Les experts de l’ONU sont « extrêmement alarmés » par les informations sur les prélèvements forcés d’organes en Chine

Par Tom Ozimek
16 juin 2021
Mis à jour: 17 juin 2021

Une dizaine d’experts des droits de l’homme affiliés aux Nations unies ont déclaré lundi dernier être bouleversés et horrifiés par ce qu’ils ont qualifié d’informations crédibles sur les prélèvements forcés d’organes par le régime communiste chinois – des prélèvements qui ciblent les minorités religieuses et ethniques.

Les experts – notamment les rapporteurs spéciaux du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH) et les membres d’un groupe de travail sur la détention arbitraire – ont été « extrêmement alarmés par les rapports sur les ‘prélèvements d’organes’ qui viseraient des minorités, dont des pratiquants de Falun Gong, des Ouïghours, des Tibétains, des musulmans et des chrétiens qui sont détenus en Chine », a annoncé dans un communiqué cette organisation de l’ONU basée à Genève.

« Les prélèvements forcés d’organes en Chine viseraient des minorités ethniques, linguistiques ou religieuses spécifiques placées en détention à différents endroits, souvent sans qu’on leur explique les raisons de leur arrestation ni qu’on leur remette des mandats d’arrêt », ont déclaré les experts dans une déclaration commune. « Nous sommes profondément préoccupés par les informations faisant état d’un traitement discriminatoire des prisonniers ou des détenus en raison de leur origine ethnique, de leur religion ou de leur croyance. »

Les experts, qui ne sont liés à aucun gouvernement ou organisation et qui travaillent dans le cadre du système des droits de l’homme de l’ONU en tant que spécialistes indépendants, ont formulé leur opinion sur la base de ce que le HCDH a appelé des « informations crédibles ». En particulier, certaines catégories de détenus en Chine étaient soumises de force à des analyses de sang et à des examens d’organes. Les résultats de ces examens – qui comprennent des échographies et des radiographies – seraient enregistrés dans une base de données d’organes vivants, qui sert à identifier leur compatibilité avec ceux de receveurs potentiels d’organes en vue de transplantations, a indiqué le HCDH.

« D’après les informations reçues, les organes les plus couramment prélevés sur les prisonniers seraient les cœurs, les reins, les foies, les cornées et, plus rarement, des parties de foie », ont précisé les experts.

Selon le HCDH, les experts ont déjà soulevé cette question auprès des autorités chinoises en 2006 et 2007, mais la réponse qu’ils ont reçue ne contenait pas de données essentielles telles que les délais d’attente pour trouver et attribuer les organes compatibles ou la provenance des organes.

« Malgré le développement graduel d’un système de don d’organes volontaire, de nouvelles informations continuent d’apparaître sur de graves violations des droits de l’homme dans l’obtention d’organes pour des transplantations en Chine », ont constaté les experts.

L’organisation des Nations unies a expliqué que l’absence de contrôle indépendant du consentement des personnes en détention sur le prélèvement de leurs organes constituait une préoccupation persistante. Le HCDH a appelé le régime chinois à « répondre rapidement aux informations sur les ‘prélèvements d’organes’ et autoriser une surveillance indépendante effectuée par les mécanismes internationaux de défense des droits de l’homme ».

Le « Palais des Nations » – siège des organisations des Nations unies à Genève, le 4 septembre 2018 (Fabrice Coffrini/AFP via Getty Images)

Parmi les experts figuraient Siobhán Mullally, Rapporteuse spéciale sur la traite des êtres humains ; Fernand de Varennes, Rapporteur spécial sur les questions relatives aux minorités ; Ahmed Shaheed, Rapporteur spécial sur la liberté de religion ou de conviction ; et Nils Melzer, Rapporteur spécial sur la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants. Les Rapporteurs spéciaux font partie du plus grand corps d’experts indépendants du système des droits de l’homme de l’ONU.

Des informations selon lesquelles des personnes agissant pour le compte du régime chinois prélèvent de force des organes vitaux sur des détenus vivants – et tués lors de cette opération – pour alimenter la lucrative industrie des transplantations gérée par l’État chinois, sont apparues pour la première fois en 2006.

Depuis lors, de nombreuses preuves ont été présentées dans un grand nombre de rapports et de témoignages, dont un jugement rendu par le tribunal indépendant présidé par Sir Geoffrey Nice, qui a précédemment dirigé à La Haye le procès pour crimes de guerre contre l’ancien président yougoslave Slobodan Milosevic.

En mars 2020, ce « China Tribunal », basé à Londres, a conclu que des prélèvements forcés d’organes se produisaient en Chine depuis des années « à une échelle importante » et que les pratiquants de Falun Gong en détention, reconnus pour leur corps en bonne santé, étaient la « principale source » d’organes humains. Le rapport du tribunal a également noté que d’autres groupes minoritaires tels que les Ouïghours, les bouddhistes tibétains et les chrétiens des églises clandestines chinoises sont également victimes de ces atrocités.

Le Falun Gong est une discipline traditionnelle chinoise de développement physique et spirituel qui comprend des exercices, la méditation et le travail sur soi fondé sur les valeurs d’authenticité, de bonté et de patience. Il y a 22 ans, le régime communiste chinois a lancé une campagne visant à éradiquer cette pratique devenue très populaire en Chine et a soumis plus de 70 millions de pratiquants au harcèlement, à la détention, au travail forcé, à la torture et au prélèvement forcé d’organes.

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