En 2020, la France a payé pour 5,3 milliards d’euros de masques venant de Chine

Par Emmanuelle Bourdy
9 février 2021
Mis à jour: 9 février 2021

Un total de 10,3 milliards d’euros de produits liés à la crise sanitaire ont été importés en France en 2020, soit trois fois plus qu’habituellement, selon le ministre du commerce extérieur Franck Riester, ainsi qu’il l’a indiqué vendredi 5 février. Ce sont principalement des achats de masques et de réactifs pour les tests. En comparant avec 2019, cela représente une hausse de 7,2 milliards d’euros.

Ainsi que le relate le quotidien L’Opinion, parmi les produits liés à la crise du virus du PCC*, la France a importé de Chine 84 % de masques, soit environ 127 000 tonnes pour un montant de 5,9 milliards d’euros. La France a également acheté pour 1,6 milliard d’euros de réactifs utilisés pour les tests, principalement importés de Chine.

Ces importations de produits liés à la lutte contre le coronavirus en 2020 représentent une hausse si importante qu’elle est équivalente aux dépenses que le gouvernement va investir sur son territoire dans les cinq ans à venir dans le domaine de la santé, comme entre autres, dans la construction ou la rénovation d’hôpitaux. De plus, notre solde commercial avec la Chine s’est dégradé de 6,6 milliards d’euros à moins 38,3 milliards d’euros en 2020, dont 5,3 milliards d’euros d’importations de produits liés au Covid, rapporte encore le quotidien français.

D’autres produits d’importations liées à la pandémie ont été importés, il s’agit de respirateurs artificiels et appareils d’oxygénation, de désinfectants, de solutions alcooliques et autres équipements de protection à usage unique (notamment les blouses chirurgicales et les draps).

De ces importations découlent plusieurs points noirs pour la France. Tout d’abord au niveau économique, puisque ces masques ne sont pas issus de l’industrie française, par conséquent cet argent n’a pas été investi sur notre territoire. D’autre part, au niveau écologique, ces masques arrivent d’un pays éloigné de la France et seront jetés aussitôt utilisés, ce qui est une « aberration environnementale », précise le journal. De plus, Franck Riester évoque le fait que « notre priorité c’est l’indépendance vis-à-vis de nos fournisseurs et la diversification de nos approvisionnements, pour constituer des stocks stratégiques ».

Même si l’importation était à la hausse en début de crise, cette tendance a décliné en fin d’année, le nombre de masques importés a diminué et notre production a augmenté en parallèle. En décembre 2020, le France a importé pour 102 millions d’euros de masques. Notre capacité de production nationale est de 100 millions de masques (chirurgicaux et FFP2) par semaine depuis janvier, alors qu’elle était de 3 millions de masques par semaine avant la crise.

Selon Franck Riester, la France doit néanmoins « calibrer » sa capacité de production afin de « ne pas avoir d’excédents ». Le cabinet d’Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée à l’Industrie, a déclaré que « la demande est forte, mais on espère tous que la crise sanitaire ne s’étendra pas trop longtemps. D’un autre côté, il y a sans doute un marché du masque qui sera plus important qu’avant, avec les bonnes pratiques sanitaires prises et des habitudes de port du masque comme en Asie ». 

Concernant les masques en tissu, l’année dernière, mille entreprises du textile s’étaient mises à en fabriquer. Mais ceux-ci ont été progressivement délaissés, et ce phénomène s’est accentué avec la récente polémique au sujet de leur efficacité. À la suite d’une mission ministérielle portant sur le stock de masques en tissu, menée en 2020 par Yves Dubief, président de l’Union des industries textiles (UIT), il s’avère que « seule une [entreprise] sur dix continue à en faire en quantité significative », souligne encore L’Opinion.

Epoch Times désigne le nouveau coronavirus, responsable de la maladie du Covid-19, comme le « virus du PCC », car la dissimulation et la mauvaise gestion du Parti communiste chinois (PCC) ont permis au virus de se propager dans toute la Chine et de créer une pandémie mondiale.

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