Pour expulser un seul migrant, un avion de 180 places vides est arrivé à Rennes depuis Londres

Par Léonard Plantain
10 octobre 2020
Mis à jour: 10 octobre 2020

Jeudi 1er octobre, un homme originaire du Soudan a été rapatrié à Rennes depuis la Grande-Bretagne, en vue d’une expulsion pour avoir traversé illégalement la Manche. Un détail cependant a fait réagir : l’homme, âgé de 27 ans, était le seul passager pour un avion de 180 places.

Seul à bord, Ismail, un migrant soudanais expulsé d’Angleterre, est arrivé à Rennes depuis Londres dans un avion de 180 places. Prévenus par une association calaisienne, une dizaine de militants rennais du MRAP (Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples), sont venus l’accueillir jeudi 1er octobre à l’aéroport, relate Ouest-France.

Une opération « très coûteuse en empreinte carbone et en argent public », déplorent les deux co-présidents du groupe des élus écologistes à la mairie de Rennes, Matthieu Theurier et Valérie Faucheux. « Nous dénonçons ce scandale humanitaire », ont-ils déclaré dans leur communiqué.

L’homme en question, âgé de 27 ans, avait été intercepté peu avant par les autorités britanniques, après avoir franchi illégalement la Manche sur une petite embarcation. Une fois rapatrié à Rennes, Ismail a été assigné à résidence.

Une mesure qui vise à préparer le réfugié à un retour dans son pays d’origine. Celle-ci a également été émise dans le cadre d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF) déjà prononcée à son égard en 2019.

À noter cependant que depuis ce mercredi 7 octobre, Ismail conteste son assignation à résidence. En effet, d’après Me François Tuyaa-Boustug, l’avocat du jeune homme : « Les autorités françaises ont pris cette décision parce qu’elles le pensaient Tchadien. Mais Ismaïl est Soudanais, il le clame depuis le départ », assure-t-il, d’après 20 Minutes.

De plus, soutenu par le MRAP, Ismail aurait quitté le Soudan en 2011, alors que son pays était frappé par une guerre civile, comme c’est toujours le cas aujourd’hui. Passé par le Tchad puis la Libye, il est arrivé en Italie avant d’arriver en France, dans l’espoir d’obtenir le droit d’asile.

Selon Carole Bohanne, une militante du MRAP : « Il a connu les trottoirs de Paris, la jungle de Calais, il a traversé la Méditerranée et la Manche. C’est un rescapé, un héros », a-t-elle déclaré. D’après elle, au départ, une trentaine de réfugiés devait se trouver à bord de l’avion. Mais des avocats d’outre-Manche ont réussi à annuler la procédure de la plupart des migrants, sauf un. Ce que déplore Carole Bohanne, qui précise que maintenant : « On le traite comme un terroriste. »

Néanmoins, ce qui fait débat n’est pas la situation du jeune homme, mais les moyens déployés pour son retour. D’après le journaliste de Channel 4 présent lorsque l’avion est arrivé, le coût d’un tel trajet s’élèverait à 30 000 livres sterling (33 000 euros), l’avion charter étant ensuite reparti à Londres à vide.

Selon le Bureau de l’Intérieur – Home office (le département exécutif du gouvernement britannique) : « Les efforts pour ramener les personnes entrées sur le sol britannique illégalement sont très souvent perturbés par des demandes de dernière minute. » Des demandes jugées « sans fondement » par le Bureau, mais qui obligent les autorités à reprogrammer les vols. Une situation qui, dans le cas présent, aurait amené les 30 migrants à n’être plus qu’un au moment de prendre le vol.

Concernant l’assignation à résidence d’Ismail, la décision du tribunal administratif a été mise en délibéré et devrait être rendue la semaine prochaine.

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