En Roumanie, le pape François à la rencontre de la minorité hongroise

Par afp
1 juin 2019
Mis à jour: 12 juillet 2019

Sous la pluie battante, une mer de parapluies couvre la lande du sanctuaire marial de Sumuleu-Ciuc: des pèlerins catholiques de langue hongroise attendent le pape François pour une messe géante, au deuxième jour de sa visite en Roumanie orthodoxe.

Venues en train, en voiture ou à vélo, originaires de la région mais aussi de la Hongrie voisine, des milliers de personnes ont commencé à se rassembler dès vendredi soir pour cet événement perçu comme une reconnaissance de l’identité hongroise de la Transylvanie, territoire du centre ouest du pays qui revendique son particularisme culturel. Les églises catholiques de la petite ville de Miercurea Ciuc, située à quelques kilomètres du sanctuaire, sont restées ouvertes toute la nuit pour héberger les pèlerins en quête d’abri.

Quelque 200.000 personnes sont attendues pour ce service en plein air, prévu à partir de 11h15 locales (08h15 GMT), et qui constituera un des moments forts du périple roumain du pape, débuté vendredi à Bucarest. Entre deux chants religieux hongrois, les pèlerins évoquent volontiers leurs attentes: « Si je rencontrais le pape, je lui dirais que la Transylvanie doit être autonome », confie à l’AFP l’un d’entre eux, Zoltan, 60 ans, venu de Pusztacsatar, dans l’ouest de la Hongrie.

Katalin, 38 ans, originaire d’Oradea (ouest de la Roumanie), prône avant tout la concorde: le pape « soutient la solidarité. Je suis d’accord avec les principes qu’il prêche car il veut l’unité au sein de l’Eglise et la paix ». Parmi les visiteurs annoncés, le président hongrois Janos Ader, qui viendra en simple pèlerin, ainsi qu’une délégation d’évêques. Un représentant du gouvernement hongrois sera présent mais le premier ministre Viktor Orban ne fera pas le déplacement, a précisé le Vatican.

Après avoir longtemps hésité à indiquer qui représentera la Roumanie à cet événement, Bucarest a finalement annoncé vendredi soir que la Première ministre Viorica Dancila y accueillera le pape.  La Transylvanie, où vivent l’essentiel des 1,2 million de Hongrois de souche (soit 6,5% des 20 millions de Roumains), fut rattachée à la Roumanie après le démantèlement de l’empire des Habsbourg en 1918, par le traité de Trianon qui amputa la Hongrie des deux tiers de son territoire.

Un siècle plus tard, cette communauté cultive son particularisme et une certaine défiance vis-à-vis de l’Etat central de Bucarest. Le pape, venu apporter son soutien aux minorités ethniques ou religieuses du pays, devrait une nouvelle fois appeler au respect de la diversité. A la fin de la messe, le pape doit déposer une rose en or au pied de la Vierge en bois sculpté vénérée dans ce sanctuaire depuis 1567, une tradition pour tout souverain pontife qui se rend dans un sanctuaire marial.

La Hongrie a débloqué 500.000 euros pour l’embellissement du sanctuaire, une « aide » et « pas une ingérence » dans les affaires roumaines, a précisé le gouvernement hongrois.  Bucarest reconnaît à cette minorité des droits culturels et linguistiques, notamment dans les écoles où l’enseignement se fait en hongrois et en roumain, mais rejette les revendications d’autonomie régionale portées par les plus radicaux.

Après la messe, le pape gagnera la ville de Iasi (nord-est), capitale de la Moldavie roumaine, où il visitera la cathédrale latine Sainte-Marie-Reine avant une rencontre avec des jeunes et des familles.

Jean Paul II, dont le voyage en Roumanie en 1999 fut le premier d’un pape dans un grand pays orthodoxe, « aurait souhaité rencontrer la jeunesse lors de sa venue mais il n’avait pas pu le faire. Avec le pape François, c’est un peu une boucle qui se ferme après 20 ans », a-t-on expliqué au Vatican. Quelque 100.000 personnes sont attendues pour cette rencontre avec le pape François, qui rentrera à Bucarest dans la soirée.

D.C avec AFP

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