twitter en 2015 et n’a jamais cessé d’élever la voix sur le média social.

« C’est dégoûtant « , a t-elle déclaré, ajoutant qu’elle voit deux poids, deux mesures dans ce qui est permis et ce qui est jugé inapproprié lorsqu’il s’agit des étrangers en situations irrégulières et de la crise frontalière.

« C’est facile de critiquer notre président, d’évoquer des ‘camps de concentration’ (critique des démocrates assimilant les centres de détention des migrants en situations irrégulières aux camps de concentrations, ndlr), de raconter à quel point cela est raciste de s’opposer aux migrants clandestins », soutient-elle. « Mais quand on parle de la vie d’un Américain innocent et qu’on se bat pour attirer l’attention sur ce qui se passe, et qu’en résultat on est refoulé et giflé, qu’est-ce qu’il y a de bien là dedans ? Rien. »

La mère de Brandon explique également avoir reçu beaucoup de messages haineux au fil des ans.

« J’ai eu des gens qui m’ont twitté : ‘Votre fils méritait de mourir’, ‘J’espère que vous mourrez aux mains d’un migrant illégal ivre, tout comme votre fils, vous le méritez’, ‘Votre fils est un porc et vous aussi.' » Je bloque la plupart d’entre eux et je continue ma vie. Mais j’ai signalé certains internautes des plus odieux », raconte-t-elle.

Twitter et Facebook acceptent en général de bloquer ces utilisateurs, d’après elle.

Mary Ann a également fondé un groupe appelé Angel Families pour aider à faire porter les voix de ceux qui ont été touchés par des crimes commis par des étrangers en situation irrégulière.

Elle fait également partie du conseil d’administration de la fondation We Build the Wall (Nous construisons le mur), qui a récemment construit un kilomètre de clôture frontalière près d’El Paso grâce à des fonds recueillis auprès du public. Elle s’est également jointe au conseil consultatif de Women for Trump (Les femmes qui soutiennent Trump) la semaine dernière.

Trump entre en jeu

La censure des géants du web n’a pas découragé Mary Ann. Et contre toute attente, elle a reçu un soutien inattendu. Le président Donald Trump a prêté sa voix à la question dimanche matin sur Twitter.

Le président Donald Trump s’adressant aux médias le 19 juillet 2019. (Charlotte Cuthbertson/The Epoch Times)

« Je vais aider Angel Mom (la Maman d’un ange) (et la grande dame) Mary Ann Mendoza avec Twitter », a écrit le président américain. « Je connais Mary Ann depuis le début, et elle n’aurai jamais dû être réduite au silence. C’est une femme bien qui a tant perdu en perdant son enfant. Twitter, si vous regardez, faites ce que vous avez à faire, MAINTENANT ! »

Le tweet présidentiel a dans un premier temps surpris Mary Ann, qui n’en croyait pas ses yeux. Dans un second temps, elle s’est interrogée sur son impact, car d’après elle le président est une cible que les réseaux sociaux tentent de bloquer en priorité.

« Mais ça me fait du bien de savoir qu’il se bat autant pour moi, tout comme je me bats pour lui « , dit-elle.

Poursuite en justice

Mary Ann est catégorique : elle ne supprimera pas ses tweets.

Elle a affirmé qu’elle s’entretiendrait avec des avocats à Washington cette semaine au sujet de la possibilité de poursuivre Twitter en justice avec le soutien d’autres personnes interdites sur le réseau social, tel que le shérif David Clarke.

Le shérif David Clarke et Mary Ann Mendoza, à l’ouverture de la nouvelle section d’un demi-mille de la clôture à Sunland Park, N.M., le 30 mai 2019. (Charlotte Cuthbertson/The Epoch Times)

« Nous devons nous défendre. Nous ne pouvons pas continuer à les laisser nous contraindre au silence », a-t-elle dit. « Je vais me battre pour avoir ma place sur Twitter comme tout le monde. Les personnes d’Angel Families et moi-même avons travaillé trop dur pour cela. Non, Twitter ne me feras pas taire. »

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