Entre déception et répression : une année de dissimulation du virus par Pékin

Par Nicole Hao et Annie Wu
31 décembre 2020
Mis à jour: 1 janvier 2021

L’année dernière, à la même époque, les autorités chinoises ont reconnu qu’une forme « inconnue » de pneumonie se propageait dans la ville de Wuhan.

Mais il était déjà trop tard. Ce que nous connaissons maintenant sous le nom de Covid-19 avait déjà éclaté dans toute la ville et peut-être même au-delà.

Dans les mois qui ont suivi, les autorités ont activement fait échouer les mesures de prévention et ont dissimulé le nombre d’infections. Elles ont promulgué des restrictions de voyage des semaines trop tard (les voyageurs chinois ont déclenché des épidémies dans le monde entier), et elles ont empêché les chercheurs internationaux de se rendre dans le pays pour enquêter sur l’origine du virus qui provoque le Covid-19.

Une pandémie mondiale s’en est suivie, qui a fait des millions de victimes, a paralysé les économies et a perturbé les moyens de subsistance des populations.

Des personnes portant des masques faciaux alors qu’elles attendent à l’hôpital de la Croix-Rouge de Wuhan, à Wuhan, le 24 janvier 2020. (Hector Retamal/AFP via Getty Images)

Alors que le virus se propageait dans le monde entier, le régime de Pékin a lancé une campagne agressive de désinformation en prétendant que le virus ne provenait pas de Chine. Cette offensive de propagande se poursuit encore aujourd’hui.

Pendant ce temps, le régime punissait les citoyens qui osaient diffuser des informations qui ne correspondaient pas à son discours : à savoir que son contrôle autoritaire avait réussi à contenir la maladie.

Mais en lisant des interviews avec le journal Epoch Times, les citoyens racontent une toute autre réalité : des mesures de quarantaine draconiennes les ont privés de leurs droits fondamentaux, tandis que les autorités continuaient de supprimer les informations sur les nouveaux foyers d’infection dans tout le pays.

Alors qu’une nouvelle vague frappe maintenant Pékin et certaines régions du nord-est de la Chine, les habitants sont une fois de plus tenus dans l’ignorance, les autorités barricadant quartier après quartier.

La culture de dissimulation

La réponse initiale de la Chine a été marquée par de nombreux faux pas.

Les autorités sanitaires de Wuhan n’ont confirmé l’épidémie que le 31 décembre 2019, après que des médecins dénonciateurs eurent partagé des informations sur les médias sociaux.

Des documents gouvernementaux divulgués à Epoch Times ont depuis révélé que des cas de Covid-19 pourraient avoir fait surface des mois plus tôt. Les données de l’hôpital de Wuhan montrent que des patients ont été hospitalisés avec des symptômes similaires à ceux du Covid-19 dès septembre 2019, alors que plusieurs personnes sont mortes en octobre 2019 de pneumonie, d’infections pulmonaires et d’autres affections similaires au Covid-19.

Dans les premières semaines de l’épidémie, le régime chinois a continuellement minimisé la crise et nié que la maladie puisse être transmise entre humains. L’Organisation mondiale de la santé a répété les affirmations de Pékin et a attendu le 30 janvier pour déclarer l’épidémie comme une urgence sanitaire mondiale.

Les autorités chinoises n’ont pas mis en place de mesures de confinement avant le 23 janvier, avec une mise en quarantaine à Wuhan. Cependant, à cette date, 5 millions de personnes avaient déjà quitté Wuhan, au milieu d’une période de pointe typique pour les voyages nationaux et internationaux à l’occasion des vacances du Nouvel An lunaire.

Des fonctionnaires chinois en tenue de protection surveillent un homme âgé portant un masque facial qui s’est effondré et est décédé dans une rue près d’un hôpital à Wuhan, en Chine, le 30 janvier 2020. (HECTOR RETAMAL/AFP via Getty Images)

Un contrôle strict

Les autorités chinoises ont rapidement adopté une procédure dite du « style couverture anti-feu » pour contenir la maladie au niveau national.

Une fois qu’une personne est diagnostiquée avec le Covid-19, le gouvernement local détecte les contacts proches récents du patient et les endroits qu’il a récemment visités, grâce au système de caméras de surveillance omniprésent en Chine. Un document interne du gouvernement chinois obtenu par Epoch Times montre que plus d’un million de personnes dans tout le pays étaient étroitement surveillées pour leur risque de contracter la Covid-19 au cours du mois de mai.

Pendant les fermetures, les gens sont tenus de ne pas quitter leur domicile. Habituellement, les autorités imposent qu’une seule personne par foyer puisse sortir tous les deux ou trois jours, et ne puisse passer qu’une heure ou deux à faire des courses pour les produits de première nécessité.

Les patients suspects sont isolés dans des centres de quarantaine désignés par le gouvernement, dont certains auraient des conditions insalubres et un manque de soins médicaux.

Dans les régions où de graves épidémies ont éclaté, comme à Wuhan, Suifenhe, Pékin et Shanghai, les autorités ont créé des hôpitaux de fortune où seules des cloisons séparent les patients les uns des autres. Certains se sont plaints que ces hôpitaux étaient « comme des camps de la mort ».

Des patients présentant de légers symptômes du Covid-19 se reposent en soirée, dans l’hôpital de fortune installé dans un stade de sport à Wuhan, en Chine, le 18 février 2020. (STR/AFP via Getty Images)

Une année d’épidémie

Malgré les mesures d’endiguement, de nouveaux foyers de contamination continuent d’émerger dans toute la Chine.

Les autorités exigent généralement des tests de masse à l’acide nucléique peu après. Lors d’une épidémie en octobre dans la ville orientale de Qingdao, les autorités ont affirmé qu’après avoir testé les 11 millions d’habitants, elles n’ont trouvé aucune nouvelle infection.

Les experts internationaux et les habitants de la région considèrent avec scepticisme ces témoignages élogieux. Un jour après que les autorités ont fait cette annonce, certains résidents ont déclaré à Epoch Times qu’ils n’avaient pas encore reçu les résultats de leurs tests.

Les autorités locales ont également continué à dissimuler l’ampleur des nouveaux foyers. Epoch Times a obtenu à plusieurs reprises des données gouvernementales internes qui ont révélé des chiffres bien plus élevés que ce qui avait été annoncé publiquement, comme à Pékin et dans les provinces de Shandong, Jilin et Heilongjiang.

Les gouvernements ne communiquaient généralement que peu d’informations aux citoyens. Dans un document classifié publié en février, les autorités chinoises ont explicitement déclaré que les documents relatifs à l’épidémie devaient être traités comme top secret.

« Pendant la période de lutte contre le virus, tous les types de documents urgents, d’avis urgents, d’événements urgents […] les informations sensibles partagées en interne et toute autre donnée que les dirigeants [du gouvernement] n’ont pas approuvé pour divulgation au public » étaient considérés comme des secrets d’État, selon le document.

Des étudiants chinois organisent un mémorial pour le Dr Li Wenliang, qui a dénoncé le coronavirus originaire de Wuhan, en Chine, et qui a causé la mort du médecin dans cette ville, devant le campus de l’UCLA à Westwood, en Californie, le 15 février 2020. (Mark Ralston/AFP via Getty Images)

La désinformation continuelle

Le régime chinois a changé de tactique autour du mois de mars, alors que les pays du monde entier réagissaient à aux épidémies sur leur propre territoire.

Le 12 mars, un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Zhao Lijian, a affirmé dans un post sur Twitter que le virus du PCC avait été introduit à Wuhan par l’armée américaine. Cette affirmation sans fondement, ainsi que d’autres accusations similaires de la part de diplomates chinois, ont suscité l’indignation des responsables occidentaux.

Le 29 novembre, le journal chinois Global Times a publié un article suggérant que le virus provenait du sous-continent indien. Récemment, les médias publics chinois ont mal cité les recherches des scientifiques pour affirmer que le virus provenait d’Italie.

Le régime chinois et ses médias ont également promu la théorie selon laquelle les épidémies locales de Covid-19 provenaient des chaînes d’approvisionnement en aliments surgelés. Les autorités affirment avoir détecté des souches du virus sur des saumons, des crevettes, du porc, du bœuf et d’autres aliments congelés importés de divers pays, comme la Norvège, la Russie, l’Indonésie, le Brésil et l’Allemagne.

L’OMS affirme que la possibilité d’infection par contact avec des aliments et des emballages alimentaires est mince. Les experts en maladies affirment également qu’il est peu probable que le virus puisse se propager par le biais des aliments surgelés.

Des résidents attendent de passer le test Covid-19 à Qingdao, dans la province du Shandong, à l’est de la Chine, le 12 octobre 2020. (STR/AFP via Getty Images)

Censure

Dès le début, les autorités de Wuhan ont réduit au silence les médecins lanceurs d’alerte comme Ai Fen et Li Wenliang, qui ont été les premiers à signaler sur les réseaux sociaux que leurs hôpitaux accueillaient des patients atteints d’une nouvelle maladie potentiellement contagieuse, semblable à la pneumonie. Ils ont été convoqués par la police et réprimés.

Li, qui est lui-même mort plus tard de la maladie, a ensuite été décrit comme un martyr.

Fang Bin, Chen Qiushi, et d’autres journalistes citoyens qui ont documenté l’épidémie de Wuhan, y compris les visites aux hôpitaux locaux et aux pompes funèbres, ont disparu. On ignore toujours où se trouvent Fang et Chen.

Le 28 décembre, Zhang Zhan a été condamné à quatre ans de prison, devenant ainsi le premier journaliste citoyen connu à être condamné pour avoir fourni des informations de première main sur l’épidémie en Chine.

Des internautes chinois ont également rapporté avoir été détenus par la police locale après avoir publié des informations sur l’épidémie sur les réseaux sociaux.

Des documents internes obtenus par Epoch Times ont montré que les autorités chargées de la propagande du régime ont fortement réprimé les informations sur la pandémie qui ne correspondaient pas aux récits officiels.

Des agents de sécurité chinois portant des masques de protection défilent sur la place Tiananmen à Pékin le 4 avril 2020. (Lintao Zhang/Getty Images)

La population en a assez de la façon dont les autorités locales gèrent la situation.

En mars, des habitants de Wuhan, qui étaient enfermés, ont chahuté un groupe de fonctionnaires chinois en tournée dans la région, en criant depuis leurs appartements des plaintes telles que : « C’est faux, tout est faux ! »

Récemment, dans la ville de Dalian, au nord-est du pays, des étudiants se sont vu interdire de quitter le campus, la ville ayant signalé de nouveaux cas de Covid-19. Ils se sont plaints de la quarantaine soudainement imposée.

« Je crois que si le gouvernement de Dalian continue d’insister sur le fait de ne pas permettre aux étudiants de quitter le campus, les étudiants pourraient devenir agités. Ils pourraient même s’unir pour résister », a déclaré un étudiant.

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