Equitation: Clavijo, le jeune voltigeur qui réveille la Colombie

Par afp
21 avril 2019 Mis à jour: 13 juillet 2019

Bluffant, brillant et créatif: à 19 ans, Juan Martin Clavijo réinvente la voltige, discipline équestre où l’athlète joue les acrobates sur un cheval au galop. Le Colombien, qui rêve de devenir docteur, a excellé en finale de Coupe du monde sur un thème dur, l’esclavage.

La posture droite, le regard franc, Clavijo s’exprime tout aussi bien en espagnol, en anglais ou en allemand. Il vient tout simplement de remporter samedi soir, au Cadre noir à Saumur, la prestigieuse finale de la Coupe du monde de voltige. A sa première participation.  Jamais dans l’histoire de l’équitation un Colombien n’avait performé à un tel niveau. Et dire qu’il n’en est pas à son premier coup d’essai ! En 2015, il est devenu le premier champion du monde junior avant de récidiver en 2017. Terre de foot et de vélo, la Colombie se réjouit.

« Pour la Colombie, c’est très important que je gagne. La voltige se développe un peu en Colombie mais personne ne sait vraiment ce que c’est encore », souligne à l’AFP le jeune athlète, qui s’est fait sauter au cou par des dizaines de fans à l’annonce de sa victoire. « Ce que je fais, c’est un mélange de gymnastique et de danse sur le dos d’un cheval », poursuit le Sud-Américain d’une rare souplesse et aux grandes qualités artistiques, à l’image de son programme avec lequel il entend « montrer la souffrance des esclaves ». 

Juan Martin Clavijo a découvert la voltige quand il avait 5 ans. Il a suivi sa sœur, de 3 ans son aînée et passionnée de cheval, dans un club de voltige tout à côté de leur maison.  « J’étais d’abord curieux et puis je suis tombé amoureux de ce sport », raconte le voltigeur, qui a tout appris avec le même cheval, acheté par sa mère mais qui est mort l’année dernière.

C’est désormais avec un nouvel équidé qu’il évolue, acheté en Suisse, là où il s’est posé cette saison pour découvrir une autre culture avant de rentrer chez lui cet été. « C’est l’un des rares voltigeurs qui existent sur cette planète qui arrive à comprendre la foulée d’un cheval en quelques secondes et retranscrire tout de suite ce qu’il veut faire », développe le champion du monde 2012, le Français Nicolas Andreani.

« On ne voyait pas du tout de Colombien avant lui. Depuis qu’il est là, il a réveillé la Colombie, qui a pris conscience que la voltige pouvait amener des médailles. La Colombie, c’est une nation sur laquelle il va falloir compter aux prochains Jeux équestres mondiaux », poursuit le triple vainqueur de la Coupe du monde.

La fédération colombienne d’équitation, qui n’avait jusque-là qu’une tête d’affiche, en saut d’obstacles, avec Carlos Martinez, a mis les moyens après la première médaille d’or en 2015 de Clavijo. Elle a notamment recruté la Française Sandra Tronchet.  A Saumur, ce sont 10 voltigeurs colombiens qui étaient engagés,  dont beaucoup d’enfants,  sur les quelque 120 que compte le pays.

Juan Martin Clavijo, qui pense déjà à une après-carrière comme chiropracteur, est leur modèle. « Vous pouvez donner un âne, une chèvre ou n’importe quel animal à 4 pattes à ce gamin, il en fera ce qu’il veut », souligne Andreani pour qui le jeune Colombien est l’un des deux voltigeurs au monde qui fera grandir la discipline, aux côtés du Français Lambert LeClézio, champion du monde en titre.

D.C avec AFP

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