Facebook est poursuivi en France pour discours haineux et fausses informations

Par GQ Pan
26 mars 2021
Mis à jour: 26 mars 2021

L’ONG Reporters sans frontières (RSF) a annoncé mardi qu’elle poursuivait Facebook en France pour avoir violé le code de la consommation de l’Union européenne en promettant de manière mensongère de lutter contre les discours de haine et les fausses informations.

Dans un communiqué de presse, RSF affirme que le géant américain des médias sociaux a enfreint ses propres conditions d’utilisation pour « permettre à la désinformation et aux discours de haine de se développer » sur la plateforme, notamment « la haine contre les journalistes » et « une désinformation importante sur Covid-19 ».

RSF a cité deux rapports comme preuve de la prétendue tolérance de Facebook envers les discours de haine contre les journalistes. L’un détaille des dizaines de commentaires d’utilisateurs contenant « des insultes, des menaces et des appels à la violence » contre le magazine satirique français Charlie Hebdo et ses journalistes en septembre 2019, après la publication du numéro Tout ça pour ça en septembre 2020, lors de l’ouverture du procès très médiatisé des attentats de janvier 2015. Au cours de ce procès, 14 personnes accusées d’avoir aidé deux djihadistes à perpétrer le massacre dans les locaux du magazine.

L’autre rapport concerne les « messages de haine et les menaces » à l’encontre des journalistes travaillant sur l’émission télévisée française Quotidien (TMC), qui ont été publiés sur des pages Facebook publiques, et les commentaires menaçant le journal régional français L’Union, dont le photographe de 65 ans a été attaqué et gravement blessé en février dernier alors qu’il couvrait la violence chez les jeunes.

En outre, l’action en justice allègue que Facebook a omis d’étiqueter la « désinformation sur le Covid-19 ». Par exemple, les publications sur Facebook du film documentaire français de 2020 « Hold-up », qui diffuse ce que RSF décrit comme une théorie du complot sur la pandémie du virus du PCC (virus du Parti communiste chinois), sont restées visibles et ont été vues plus de 4,5 millions de fois en deux mois.

RSF a déclaré qu’elle avait choisi d’intenter une action en justice en France parce que le droit commercial français est « particulièrement bien adapté » pour traiter cette question et que Facebook compte 38 millions d’utilisateurs français, dont 24 millions d’utilisateurs actifs quotidiens.

En vertu du code français de la consommation, selon RSF, une pratique commerciale est considérée comme trompeuse « si elle repose sur de fausses allégations, déclarations ou représentations ou est susceptible d’induire en erreur ». L’infraction est passible d’une amende pouvant aller jusqu’à 10 % du chiffre d’affaires annuel.

Facebook a déclaré mardi dans un communiqué qu’il avait « une tolérance zéro pour tout contenu préjudiciable sur nos plateformes et que nous investissions massivement pour lutter contre les discours haineux et la désinformation ».

« Notre application ne sera jamais parfaite, mais si personne ne peut éliminer entièrement la désinformation et les discours de haine sur Internet, nous continuons à utiliser la recherche, les experts et les technologies pour nous y attaquer de la manière la plus complète et la plus efficace possible », a déclaré l’entreprise.

Aux États-Unis, Facebook est également confronté à des questions concernant le traitement de ce que certains considèrent comme de fausses informations. Mark Zuckerberg, le PDG de l’entreprise, a du se présenter jeudi 25 mars à une nouvelle audition du Congrès sur le rôle joué par les médias sociaux dans l’intrusion du 6 janvier au Capitole américain.

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