Exercer votre gratitude peut avoir un impact énorme sur votre bien-être

Par Louise Bevan
20 octobre 2019 Mis à jour: 20 octobre 2019

Ces dernières années, les étagères empilées des magasins des grandes rues commerciales ont reflété une tendance croissante d’un accessoire en faveur du bien-être : le « journal de gratitude ». Cependant, loin d’être une mode passagère, le mouvement de gratitude tient peut-être un aspect qui pourrait avoir des avantages considérables dans nos vies.

En fait, les chercheurs ont découvert que la pratique de la gratitude peut avoir un impact énorme sur le bien-être d’une personne. Ce qui est peut-être plus intéressant encore, c’est que les personnes qui prennent le temps d’être reconnaissantes se sont montrées plus généreuses et davantage capables d’établir des relations avec leurs semblables. De plus, ils adoptent même des comportements plus altruistes.

Illustration – Shutterstock | William Perugini

Au cours des dernières années, un certain nombre de psychologues et de neuroscientifiques ont commencé à établir des liens entre la gratitude et la générosité, et leurs découvertes vous donneraient envie de débuter votre propre journal.

Mais en quoi le fait d’être reconnaissant est-il relié au désir d’une personne d’aider et de donner aux autres ?

Expliquer le lien entre gratitude et générosité

Christina Karns, neuroscientifique et psychologue à l’université de l’Oregon, États-Unis, a consacré beaucoup d’attention à une voie neuronale commune pour la gratitude et la générosité, dans le cerveau humain.

Christina Karns a mené une étude en 2017, où l’expression de la générosité, ou « altruisme pur neuronal » chez de jeunes participantes féminines, a été constatée par des examens d’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle  (IRMf). Ensuite, Christina s’est demandé si l’altruisme pur pouvait ou non être augmenté par la pratique de la gratitude.

Christina et ses collègues ont d’abord interrogé leurs participantes, afin de se faire une idée de la fréquence à laquelle elles se sentaient reconnaissantes et à quel point elles étaient soucieuses du bien-être des autres. Ils ont été relativement peu surpris par les résultats ; plus les gens étaient reconnaissants, plus ils avaient tendance à être altruistes.

Illustration – Shutterstock | ALPA PROD

Vint ensuite le rôle de l’IRMf. Christina et ses collègues ont soumis leurs participantes à une expérience de « don » ; les participantes ont vu un ordinateur transférer de l’argent réel par deux fois, une fois dans leur propre compte bancaire, et une fois dans le compte bancaire d’une banque alimentaire locale.

Les neuroscientifiques ont enregistré l’activité du cortex préfrontal ventromédian du cerveau (CPFvm) alors qu’ils montraient les vidéos du don et de la réception de fonds durant les transferts bancaires volontaires et involontaires.

Le CPFvm est une partie instrumentale du cerveau dans le jugement du risque et de la peur, ainsi que dans l’évaluation cognitive de la moralité. Si une participante présentait une réponse plus forte dans le CPFvm après avoir été témoin de dons de charité, cela veut dire qu’elle se sentait bien de voir la banque alimentaire gagner des fonds.

En d’autres termes, elles faisaient preuve d’un « pur altruisme » de manière plus prononcée.

Illustration – Shutterstock | Donna Beeler

L’étude de Christina s’est poursuivie en séparant au hasard les participantes en formant un groupe où les gens rédigeaient un journal de gratitude et un autre groupe de contrôle à écriture neutre, afin de voir si la tenue d’un journal de gratitude pouvait améliorer leur niveau de « pur altruisme ».

Ça a marché. Les résultats de l’IRMf du groupe ayant fait le journal de gratitude ont révélé que les cortex préfrontal ventromédial des participants avaient littéralement appris à attribuer une plus grande valeur aux dons de charité qu’à recevoir de l’argent, comparativement à leurs pairs du groupe de contrôle d’écriture neutre.

Comment devenir une personne plus généreuse

Le cerveau humain est extraordinairement adaptable. C’est la raison pour laquelle les personnes qui souffrent des conséquences d’accidents dévastateurs, de maladies ou d’une perte d’une faculté ou d’un de leurs cinq sens peuvent si bien se rétablir, ou compenser.

De la même manière, les adultes peuvent éduquer volontairement leur cerveau pour apprendre de nouvelles compétences et améliorer de façon exponentielle la qualité de leur vie.

Illustration – Shutterstock | Kristina Kokhanova

Mettre en pratique la gratitude pourrait avoir de nombreux avantages, non seulement pour la personne engagée dans cet acte, mais aussi pour ses amis, sa famille et sa communauté. Selon la faculté de médecine de Harvard, la gratitude aide les gens à vivre plus facilement des émotions positives, à composer avec l’adversité, à établir des relations solides, à demeurer optimistes, à faire plus d’exercice et même à rendre visite moins fréquemment au médecin pour des problèmes de santé physiques.

Selon une étude psychologique réalisée en 2012, les nouvelles habitudes commencent à devenir une seconde nature en aussi peu que huit semaines, de sorte que l’intégration de la gratitude dans votre vie quotidienne pourrait être plus facile qu’il n’y paraît.

Mais comment exactement cultive-t-on la gratitude ? Voici quelques étapes :

Illustration – Unsplash | Green Chameleon

Tenez un journal : Tout comme dans l’étude de Christina, le fait de tenir un compte rendu quotidien en écrivant des choses pour lesquelles vous êtes reconnaissant contribue à perpétuer l’élan vers la gratitude.

Expérimentez, n’accumulez pas : Une étude réalisée en 2016, a révélé que les achats expérientiels comme les voyages, les sorties au restaurant ou les visites au théâtre inspirent plus de gratitude que les achats matériels comme les vêtements, les bijoux et les meubles.

Les gens, semble-t-il, sont plus reconnaissants pour ce qu’ils ont fait que pour ce qu’ils possèdent réellement. Le déplacement des dépenses matérielles vers la consommation expérientielle, pourrait améliorer la vie d’une personne, ainsi que la vie des gens qui l’entourent.

Ajustez votre langage : Selon le centre de recherche Greater Good Science Center de l’Université de Berkeley, les gens reconnaissants incluent le langage de gratitude dans leur vocabulaire. Parler quotidiennement de cadeaux, de donateurs, de la fortune et de l’abondance aiderait une personne à penser à la vie quotidienne en ces termes.

Travaillez avec d’autres personnes moins fortunées que vous : Les personnes qui poursuivent des rôles altruistes de bénévoles profitent d’une double opportunité. Cela leur permet de redonner à leur communauté et sont exposées sans limite à des occasions de prendre conscience d’à quel point elles sont bénies comparativement à des gens qui font face à des besoins plus grands.

Sans compter que la gratitude cultivée par un comportement altruiste deviendra la motivation dont une personne a besoin pour continuer à aider les autres, à long terme.

Il vaut la peine d’être dans la gratitude – la science le dit – et cela pourrait très bien changer votre vie.

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