Une étudiante de l’Université de Californie invente « accidentellement » une batterie rechargeable qui dure 400 ans

5 avril 2019 Mis à jour: 5 avril 2019

Une étudiante de l’Université de Californie à Irvine (UCI) aurait peut-être trouvé un moyen de mettre fin pour de bon aux inconvénients de la recharge de batteries de téléphone. Et ce n’est que la pointe de l’iceberg des bénéfices que cette découverte pourrait apporter à la société. En plus du téléphone, le monde serait différent si les batteries de voiture ne devaient plus être remplacées, sans compter les utilisations qui pourraient en découler dans le domaine de l’exploration spatiale. La technologie est l’ultime passeport.

Grâce à Mya Le Thai, une doctorante cherchant à développer de meilleures batteries rechargeables à nanofils, une batterie qui dure toute la vie est sur le point de devenir une réalité. En théorie, la batterie qu’elle a développée pourrait durer des siècles – jusqu’à 400 ans.

Illustration – pexels | rawpixel.com

Elle a fait cette découverte en étudiant les propriétés des nanofils d’or pour les piles commerciales. Généralement, les filaments d’or perdent leur intégrité (et la batterie s’épuise) au bout de 5 000 à 6 000 cycles de recharge – « tout au plus sept mille [cycles] », a ajouté Reginald Penner, chef du département de chimie, qui a qualifié de « folie » la découverte de Mya Le Thai.

Les nanofils sont des milliers de fois plus minces qu’un cheveu humain et l’augmentation de la surface du fil microscopique permet une plus grande capacité de stockage et de transfert des électrons. Les chercheurs essaient d’utiliser cette matière depuis longtemps.

En revêtant le nanofil d’or d’un gel électrolytique particulier, Mya a pu créer un circuit qui a résisté à un sans précédent 200 000 cycles de charge sur trois mois d’essais, pendant lesquels il n’y a eu aucune perte de performance et aucun nanofil n’a été cassé par l’utilisation répétée. Mya était simplement en train de « s’amuser » lorsqu’elle a fait la découverte de l’application du gel, a dit M Penner.

(Video courtesy of Maryland Nanocenter)

Avec une capacité de charge au delà de toute mesure, l’invention de Mya pourrait aboutir à une batterie commerciale qui n’a jamais besoin d’être remplacée. Elles pourraient être utilisées pour tout alimenter – des ordinateurs aux téléphones, des voitures et appareils électroménagers aux engins spatiaux.

Toutefois, l’invention n’en est encore qu’à ses débuts. Les chercheurs de l’UCI ne savent toujours pas pourquoi le gel électrolytique préserve le nanofil d’or même en cas d’utilisation intensive. En même temps, ils cherchent des options moins coûteuses que l’or, selon Business Insider.

En attendant, nous allons devoir continuer à endurer les trois recharges par jour de nos téléphones, alors qu’ils n’ont que moins d’un an… Rêvant du jour où les chargeurs de téléphone soient mis au rancard, à l’instar des vieux lecteurs CD, disquettes et téléphones à rabat.

L’avenir des nanotechnologies

Étant donné les incroyables [applications] potentielles des nanotechnologies, les gouvernements ont dépensé des milliards d’euros dans le domaine de la recherche et du développement de cette filière. Ce secteur fait appel à la manipulation directe d’atomes et de molécules visant à produire des produits microscopiques. Ces produits ouvrent la porte à des propriétés physiques qui ne seraient pas possibles à une échelle macro. Outre la possibilité de concevoir des micro-ordinateurs superpuissants et des batteries qui durent une éternité, d’uniques compositions chimiques ont déjà été développées. D’ailleurs, vous connaissez déjà sans doute les solutions de pulvérisation rendant les bottes, les vêtements ou les voitures imperméables à tout type d’éclaboussures – boue, encre et vin.

Alors que la nanotechnologie nous a procuré de nombreux gadgets pratiques, son potentiel de développement semble illimité. Les scientifiques explorent déjà des applications médicales et électroniques qui pourraient révolutionner les secteurs de la médecine et de l’énergie. Toutefois, la prudence reste de mise : passant des micro-plastiques qui polluent l’environnement aux micro-robots qui pénètrent le corps humain, on sait que le développement technologique irresponsable peut conduire à des effets inattendus et parfois néfastes.

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