Equateur: l’école en forêt pour les enfants des paysans sans terre

Par Epochtimes.fr avec AFP
2 décembre 2019 Mis à jour: 2 décembre 2019

La forêt humide du Choco Andino, dans le nord de l’Equateur, est un des joyaux de la biosphère mondiale, mais c’est aussi la salle de classe d’enfants de paysans sans terre, où les matières vont de l’observation de la faune à la protection de la flore.

Une fois par semaine, les enfants du hameau de Mashpi, qui ont entre 5 et 12 ans, délaissent crayons et cahiers pour se rendre à l’école en forêt de Pambiliño, nichée dans un domaine privé destiné à la protection de l’environnement.

Rio Mashpi et ses 30 élèves

« Ce sont des enfants d’agriculteurs pauvres qui ne peuvent cultiver que des terres éloignées » de chez eux, raconte Liliana Reyna, 30 ans, l’institutrice qui dirige l’école publique Rio Mashpi et ses 30 élèves.

Dans ce village de 150 habitants, les familles vivent dans de modestes maisons, parfois faites de bambou et de bois. Et, poursuit l’institutrice, « il y a des problèmes sociaux qui affectent la communauté toute entière, comme l’alcoolisme, la pauvreté et la dénutrition ».

-Un singe laineux brun saute sur une liane dans le parc national Yasuni, dans la province d’Orellana, en Équateur, le 11 novembre 2012. Photo PABLO COZZAGLIO / AFP via Getty Images.

Entourée d’une douzaine d’élèves venus assister à leur classe hebdomadaire en forêt, Maria Emilia Arcos, coordinatrice du projet, renchérit: « La réalité de Mashpi, c’est que ces paysans sont des sans-terre. C’est une communauté de colons où il n’existe pas de lien avec la terre, avec le territoire ».

Apprendre directement au contact de la nature

L’école en forêt a été créée il y a trois ans pour que les enfants puissent justement « apprendre directement au contact de la nature et non pas à travers les livres », ajoute-t-elle.

Pambiliño fait partie de la douzaine d’écoles en forêt du Choco Andino qui ont reçu l’aval du ministère équatorien de l’Education.

Les enfants arrivent à pied en trottant à travers les chemins boueux bordés d’une végétation luxuriante. Une fois arrivés, ils se répartissent en deux groupes: le premier décide d’aller barboter dans l’eau qui s’est accumulée dans des bassins naturels, le second se met aux fourneaux pour nourrir tout le monde.

-Une grenouille de dard Poison repose sur une feuille du parc national équatorien Yasuni, dans la province d’Orellana, en Équateur, le 11 novembre 2012. Photo PABLO COZZAGLIO / AFP via Getty Images.

Le lendemain, vendredi, c’est le jour des plus grands. Ils s’aventurent dans la forêt pour aller identifier les plantes puis jettent un coup d’œil aux clichés pris par le piège photographique qui permet d’observer le passage d’animaux sauvages.

Depuis son pas de porte, Leydi Gonzalez, 21 ans, est ravie. Son fils, dit-elle, « n’apprend pas que les mathématiques ou l’anglais, mais aussi comment vivre au milieu de la nature ».

Un laboratoire naturel

« Il apprend comment planter un arbre et combien les arbres sont importants dans nos vies. C’est un laboratoire naturel. Vivre dans la nature, c’est ce qu’il y a de mieux », s’enthousiasme-t-elle.

En 2018, l’Unesco a déclaré le Choco Andino réserve de biosphère. Le Choco Andino, qui s’étend sur 287.000 hectares et compte 20.000 habitants, dispose d’une rare diversité animale.

-Un écologiste bénévole détient, le 19 septembre 2017, des tortues écloses près de Volta do Bucho, dans l’ouest de l’Amazonie. Une équipe d’agents de protection de l’environnement bénévoles locaux aident à traquer, trouver et ensuite cacher les œufs de tortue aux braconniers afin que la population de tortues puisse grossir. Photo CARL DE SOUZA / AFP via Getty Images.

On y trouve notamment des ériones à robe noire, une espèce de colibris uniquement présente dans cette région, des ours à lunettes (en danger d’extinction), des coqs-de-roche (un oiseau), des olingos (un petit mammifère), des oncilles (un félin) et tout un éventail d’insectes et de reptiles.

« La relation des enfants avec l’école en forêt est magique parce qu’elle est totalement différente des leçons prodiguées en classe où on ne fait que leur dessiner les plantes. Ici, ils peuvent observer, toucher, expérimenter, cohabiter et apprendre à prendre soin de la nature », relève Liliana Reyna, l’institutrice.

La nature, abonde Maria Emilia Arcos, « c’est vraiment le meilleur espace ». « Quand un enfant est dans la forêt, son esprit est complètement ouvert et il est disposé à apprendre », dit-elle.

 

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