Faut-il boycotter les Jeux olympiques d’hiver de Pékin 2022 ?

Par Wesley J. Smith
17 mars 2021
Mis à jour: 20 mars 2021

Le temps où la Chine pouvait être considérée comme un membre respectable de la communauté internationale est révolu depuis bien longtemps. Non seulement le Parti communiste chinois (PCC) réprime brutalement son propre peuple, mais ses actions constituent un danger réel et évident pour la liberté et la paix dans le monde entier.

Mais que faire ? La guerre n’est pas une option, sauf en cas d’autodéfense. L’armée chinoise est l’une des plus puissantes du monde. Tout grand conflit armé avec la Chine serait plus que catastrophique pour la planète entière.

Mais cela ne signifie pas qu’il n’y a pas d’options importantes de « soft power » (puissance douce) capables d’infliger un préjudice qui pourrait inciter les dirigeants chinois à améliorer les pires de leurs politiques. Une option qui gagne en popularité est le boycott des Jeux olympiques d’hiver que l’État-parti chinois accueillera à Pékin en février prochain et pour lesquels il a déjà dépensé des milliards.

Mais attendez donc : est-ce que l’un des principaux objectifs des JO consiste à forger la paix et la compréhension mutuelle entre les nations ?

Bien sûr, mais si un pays doit bénéficier du prestige et des gains financiers liés à l’organisation des JO, cet honneur devrait au moins exiger le respect d’un minimum de normes internationales en matière de droits de l’homme. Sinon, la prémisse des Jeux olympiques devient une farce.

Un parcours rapide des événements actuels liés à la Chine, tant au niveau national qu’international, illustre pourquoi ce pays devrait être évité en tant qu’hôte des Jeux olympiques :

– La répression des Ouïghours : Le PCC se livre à un vrai pogrome contre les musulmans ouïghours dans le nord-ouest de la Chine. Plus d’un million d’Ouïghours ont été emprisonnés dans des camps de concentration où ils sont brutalement traités et privés de leur dignité d’êtres humains – notamment soumis à la stérilisation forcée, au viol comme moyen d’oppression, au retrait des enfants des foyers, à la suppression de la religion et à l’envoi dans différents endroits du pays comme travailleurs esclaves.

– Le prélèvement forcé d’organes, surtout sur les pratiquants de Falun Gong : Le PCC a commencé à persécuter le Falun Gong en 1999. Depuis lors, il est bien établi que les organes des pratiquants de Falun Gong, reconnus pour leur corps en bonne santé, ont été prélevés de force pour être vendus sur le tristement célèbre marché lucratif des transplantations d’organes du pays.

– Le système de crédit social : Des nombreux chrétiens et autres Chinois jugés insuffisamment loyaux envers le gouvernement sont excommuniés socialement par le biais du système de « crédit social » – un système dans lequel des technologies telles que la reconnaissance faciale et les algorithmes informatiques « notent » la conformité des individus aux normes de comportement dictées par le gouvernement. Les conséquences d’une mauvaise note sociale – causée par des « infractions » telles que, par exemple, la simple présence à l’église chrétienne clandestine – comprennent l’humiliation publique, la perte d’emploi, l’impossibilité de louer un bon appartement, de recevoir des soins médicaux ou même d’utiliser les transports publics.

– La répression à Hong Kong : Lorsque Hong Kong a été rétrocédé à la Chine par la Grande-Bretagne, le régime chinois a promis que ce territoire continuerait à jouir de libertés et d’une grande autonomie. Ces promesses ne sont plus que de la fumée de gaz lacrymogène.

– Le génocide culturel au Tibet : Non seulement la Chine occupe illégalement le Tibet, qu’elle a conquis et annexé en 1951, mais elle supprime activement le bouddhisme tibétain – la croyance principale de la culture tibétaine.

– La Chine s’est livrée à des vols massifs de propriété intellectuelle dans le monde entier, en recourant notamment aux tactiques d’espionnage industriel classique dans des universités et des entreprises étrangères, au piratage informatique et aux cyberattaques.

– Le régime chinois contrôle les plus grandes sociétés commerciales du pays et les utilise comme couverture pour l’espionnage et la collecte de renseignements.

– Les démarches militaires agressives : La Chine a récemment fait des incursions injustifiées à la frontière indienne, a construit des îles artificielles illégales dans la mer de Chine méridionale à des fins militaires et poursuit ses menaces contre la souveraineté de Taïwan.

– Le Covid-19 : Enfin, et ce n’est certainement pas le moins important, le PCC est le seul responsable de la pandémie du Covid-19 qui a fait des millions de victimes, qui a paralysé la vie sociale à cause du confinement et a entraîné des pertes économiques titanesques dans le monde entier.

Il n’y a aucun doute que l’État-parti chinois représente une menace totalitaire. Pourtant, les Jeux olympiques sont censés être au-dessus de telles considérations. Après tout, les JO d’été de 1936 ont eu lieu dans l’Allemagne nazie.

C’est vrai. Mais Hitler a évité de justesse un boycott international et ces Jeux ont eu lieu des années avant que l’Allemagne ne lance l’Holocauste et commence à envahir les pays voisins. En effet, la Nuit de cristal, le pogrome qui a déclenché les pires actions antisémites en Allemagne et qui a abouti à l’Holocauste, a eu lieu les 9 et 10 novembre 1938.

On peut retourner la question et demander : est-ce que le monde, disons en 1990, aurait approuvé la tenue de Jeux olympiques en Afrique du Sud à l’époque de l’apartheid ? La réponse est évidente.

D’ailleurs, il est possible que le boycott des Jeux olympiques (ou le changement de leur site) soit modérément efficace. Les dirigeants chinois sont peut-être indifférents au caractère sacré de la vie, à l’État de droit, aux droits de l’homme et aux normes internationales, mais ils se soucient du commerce et de la « face ». Si le Comité international olympique envisageait sérieusement de faire ce pas, si les sociétés menaçaient sérieusement d’annuler leur sponsoring, si les médias menaçaient de rester à l’écart de ces Jeux, cela pourrait avoir un impact bénéfique.

Oui, je sais qu’un boycott va décevoir des athlètes innocents. Cependant, leur sacrifice pourrait rendre la vie des Ouïghours, des pratiquants de Falun Gong, des Tibétains et des chrétiens chinois un peu plus supportable.

Et si le monde entier décide de fermer les yeux, d’ignorer les violations massives des droits de l’homme en Chine et d’assister aux Jeux de Pékin au nom du « business as usual », des promesses vides de bonne volonté et de courtoisie internationale ? Il restera au moins une petite chose que chacun d’entre nous pourra faire. Nous pourrons refuser de regarder et d’acheter les produits des sponsors de ses jeux.

Cela n’aura peut-être pas beaucoup d’impact. Toutefois, sans au moins une forme de protestation ciblée, les pouvoirs en place se contenteront de réduire la grande cause internationale des droits de l’homme en une patine couvrant l’esprit mercantile amoral des entreprises, et le dieu de l’argent remportera la victoire.

Wesley J. Smith est un auteur primé et le président du Center on Human Exceptionalism du Discovery Institute.

Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement celles d’Epoch Times.

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