Les États-Unis accusent un professeur de Harvard et deux chercheurs d’avoir aidé le régime chinois

Par Eva Fu
30 janvier 2020
Mis à jour: 30 janvier 2020

Les autorités fédérales ont accusé un professeur de Harvard, un militaire chinois et un chercheur chinois, dans trois affaires sans liens, d’infractions liées à l’aide au régime chinois, a annoncé le 28 janvier le ministère de la Justice.

Dans un cas, Charles Lieber, directeur du département de chimie et de biologie chimique de l’université Harvard, a été arrêté le 28 janvier à son bureau pour avoir prétendument menti sur le financement qu’il avait reçu du régime chinois.

Le même jour, un responsable militaire chinois a été accusé de s’être faussement identifié comme « étudiant » dans sa demande de visa pour les États-Unis, et d’avoir menti sur son service militaire en cours.

Les procureurs fédéraux ont également annoncé les charges retenues contre un chercheur chinois sur le cancer qui a été arrêté dans un aéroport de Boston en décembre 2019 pour avoir prétendument tenté de faire sortir clandestinement des flacons d’échantillons biologiques.

Professeur à Harvard

Un professeur de Harvard spécialisé dans les nanosciences, Charles Lieber âgé de 60 ans, aurait participé pendant des années au « Plan des Mille Talents » financé par l’État chinois tout en travaillant sur des recherches américaines sensibles, ont déclaré les procureurs.

Le programme de recrutement chinois vise à attirer des experts de haut niveau dans le monde entier et a « récompensé des individus pour avoir volé des informations exclusives et violé les contrôles à l’exportation », a déclaré l’acte d’accusation.

Le chercheur a reçu plus de 15 millions de dollars (près de 14 millions d’euros) de financement des Instituts nationaux de la santé (NIH) et du ministère de la Défense depuis 2008, selon le document. La divulgation du soutien étranger fait partie des conditions requises pour recevoir ce financement fédéral.

« L’argent en provenance de Pékin est toujours assorti de conditions », a déclaré le sénateur Ben Sasse (R-Nebraska), membre de la commission sénatoriale spéciale sur le renseignement, dans une déclaration faisant suite à l’annonce des accusations portées contre Charles Lieber, ajoutant qu’« il est important que les Américains évitent d’aider les auteurs de violations des droits de l’homme au sein du Parti communiste chinois ».

« Le Parti communiste chinois travaille dur pour devenir la superpuissance mondiale prééminente, et le programme ‘Mille talents’ est conçu pour donner à la Chine un avantage économique et militaire en passant des contrats avec des scientifiques du monde libre et en volant leurs recherches », a déclaré M. Sasse le 28 janvier.

Charles Lieber a commencé à travailler avec l’université de technologie de Wuhan (WUT) en tant que « scientifique stratégique » en 2011, et a participé au programme Mille talents de 2012 à 2017 en tant que participant contractuel, a déclaré l’acte d’accusation.

Le contrat lui donnait droit à un salaire de 50 000 dollars (45 396 euros) par mois avec des frais de subsistance pouvant atteindre 1 million de yuans (143 452 euros) sur trois ans. En échange, Charles Lieber devait travailler pour le WUT au moins neuf mois par an, mener et publier des recherches pour le WUT. Il devait établir la crédibilité d’environ quatre à six universitaires et doctorants au total et faire venir un à trois scientifiques de haut niveau en tant que chercheurs invités.

En janvier 2013, Charles Lieber a signé un accord pour un « programme de recherche coopérative » de cinq ans au nom de Harvard – sans consulter les responsables de Harvard – permettant aux chercheurs du WUT de visiter son département à Harvard pendant deux mois chaque année, selon la plainte. L’objectif de l’accord était d’encourager la recherche avancée sur les batteries lithium-ion à base de nanofils pour les véhicules électriques. Les représentants de Harvard ont déclaré aux enquêteurs qu’il n’avait pas l’autorité nécessaire pour conclure de tels contrats.

Il a également reçu 1,5 million de dollars (1,36 millions d’euros) pour la mise en place d’un laboratoire de recherche commun à la WUT en utilisant le nom et le logo de Harvard à l’insu de cette dernière, ce qui constitue une violation de la politique de l’institution scolaire, selon le document. Face aux responsables de Harvard, il a menti en disant que le WUT avait agi sans son consentement.

Selon la plainte, Charles Lieber a nié tout engagement avec le programme « Mille Talents » lorsque les enquêteurs du ministère de la Défense l’ont interrogé sur la divulgation de ses recherches à l’étranger en avril 2018. Il a déclaré qu’on ne lui avait jamais demandé de rejoindre le programme, mais qu’il « n’était pas sûr » de la façon dont la Chine l’avait classé.

Travail secret pour Pékin

Il a ensuite envoyé un courriel à son associé pour lui dire qu’il avait « perdu beaucoup de sommeil en s’inquiétant » de la page web chinoise, où il était mentionné comme directeur du laboratoire, ajoutant qu’il « fera attention à ce dont je discuterai avec l’Université Harvard » et que « rien de tout cela ne sera partagé avec les enquêteurs du gouvernement ».

Selon la plainte, à la suite d’une enquête similaire du NIH, Charles Lieber a fait en sorte que Harvard dise à tort au NIH qu’il « n’avait aucune association formelle avec WUT » et qu’il n’avait jamais participé au programme Mille Talents.

Deux chercheurs chinois inculpés

Yanqing Ye, un lieutenant de l’Armée populaire de libération, a également été inculpée le même jour pour fraude au visa.

La plainte fédérale indique que Yanqing Ye, étudiante en échange à l’université de Boston d’octobre 2017 à avril 2019 sous le parrainage du gouvernement chinois, n’a pas révélé son service militaire continu lors de sa demande de visa.

Pendant son programme d’échange, Yanqing Ye a continué à remplir « de nombreuses missions » pour l’armée chinoise, notamment la récupération de renseignements militaires américains et l’envoi de documents américains en Chine, selon l’acte d’accusation.

Yanqing Ye a été accusée d’avoir menti sur ses antécédents militaires dans une demande de visa et d’avoir menti à un agent du FBI. Elle a également agi en tant qu’agent chinois – elle se trouve actuellement en Chine.

Les enquêteurs fédéraux ont également inculpé Zheng Zaosong, un autre chercheur en médecine de Harvard originaire de Chine, pour avoir prétendument tenté de faire sortir clandestinement des spécimens de recherche biologique des États-Unis.

D’août 2018 à décembre 2019, Zheng Zaosong a travaillé au laboratoire Wenyi Wei du Beth Israel Deaconess Medical Center de Harvard, où il a mené des recherches sur la pathologie du cancer et les cellules cancéreuses.

Il a été arrêté le 9 décembre avant de monter à bord d’un vol à destination de Pékin à l’aéroport international Logan de Boston, avec 21 flacons de matériel biologique volés au laboratoire, selon le document du tribunal.

Les agents ont trouvé les flacons enveloppés dans du plastique et cachés dans une chaussette. L’analyse du laboratoire a permis de trouver de l’ADN dans les échantillons, que Zheng Zaosong a admis avoir volé, afin de faire avancer ses recherches dans son laboratoire basé en Chine et de publier un article à son nom.

L’agent du FBI de Boston Joseph Bonavolonta, en annonçant les accusations, a déclaré que les trois individus sont des « manifestations de la menace chinoise ».

« Aucun pays ne représente une menace plus grande, plus grave ou à aussi long terme pour notre sécurité nationale et notre prospérité économique que la Chine », a-t-il déclaré. « L’objectif du régime communiste chinois, en termes simples, est de remplacer les États-Unis en tant que superpuissance mondiale, et ils enfreignent la loi pour y parvenir. »

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