Essonne : des soignants agressés par des membres de la communauté des gens du voyage aux urgences de l’hôpital

Par Séraphin Parmentier
31 décembre 2019
Mis à jour: 31 décembre 2019

Violemment pris à partie par un homme issu de la communauté des gens du voyage accompagné de plusieurs individus le soir de Noël, le personnel soignant de l’hôpital d’Orsay juge la situation « inadmissible » et exige de pouvoir travailler en toute sécurité.

Les faits ont eu lieu dans la nuit du mardi 24 au mercredi 25 décembre à l’hôpital d’Orsay. Ce soir-là, un homme âgé de 36 ans issu de la communauté des gens du voyage accompagne son épouse aux urgences de l’hôpital.

Celle-ci se plaint de douleurs depuis plusieurs jours, mais les soins administrés ne sont pas assez efficaces aux yeux de son mari.

« Avec d’autres membres de sa famille, il n’arrêtait pas d’emprunter une porte réservée aux personnels. Un brancardier lui a fait la remarque, ce qui ne lui a pas plu. Selon lui, le traitement donné à sa femme n’était pas adapté, elle avait toujours mal », a expliqué Béatrice Bermann – directrice des ressources humaines du groupe hospitalier Nord Essonne (GHNE) qui gère l’établissement – dans les colonnes du Parisien.

Le ton monte et l’individu invective un infirmier, tandis que le brancardier tente de s’interposer.

« C’est à ce moment-là que les choses ont dégénéré. Il y a eu des échanges de coups, des griffures. Un autre infirmier, qui a voulu les séparer, s’est aussi pris des coups », relate Mme Bermann.

« Le monsieur me saute dessus, il m’agresse physiquement. Après, il court pour ressortir du service pour aller chercher ses autres collègues qui étaient en salle d’attente. Ils m’ont menacé, ils m’ont menacé de me saigner. C’était une scène d’horreur dans le service. J’ai dû me cacher dans un box, en sachant qu’il y avait des pompiers dans ces box », a raconté le soignant agressé aux journalistes de BFMTV.

Le mari de la patiente sort ensuite un couteau et menace de revenir l’utiliser. « Des sapeurs-pompiers, qui étaient sur place, sont aussi intervenus », explique la directrice des ressources humaines du GHNE.

Appréhendé par la police, le trentenaire sera placé en garde à vue. Déjà connu des forces de l’ordre, il a été convoqué devant la justice à la mi-janvier.

« Le personnel n’est pas là pour se faire agresser, mais pour soigner des gens »

Mais l’incident a bouleversé le personnel de l’hôpital d’Orsay. Contactée par l’une des infirmières du centre hospitalier, Réjane Thomasic – présidente du collectif européen des patients des hôpitaux publics et des résidents des Ehpad – estime qu’« il faut dénoncer ce qu’il s’est passé ».

« Elle m’a écrit pour me lancer un appel au secours. Le personnel n’est pas là pour se faire agresser, mais pour soigner des gens », ajoute-t-elle dans les colonnes du Parisien.

De son côté, Béatrice Bermann assure que la sécurité de l’hôpital fait partie des priorités de la direction.

« À partir du 1er janvier, nous aurons des vigiles qui resteront jusqu’à minuit. Un digicode a été installé sur la porte en question, il sera activé dans les prochains jours », détaille la directrice des ressources humaines.

Depuis l’agression, les soignants qui étaient de garde au moment des faits sont en arrêt maladie.

Sous le choc, le brancardier pris à partie ne sort plus de chez lui : « Je n’arrive toujours pas à me faire à cette scène qui s’est passée. On est là pour soigner des gens. On demande juste que les établissements soient sécurisés. En arriver jusque-là, c’est inadmissible. »

« L’hôpital ne peut pas porter plainte car nous n’avons pas subi de dommage, mais nos services seront auprès de notre personnel dans toutes leurs démarches. Le médecin et le psychologue du travail seront aussi à leur côté », conclut Mme Bermann.

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