Les enjeux de l’accord entre l’Iran et la Chine

Par Thomas Del Beccaro
9 avril 2021
Mis à jour: 3 juin 2021

L’alliance naissante entre les deux pays les plus dangereux du monde – la Chine et l’Iran – est un événement d’importance majeure qui a été peu couvert par les médias en Occident.

La Chine vise carrément à dominer le monde. Il suffit d’observer ses démarches ou de jeter un regard sur ses plans officiels. Pour y parvenir, l’État-parti chinois doit poursuivre sa croissance économique. Pour arriver à maintenir cette croissance, il a besoin de pétrole.

L’Iran, le premier sponsor mondial du terrorisme, a des visées de domination du Moyen-Orient. Le régime de Téhéran ne le cache pas trop non plus. Pour y parvenir, il a besoin d’argent. Pour obtenir de l’argent, il doit vendre du pétrole.

L’alliance croissante entre la Chine et l’Iran, y compris la promesse de Pékin permettant à l’Iran de lui vendre son pétrole, devrait plus qu’inquiéter tout le monde.

Le 27 mars 2021, la Chine et l’Iran ont signé un accord de « partenariat stratégique » de 25 ans portant sur des aspects économiques, politiques et militaires. Peu de détails de cet accord ont été rendus publics, ce qui n’a surpris personne, étant donné qu’il a été conclu entre deux régimes autoritaires.

En rapportant sur cet accord, le journal d’État chinois Beijing News a souligné dans son édition du 28 mars : « La Chine et l’Iran ont les mêmes fauteurs de troubles – les grands pays occidentaux dirigés par les États-Unis. »

Le New York Times a informé que « dans le cadre de cet accord, la Chine investira quelque 400 milliards de dollars en Iran en échange de pétrole. Les deux pays vont également intensifier leur coopération militaire avec des exercices d’entraînement communs, des recherches et des échanges de renseignements ».

Bref, la Chine obtient l’approvisionnement en pétrole qu’elle souhaite désespérément pour alimenter ses ambitions mondiales – ceci sans se soucier de l’image qu’elle aura en Occident qui est obsédé par les idées de changement climatique et réchauffement de la planète.

Quant à l’Iran, le Times of Israel a noté à juste titre que cet accord paralyse effectivement les sanctions qui lui avaient été imposées par les États-Unis. Grâce à lui, l’Iran obtiendra l’argent dont il a besoin pour poursuivre ses ambitions militaires.

Certes, l’accord avec l’Iran de l’ancien président Barack Obama nous a appris que le régime des mollahs n’utilisait pas l’argent provenant de l’Amérique pour effectuer des œuvres de charité à l’intérieur du pays. Même John Kerry, le « gentil » secrétaire d’État d’Obama, a dû admettre qu’une partie de cet argent allait au terrorisme.

Le montant du nouvel accord – 400 milliards de dollars – éclipse celui de l’accord d’Obama et mettra l’Iran sur la voie de l’obtention d’armes nucléaires, probablement en moins d’une décennie. Toutefois, à court terme, il donne à l’Iran la capacité de financer ses opérations de guerre conventionnelle au Moyen-Orient, dont j’ai déjà parlé en 2015, lorsque l’accord d’Obama a été annoncé, dans un article intitulé « Iran’s other victory – The nuclear deal also cemented the regime’s conventional war gains » (Une nouvelle victoire de l’Iran – l’accord nucléaire a également consolidé les gains de guerre conventionnelle du régime).

Bien qu’on ne soit même pas sûr de savoir aujourd’hui qui est réellement aux commandes à la Maison-Blanche.

Personne ne peut sérieusement croire que Joe Biden est un homme politique vigoureux. Le président John Kennedy a montré qu’il en était un, par exemple par sa gestion de la crise des missiles de Cuba. Cependant, Joe Biden n’est pas John Kennedy.

Joe Biden n’est pas non plus un Ronald Reagan ou un Donald Trump. Il n’est pas capable de projeter la force nécessaire pour parvenir à la paix par la force.

En outre, son équipe s’est engagée à réduire la puissance économique des États-Unis en adoptant les politiques du Green New Deal, notamment en revenant dans l’accord de Paris sur le climat, ce qui fait le jeu de Pékin. En s’infligeant une faiblesse économique au niveau national, l’administration Biden et l’élite du Parti démocrate limitent la capacité de l’Amérique à réagir au niveau international et à faire face au grave défi que représente l’État-parti chinois pour la liberté dans le monde.

Nous savons également que Biden voulait conclure avec l’Iran un accord de type similaire à l’accord d’Obama, qui lèverait les sanctions américaines et laisserait l’Iran vendre le pétrole et obtenir l’argent nécessaire à la réalisation de ses ambitions. Bien que ce soit des nouvelles anciennes. Le régime des mollahs a maintenant un nouveau bienfaiteur – le régime communiste chinois.

Que va faire l’administration Biden en réponse à cette alliance très dangereuse qui est en train de se former ? La réponse probable est qu’elle fera peu de choses, ce qui non seulement assure qu’on aura quatre années de vie dangereuse sous cette administration, mais menace également la stabilité mondiale à un très long terme.

Thomas Del Beccaro est un auteur acclamé ainsi qu’un commentateur et chroniqueur de divers médias. Il est l’auteur des ouvrages historiques The Divided Era et The New Conservative Paradigm.

Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement celles d’Epoch Times.

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