Un enseignant condamné pour avoir rasé et agressé un élève dont la coiffure ne respectait pas les règles du Coran

12 mars 2018 Mis à jour: 11 juillet 2019

Estimant que la coiffure d’un de ses élèves contrevenait aux règles inscrites dans le Coran, le directeur d’une école coranique n’a pas hésité à l’humilier en lui rasant le crâne en public, avant de lui administrer une sévère correction. Il a été condamné à 12 mois de prison pour violences volontaires et séquestration.

Le 8 mars dernier, le tribunal correctionnel de Pontoise a condamné le directeur d’un établissement et ses trois complices pour avoir exercé des violences volontaires sur la personne d’un mineur de 12 ans, élève d’une école coranique de Sarcelles, dans le Val-d’Oise.

Un passage à tabac minutieusement préparé

Les faits remontent à fin avril. Comme chaque soir, l’adolescent se rend à son cours d’arabe à la mosquée Foi et Unicité des Sablons, à Sarcelles. Avisant sa crête décolorée en blond, une coiffure qui serait « contraire aux règles coraniques », son professeur – également directeur de l’école – décide immédiatement de lui raser le crâne devant ses camarades.

Humilié, le jeune garçon décide de se venger en jetant des œufs sur la porte du domicile de son enseignant. Ce dernier appelle alors le beau-père de l’élève pour lui demander l’autorisation de lui administrer « une correction ».

Une demande à laquelle accède le beau-père sans broncher, à condition « qu’on ne lui fasse pas de marques ». Le tuteur du jeune garçon – mis en cause pour non-assistance à personne en danger, il n’a toutefois pas cru bon de répondre à la convocation du tribunal – sera d’ailleurs jugé dans le cadre d’une autre procédure pour des violences exercées à l’encontre de son beau-fils, régulièrement frappé à coups de câbles électriques.

Tandis qu’il range le matériel ayant servi à nettoyer sa bêtise dans un local municipal, le jeune garçon est brusquement pris à partie par trois animateurs d’une vingtaine d’années dépêchés par le directeur. Au cours de l’audience, l’adolescent a raconté avoir reçu des gifles, des coups de poing et avoir eu la tête écrasée à plusieurs reprises. Après deux heures de sévices, les brutes envoyées par le responsable de l’école coranique auraient finalement consenti à le ramener chez lui.

 Le prix du silence 

À son retour, son beau-père aurait fait semblant de ne pas remarquer le visage meurtri et les lèvres tuméfiées de l’enfant, qui sera heureusement conduit à l’hôpital à la demande de sa mère.

Le lendemain, un des individus ayant participé aux violences n’hésite pas à se présenter au domicile de la victime pour donner 100 euros à sa mère. Une démarche singulière qui a étonné le tribunal, la juge demandant aux prévenus s’il s’agissait là « du prix du silence ».

« Non, nous étions déjà dans une démarche de regret », a expliqué le médiateur de la ville de Sarcelles à l’origine de cette initiative, avant d’ajouter : « On parle de mosquée, on fait des raccourcis. »

Maître Christian Gallon, avocat du jeune homme molesté, a dénoncé une agression « odieuse » qui relèverait selon lui de l’ « intégrisme éducatif plus que religieux », fustigeant ces « quatre adultes qui ont décidé ce jour-là non pas d’éduquer, mais de maltraiter ».

Frédéric Zajac, défenseur du directeur de l’établissement, a souligné qu’il s’agissait d’un dérapage, la correction infligée ayant « dépassé ce qu’il souhaitait au départ ».

Des peines de prison ferme

Des explications qui ne semblent guère avoir convaincu le tribunal, le directeur incriminé ayant été condamné à un an de prison, dont quatre mois avec sursis. Une peine assortie de l’interdiction d’exercer une activité en lien avec des mineurs. Sa charge lui a évidemment été retirée.

Trois autres individus, y compris le frère du directeur, âgé de 20 ans, ainsi que deux animateurs de 24 et 29 ans employés par la ville, ont également été condamnés à des peines allant de six à huit mois de prison, dont quatre avec sursis – des sentences supérieures aux réquisitions du procureur.

Néanmoins, les prévenus sont tous ressortis libres du tribunal, les peines prononcées étant en effet aménageables.

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