Un expert : « Le commerce grotesque » du régime chinois impliquant des organes humains doit prendre fin

Par FRANK FANG ET EVA FU
30 juillet 2021
Mis à jour: 31 juillet 2021

Les étrangers qui s’aventurent en Chine pour recevoir des transplantations d’organes vitaux ne savent peut-être pas qu’ils alimentent un « commerce grotesque » impliquant le meurtre à grande échelle de prisonniers de conscience innocents.

C’est ce qu’affirme l’ancien député canadien David Kilgour, coauteur de Bloody Harvest : Organ Harvesting of Falun Gong Practitioners in China (prélèvements meurtriers), qui s’est exprimé lors d’un séminaire en ligne organisé le 28 juillet par l’Anticommunism Action Team (ACAT).

Dans un exemple hypothétique que David Kilgour a donné, un patient gravement malade à New York pourrait s’adresser à un courtier en organes pour réserver une transplantation, puis se retrouver dans un avion pour Shanghai. Quelqu’un lui prélève du sang et, en peu de temps, un donneur du même groupe sanguin est trouvé et le patient apprend qu’il recevra bientôt un nouvel organe vital d’un « donneur volontaire ».

À l’insu du patient, il y a de fortes chances que l’organe provienne d’un prisonnier d’opinion qui a subi un traitement inhumain sous le régime communiste chinois.

« Parmi les quelque 200 pays actuels, il n’y en a qu’un seul, la République populaire de Chine, où le prélèvement d’organes est géré par le gouvernement de l’État », a déclaré Me Kilgour. « Le système est géré par le gouvernement pour le bénéfice du gouvernement et des personnes qui font les opérations. »

La persécution des prisonniers de conscience par la Chine est à l’origine de son opération à l’échelle industrielle impliquant des centaines d’hôpitaux pour fournir des organes prélevés de force au marché de la transplantation. M. Kilgour a déclaré que ce « commerce grotesque » devait prendre fin, et il a ajouté que le gouvernement américain et tous les autres gouvernements responsables devaient agir.

« Si d’autres démocraties faisaient preuve d’un plus grand engagement envers nos valeurs fondamentales, ce commerce méprisable […] prendrait fin, je pense, plus rapidement », a déclaré M. Kilgour.

Il a fait quelques suggestions, notamment l’application des sanctions Magnitsky à l’égard des responsables du Parti communiste chinois (PCC) responsables des prélèvements d’organes.

« Tout accord avec la Chine, sur quelque sujet que ce soit, doit inclure l’insistance sur l’arrêt immédiat de cette pratique barbare, associée à un mécanisme permettant de vérifier cet arrêt », a ajouté M. Kilgour.

Pendant des décennies, le régime chinois s’est approvisionné en organes de prisonniers exécutés avant d’annoncer que ces pratiques prendraient fin en janvier 2015. Désormais, Pékin affirme s’appuyer sur un système de dons volontaires pour les transplantations d’organes du pays.

Cependant, un tribunal populaire basé à Londres a réfuté l’affirmation du PCC, dans un rapport de 2019. Il a conclu que la pratique déclarée et sanctionnée du prélèvement forcé d’organes se produisait à une « échelle significative » en Chine, les pratiquants de Falun Gong étant la principale source d’organes.

Les pratiquants de Falun Gong, une pratique spirituelle ancestrale de méditation, impliquant des enseignements moraux et des exercices de méditation doux, ont été la cible de persécution par le régime chinois depuis 1999. Depuis lors, des millions de pratiquants de Falun Gong ont été détenus dans des prisons, des camps de travail, des hôpitaux psychiatriques et d’autres centres de détention en Chine.

Jennifer Zeng, pratiquante de Falun Gong, animatrice sur YouTube et collaboratrice de l’édition anglaise d’Epoch Times, a également pris la parole lors du séminaire en ligne. Elle a décrit comment elle a failli être victime des prélèvements d’organes de la Chine alors qu’elle était détenue dans un camp de travail au début des années 2000 en raison de ses convictions.

Mme Zeng s’est souvenue qu’elle et d’autres pratiquants de Falun Gong étaient soumis à des contrôles physiques répétés, notamment des radiographies et des analyses de sang. Elle dit n’avoir jamais eu de nouvelles des résultats des tests et, à l’époque, elle s’est interrogée sur l’argent et les efforts consacrés à ces examens.

Ce n’est qu’après 2006, année où sont apparues les premières allégations de prélèvements forcés d’organes sur des pratiquants de Falun Gong détenus, qu’elle a réalisé que les examens physiques étaient effectués pour constituer une base de données d’organes vivants et qu’elle avait « échappé de justesse » à devenir une victime de prélèvement d’organes.

Selon Mme Zeng, ses organes n’ont pas été prélevés parce qu’elle a dit aux médecins, pendant son emprisonnement, qu’elle avait l’hépatite C, ce qui l’aurait rendue inapte à être un donneur d’organes. Elle a fui la Chine en 2001 pour l’Australie, et elle vit maintenant aux États-Unis.

Le fondateur de l’ACAT, Chris Wright, a déclaré lors du webinaire que les gens peuvent agir pour « s’assurer que les États-Unis seront plus âpres à combattre et non complices de la pratique odieuse du prélèvement forcé d’organes ».

L’une de ces actions consiste à signer une pétition en ligne appelant le Congrès à approuver rapidement une législation qui combat le prélèvement forcé d’organes et la traite des êtres humains. Deux projets de loi allant dans ce sens ont été présentés en mars.

Si elle est approuvée, la législation autorisera le gouvernement américain à refuser ou à révoquer les passeports des personnes qui se livrent à l’achat illégal d’organes. Elle interdirait également l’exportation par les États-Unis de dispositifs de chirurgie de transplantation d’organes vers des entités étrangères associées à ce crime.

« Ils recherchent davantage de co-sponsors pour les projets de loi de la Chambre et du Sénat », a déclaré M. Wright.

Le projet de loi du Sénat (S.602) a été présenté par Tom Cotton (Parti républicain, Arkansas) et Chris Coons (D-Del.), tandis que le projet de loi de la Chambre (H.R.1592) a été présenté par Chris Smith (Parti républicain, New Jersey) et est maintenant coparrainé par 17 républicains et deux démocrates.

« Parlez donc à votre représentant du coparrainage », a déclaré M. Wright.

Il faut prendre l’initiative.

 

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