Faire disparaître des statues historiques est une erreur monumentale

Par Ryan Moffatt
23 juin 2020
Mis à jour: 24 juin 2020

Les monuments historiques sont devenus des paratonnerres de protestation à la suite de la mort de George Floyd. La demande de retrait des statues des espaces publics s’est fortement intensifiée, notamment aux États-Unis où des statues de Christophe Colomb et même de Thomas Jefferson ont été démolies. Au Royaume-Uni, des monuments en l’honneur de Winston Churchill ont été vandalisés, tandis qu’au Canada, les demandes d’éviction des statues du premier ministre John A. Macdonald se multiplient.

Mais détruire le patrimoine national en portant des jugements de valeur absolue sur des personnages historiques pour tenter de discréditer leur importance est une façon dangereusement inexacte d’évaluer le passé.

La suppression arbitraire de monuments en un geste symbolique destiné à faire face à l’histoire complexe du racisme et du colonialisme peut avoir des conséquences involontaires dommageables et irréversibles si elle va trop loin. Les mesures prises au départ pour éliminer les généraux de la Confédération finiront par engloutir la culture dans son ensemble, laissant un vide qui sera facilement comblé par des traditions moins nobles.

Tactique marxiste

La destruction du patrimoine national est une tactique communiste fondamentale utilisée pour endoctriner les sociétés avec l’idéologie marxiste en guise de prélude à la révolution. L’un des principaux objectifs du marxisme est de rompre le lien d’une population avec son passé. Plus l’histoire du pays est longue et riche, plus une nation est résistante à l’influence des idéologies étrangères.

En Chine, les communistes ont très vite compris que les traditions politiques, culturelles et philosophiques donnaient aux gens un critère d’évaluation de l’idéologie marxiste qu’ils promouvaient. Cela s’est avéré être une pierre d’achoppement importante pour les communistes, qui ont trouvé la population plus difficile à contrôler avec leur culture intacte. Pour atténuer ce problème, Mao Zedong a lancé la Révolution culturelle pour purger la société de ses traditions et imposer le maoïsme comme idéologie dominante.

Cette période de dix ans a été caractérisée par une lutte des classes violente, des purges, l’exil et la persécution de toute personne ou de tout objet ayant un lien avec le passé de la Chine. Les marxistes ont qualifié les anciennes coutumes de rétrogrades et de non pertinentes, de simples obstacles à leur « nouvel ordre mondial ». La grande majorité des monuments historiques, des artefacts et des archives de la Chine ont été détruits dans une fièvre de rage anarchique alimentée par le culte de la personnalité de Mao.

Après dix ans de brutalité et de destruction, la Chine a été totalement déconnectée de son histoire vieille de 5 000 ans. L’objectif a été atteint : la population terrorisée s’est facilement assimilée à l’idéologie marxiste.

En conséquence, les Chinois d’aujourd’hui se sont retrouvés incapables de comprendre la valeur même de leur passé, la richesse de leur culture, tout comme ils sont devenus incapables de formuler une vision du futur éloignée de l’autoritarisme. En lieu et place des sages Confucius et Lao Ze et de leur sagesse séculaire, la Chine regorge de monuments à la gloire du président Mao, un homme responsable de la mort de 80 millions de citoyens chinois.

Des règles mafieuses

Parmi les militants d’aujourd’hui, on trouve des marxistes qui veulent tirer profit du chaos à leurs propres fins et éroder les fondements de la société occidentale. Ils ont mis en pratique leurs méthodes pour perturber la société en se livrant à des luttes révolutionnaires pendant un siècle dans le monde entier. À l’heure actuelle, les pays démocratiques se montrent de plus en plus sensibles à leur influence, s’étant considérablement rapprochés des idéaux du socialisme tout en ne parvenant pas à empêcher la prolifération de groupes révolutionnaires marxistes comme Antifa. Ces groupes sont à l’origine de la violence et de la mentalité de foule souvent affichée dans les manifestations de masse.

La société est rarement homogénéisée, mais nous devons nous méfier des mouvements culturels et politiques qui ont pour principale motivation la destruction. Pour participer à la conversation nationale, les partisans du changement doivent formuler une vision bien pensée de l’avenir avant que leurs idées puissent être sérieusement prises en considération. La destruction à elle seule crée un vide, qui semble de plus en plus susceptible d’être rempli de rage et de dégoût.

Profaner des monuments et renverser des statues dans un climat de haine et de rage, comme nous l’avons vu aux États-Unis, ne fera pas grand-chose pour promouvoir l’égalité raciale et ne fera qu’alimenter davantage de divisions dans un climat déjà polarisé. Les personnes bien intentionnées doivent se séparer de celles dont le but premier est la destruction, sinon leur message se perdra dans l’essaim.

Importance de la culture matérielle

Pour réconcilier le passé avec la vérité et ne pas effacer les péchés de nos ancêtres, il est juste et nécessaire que leurs accomplissements soient ternis par leurs crimes et qu’un compte rendu complet de leurs actes fasse partie du dossier historique. Toutefois, la tendance actuelle à discréditer totalement ces personnes sans tenir compte de leurs mérites et de leurs contributions semble être une tentative pour retoucher et de réécrire l’histoire.

Avant de renommer des rues ou de retirer des statues qui ont été conservées pendant des centaines d’années, il faut un débat et une consultation publique. S’il existe une justification suffisante pour changer un monument historique, il faut alors faire valoir les avantages que présente ce changement et non pas se contenter d’écouter les exigences de la foule. Un débat public permettrait de clarifier les deux côtés de l’argument et d’aboutir au libre échange d’idées nécessaire. Ne pas protéger cette pierre angulaire du discours démocratique pourrait avoir des conséquences trop importantes qui seraient négligées en raison des pressions politiques.

L’effacement symbolique de ces représentants de l’histoire pour rendre compte de leurs méfaits ne facilite pas le débat nécessaire quant à leur rôle historique. On pourrait aisément avancer l’argument qui consiste à dire que la dichotomie qui caractérise ces monuments est la raison la plus impérieuse pour les préserver, afin qu’ils puissent nous rappeler, en toute simplicité, la nature imparfaite de notre humanité – ni totalement bonne ni totalement mauvaise, mais néanmoins capable d’accomplir des exploits remarquables.

Toute l’histoire est tachée de sang et de péché, un fait que nous devrions garder à l’esprit lorsque nous évaluons la vertu de nos propres idées.

Le développement moral et matériel ne progresse pas de façon linéaire, et les nations avancées peuvent régresser vers la tyrannie. Sans la culture matérielle de nos racines historiques qui permet de garder notre boussole morale intacte, nous ne pouvons pas non seulement honorer le progrès des idées de l’humanité, mais aussi mettre de côté les traditions de notre humanité commune.

Ryan Moffatt est un journaliste basé à Vancouver.

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