Essonne : dénoncé par un voisin, un restaurateur devant la justice pour avoir organisé un déjeuner avec des habitués

Par Nathalie Dieul
4 mars 2021
Mis à jour: 4 mars 2021

Un appel anonyme aux gendarmes le 29 janvier a mis fin à un repas organisé par un restaurateur d’Auvernaux dans l’Essonne. Il avait invité une vingtaine d’habitués à un déjeuner. Convoqué au tribunal, il risque la fermeture administrative, ce qui ne serait pas sans conséquences pour ce petit village d’un peu plus de 300 personnes dont c’est le seul commerce.

« J’ai fait ça pour sauver mon établissement, mais aussi pour ces gens-là. J’ai des routiers, des maçons, des mécaniciens qui ont aussi besoin de manger, de voir du monde, de discuter », a expliqué à France 3 Stéphane Pinabel, propriétaire de la brasserie Le Village.

C’est un voisin qui a lâché un appel anonyme vers 14 h auprès des forces de l’ordre cette fameuse journée où le restaurateur recevait une vingtaine de clients à déjeuner dans l’arrière-salle de son établissement.

« J’ai empêché les gendarmes d’entrer dans la salle et en attendant qu’ils appellent des renforts, je me suis permis d’ouvrir la fenêtre pour faire sortir les clients », a expliqué le patron à RMC. « C’est le principe d’un radar. Si vous vous faites flasher, seul le chauffeur prend, pas les passagers. »

La stratégie de Stéphane Pinabel a fonctionné pour les clients : aucun d’eux n’a pu être identifié ni verbalisé par les gendarmes. Par contre, pour lui, c’est différent. Convoqué au tribunal pour « mise en danger de la vie d’autrui », il risque la fermeture administrative et la coupure des aides de l’État.

Le restaurateur assure pourtant avoir respecté les mesures sanitaires telles que la distanciation – vingt clients dans 90 mètres carrés et des tables espacées – et la mise à disposition de gel hydroalcoolique. Il n’admet pas l’appellation de « restaurant clandestin » : « Je récuse être un restaurant clandestin, illégal peut-être, mais pas clandestin. Je paye mes licences », a-t-il déclaré au média L’Hôtellerie-restauration qui l’attendait à la sortie de l’audience du 2 mars, alors que l’audience a été reportée.

« J’ai joué, j’ai perdu », assume Stéphane Pinabel, en entrevue au Parisien.

Le bar-brasserie étant le seul commerce du village, le restaurateur est inquiet pour la vie sociale de la commune en cas de fermeture, inquiet également pour les ouvriers, les maçons, agriculteurs et autres qui venaient prendre une pause au chaud le midi dans son établissement. « On parle beaucoup de ceux en télétravail. Mais eux ? Ils mangent sous la flotte ? Je pense aussi à ce retraité qui fait quarante bornes, tous les jours, pour voir du monde et déjeuner ici. Si on ferme, on risque de fermer bien plus qu’un restaurant », assure le patron de la brasserie.

« Ce restaurant, c’est l’âme du village », indique de son côté le maire d’Auvernaux. Adeline, une riveraine, remarque : « On a besoin de ça, cela manque à tout le monde. Il n’y a que ça ici. C’est en train de tuer l’âme du village. »

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