Epstein a été «aidé à se suicider», d’après un consultant des prisons fédérales

Par Simon Veazey
15 août 2019 Mis à jour: 15 août 2019

Les relations existant entre Jeffrey Epstein et de nombreuses personnalités riches et puissantes se sont tendues après son arrestation le mois dernier. Certains observateurs, dont un ancien avocat de victimes d’Epstein, prédisaient déjà sa mort très prochaine, pariant presque sur le nombre de jours où il resterait en vie.

Le corps du millionnaire retrouvé sans vie le 10 août dans sa cellule d’une prison de New York leur a donné raison.

L’une des prédictions les plus précises est peut-être venue de Larry Lavine, ancien prisonnier fédéral devenu consultant en prison qui a séjourné dans un établissement semblable ; il avait prédit que J. Epstein serait retrouvé mort, et que la cause apparente serait un suicide.

Aujourd’hui, le consultant estime que quelqu’un a pu être payé pour fournir à Epstein les moyens de se suicider. La veille de sa pendaison, la justice publiait des documents révélant les accusations d’une femme déclarant avoir été forcée d’avoir des relations sexuelles avec des dirigeants mondiaux, des hommes d’affaires et d’autres hommes puissants dans le cercle de Epstein.

Admettant qu’actuellement personne ne sait ce qui est arrivé à Jeffrey Epstein, M. Lavine spécule cependant que le financier n’a peut-être pas été retiré de la surveillance spéciale dont il faisait l’objet.

Aucune cause de décès n’a été officiellement révélée pour Epstein, qui, selon le procureur de Manhattan, a été retrouvé mort dans sa cellule le 10 août après ce qui a été officiellement appelé un « suicide apparent ».

Selon une source citée par le New York Post, il s’est pendu avec ses draps de lit.

D’après lui, les questions clés auxquelles il faut répondre sont de savoir si quelque chose a été introduit dans la cellule d’Epstein pour aider son suicide, pourquoi le détenu a été si mal surveillé et comment il a officiellement été retiré du registre de surveillance du suicide.

« Tous les détenus d’une USS (isolement cellulaire) ont un accès limité à des objets qui pourraient servir d’arme ou être dangereux pour eux-mêmes, il est peu probable que quoi que ce soit étant dans sa cellule ait pu être utilisé pour faciliter sa pendaison », a-t-il écrit sur Facebook le 10 août.

« C’est la vraie question : qu’y avait-il dans la cellule d’Epstein qui n’aurait pas dû s’y trouver, qui a retiré son nom de la surveillance en le jugeant non suicidaire ? Est-ce qu’un employé a délibérément laissé quelque chose dans la cellule qui n’aurait pas dû l’être et savait qu’Epstein se suiciderait s’il en avait l’occasion? »

« Je crois, mais je ne sais pas, et personne ne sait vraiment – que quelqu’un a dû recevoir un gros chèque quelque part [pour aider Epstein] », a-t-il expliqué à Fox News. « Quelqu’un a mis quelque chose dans sa cellule et il avait le mobile et les moyens de se suicider », a-t-il dit.

Il s’est aussi moqué du fait qu’il a fallu des heures au personnel pour constater le suicide du millionnaire.

« Vous voulez donc dire que les membres du personnel sont restés assis à ne rien faire pendant quatre ou cinq heures ? Je n’y crois pas », estime-t-il.

Le procureur général William Barr a déclaré le 12 août que l’inspecteur général du ministère de la Justice (MJ) enquête sur la mort d’Epstein.

« J’ai été consterné, en fait tout le Département était franchement en colère d’apprendre que le MCC n’avait pas réussi à sécuriser ce prisonnier », a-t-il dit dans un communiqué. « Nous apprenons maintenant que de graves irrégularités ont été commises dans cet établissement. Cela est très préoccupant et exige une enquête approfondie », a-t-il ajouté.

« Nous irons au fond de ce qui s’est passé et il y aura des comptes à rendre. »

« Je peux vous assurer que cette affaire se poursuivra contre quiconque s’est rendu complice d’Epstein », continue Me Barr. « Les co-conspirateurs ne doivent pas se reposer sur leurs lauriers. Les victimes méritent justice et elles l’obtiendront. »

Au moment de sa mort, Epstein était détenu sans caution et risquait jusqu’à 45 ans de prison pour trafic sexuel et complot. Selon des documents judiciaires, Epstein a exploité sexuellement et maltraité des dizaines de filles mineures chez lui à New York et à Palm Beach, en Floride, entre autres endroits.

Un jour avant le suicide apparent d’Epstein, une cour d’appel fédérale a publié près de 2 000 pages de documents concernant Epstein et son ancienne petite amie, Ghislaine Maxwell. Les dossiers mentionnaient des hommes puissants qui auraient été impliqués dans le réseau de trafic de Jeffrey Epstein.

Des questions sur les liens d’Epstein avec les riches et les puissants – y compris Bill Clinton et des personnes à l’origine de sa richesse – circulent depuis un certain temps.

D’après le carnet de vol, Bill Clinton a volé 27 fois sur le jet personnel de J. Epstein.

Les documents publiés vendredi (dont certains peuvent être consultés ici (pdf) ici (pdf) concernaient un procès maintenant réglé contre l’ex-copine d’Epstein, Ghislaine Maxwell, par Virginia Giuffre.

La victime a affirmé qu’elle a été « forcée » d’avoir des relations sexuelles avec de nombreux hommes puissants du cercle d’Epstein, « dont de nombreux hommes politiques américains de premier plan, de puissants dirigeants d’entreprise, des présidents étrangers, un Premier ministre bien connu et d’autres dirigeants mondiaux », selon des documents judiciaires pdf.

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