États-Unis: la députée Ocasio-Cortez veut abolir les prisons

Par Victor Westerkamp
8 octobre 2019 Mis à jour: 8 octobre 2019

La députée Alexandria Ocasio-Cortez a appelé à l’abolition de la prison dans une série de tweets provoquant des froncements de sourcils parmi les commentateurs politiques conservateurs.

« L’incarcération de masse est notre réalité américaine », a déclaré Mme Ocasio-Cortez dans un flux de tweets le lundi 7 octobre. « C’est un système dont la logique a évolué à partir de la même lignée que Jim Crow, l’apartheid américain et l’esclavage. Pour y mettre fin, nous devons changer. Cela signifie que nous devons avoir une vraie conversation sur la décarcération et l’abolition des prisons dans ce pays. »

« Une cage est une cage. Et les humains n’ont rien à y faire », a-t-elle ajouté dans un tweet de suivi.

« Tout d’abord, de nombreuses personnes incarcérées ou en prison n’ont rien à y faire », a écrit Mme Ocasio-Cortez. « Qu’il s’agisse de peines punitives pour possession de marijuana ou de peines d’emprisonnement pour leur pauvreté et la libération des riches par des systèmes comme la caution en espèces, nous incarcérons à tort beaucoup, beaucoup trop de gens. »

Mme Ocasio-Cortez a mentionné la marijuana comme l’une des principales raisons pour lesquelles les gens se retrouvent en prison. En fait, les personnes incarcérées pour possession de drogue comptraient pour moins de 4 % des contrevenants au niveau de l’État et moins de 1 % des contrevenants sous responsabilité fédérale, selon les statistiques du Bureau de la justice – un nombre négligeable.

Elle a également envisagé comment cela prendrait forme à l’avenir : « Notre processus législatif signifie que nous trouvons des solutions ensemble, et dans tous les cas, nous devrions travailler pour que notre système carcéral soit beaucoup plus petit qu’il ne l’est aujourd’hui.

Traduction : [Je sais que le terme « abolition de prison » est en train de briser le cerveau de certaines personnes. La droite panique déjà.

Pourtant, les États-Unis incarcèrent plus que partout ailleurs dans le monde.

Nous avons plus qu’assez de place pour fermer bon nombre de nos prisons et explorer des solutions de rechange à l’incarcération.]

L’abolition des prisons est à l’ordre du jour des socialistes démocrates des États-Unis, un Parti politique de gauche dont Ocasio-Cortez est membre. Ils ont adopté la résolution #45 en 2019 préconisant la formation d’un « Groupe de travail sur l’abolition de la police et des prisons » avant la fin de 2019.

Les abolitionnistes sont en faveur du remplacement des prisons par des programmes de « justice réparatrice » et d’aide sociale. L’intention est de s’attaquer aux « causes profondes » de la criminalité.

Non seulement Mme Ocasio-Cortez veut que les prisons soient abolies, mais plus tôt cette année, Epoch Times a rapporté qu’elle veut aussi supprimer le département de la Sécurité intérieure des États-Unis (DHS).

Mme Ocasio-Cortez dit qu’elle veut que le DHS soit aboli

Alexandria Ocasio-Cortez (D-N.Y.) a déclaré dans une interview cette semaine qu’elle était en faveur de la fin du ministère de la sécurité intérieure (DHS).

La congressiste de première année a fait ces remarques lors d’une apparition à l’émission The New Yorker Radio Hour avec David Remnick alors qu’elle discutait de ses commentaires passés au sujet de sa demande d’élimination des services d’immigration et de douane (United States Immigration and Customs Enforcement (ICE)).

« Ainsi, je pense que cela signifie, par exemple, que l’ICE n’est pas sous la tutelle du ministère de la Justice, mais sous celle du ministère de la Sécurité intérieure », a déclaré Mme Ocasio-Cortez lors de l’entretien.

« Voudriez-vous vous débarrasser de la Sécurité Intérieure aussi ? », demanda Remnick.

« Je pense que oui. Je pense que oui », répondit la congressiste de première année. « Je pense que nous devons réparer les erreurs flagrantes que l’administration Bush a commises. »

« J’ai l’impression qu’il s’agit d’une position très qualifiée et soutenue, du moins en termes d’arguments et pour ce qui est de pouvoir faire valoir que nous n’aurions jamais dû créer le DHS au début des années 2000 », a-t-elle ajouté.

Le DHS a été créé après les attentats du 11 septembre 2001 en tant que « stratégie nationale globale visant à protéger le pays contre le terrorisme et à réagir à toute attaque future », selon le site Web du ministère.

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