Fake news : La petite fille migrante qui pleure n’a jamais été séparée de ses parents

22 juin 2018 Mis à jour: 14 avril 2019

Tous les médias y ont été de leurs commentaire. La photo d’une petite fille pleurant à côté de sa mère, arrêtées à la frontière américaine, a fait le tour des médias. Et comme cela semble de plus en plus le cas en ces temps troublés, le journalisme ce n’est pas seulement rapporter objectivement des faits, mais tirer des conclusions et affirmer de grandes généralités d’une simple information.

Après quelques recherches effectuées par le Washington Post, il s’avère que la petite fille n’a pas été séparée de sa mère. En effet, Sandra Sanchez s’est enfuie du Honduras avec sa petite fille, Yanela, en 2013. Elle n’avait pas avisé son mari, qui a affirmé qu’il ne soutenait pas ce choix.

Il a appris cette semaine auprès des autorités américaines que sa femme et sa fille se trouvaient dans un centre à McAllen, au Texas. Une information confirmée par un attaché au ministre des Affaires étrangères honduriennes, Nelly Jerez.

En l’occurrence, la petite fille est devenue malgré elle le symbole d’un pays en plein questionnements. Un « cliché que l’Amérique ne peut ignorer », titrait le Times en faisant sa couv’. « Insensible. Sans coeur. Lâche. Trump » osait pour sa part le Daily News. Du côté de CNN, l’analyste Chris Cillizza affirmait que « cela permet de réaliser le fossé entre le degré de compassion de la politique d’immigration de Trump, ‘Tolérance Zéro’, et ce qui arrive réellement aux gens dans la vraie vie ».

Peu importe que les séparations des enfants migrants de leurs parents soient monnaie courante aux États-Unis depuis des décennies, Donald Trump semble la cible toute désignée. Le Washington Post a, semble-t-il, été le seul média à procéder aux vérifications d’usage. L’intox a ensuite été reprise par Fox News.

C’est la troisième infox du même calibre reprise par une partie des médias américains. La semaine dernière, une photo montrant des enfants migrants en cage avait été publiée par plusieurs journalistes sur leurs comptes Twitter. Cependant, la photo datait de 2014. Les journalistes ont supprimé le cliché par la suite.

RECOMMANDÉ