Une femme demande la justice pour son mari innocent emprisonné pour 7 ans

Par Joan Delaney
24 août 2019 Mis à jour: 25 août 2019

Ge Xiulan a beaucoup enduré dans ses efforts pour faire libérer son mari de prison, y compris en étant harcelée et détenue elle-même, mais elle n’est pas prête d’abandonner.

Le mari de Ge Xiulan, Huang Liqiao, purge une peine de sept ans de prison pour avoir pratiqué le Falun Gong, une discipline spirituelle qui est brutalement réprimée et persécutée par le régime communiste chinois depuis 1999.

Le jour de l’anniversaire de Huang Liqiao, l’année dernière, Ge Xiulan s’est présentée à la prison de Binhai à Tianjin, un bouquet de fleurs à la main, pour lui rendre visite. Après avoir attendu dehors toute la matinée, un garde est finalement sorti et a pris les fleurs, mais elle n’a pas eu le droit de voir son époux.

Ge Xiulan n’a pas été surprise. Après la condamnation en septembre 2012 de son mari, Huang Liqiao, un ingénieur, elle a dû attendre cinq ans avant d’être autorisée à lui rendre visite, et même après cela, les droits de visite ont été très sporadiques.

Depuis le premier jour, Ge Xiulan s’efforce d’obtenir la libération de son époux, faisant appel à diverses entités gouvernementales pour le faire libérer, affirmant depuis le début qu’il n’a rien fait de mal en exerçant son droit constitutionnel à la liberté de croyance et que sa peine de sept ans était donc illégale.

« Dans les films, les couteaux, les armes à feu, les bâtons, les matraques et les drogues sont souvent dépeints comme des preuves à charge. Mais il n’y a aucune preuve de ce genre pour prouver que Huang Liqiao a commis un crime. Il a été envoyé en prison pour subir des tortures sans fin », a écrit Ge Xiulan dans une lettre aux responsables de la Cour supérieure de Tianjin en juillet 2017. Cette lettre a été publiée sur Minghui.org, un site internet qui est un centre d’information sur la campagne de persécution contre le Falun Gong.

« Huang Liqiao a été lésé. Pour juger de la culpabilité d’une personne, il faut examiner si ce qu’elle a fait a causé du tort à d’autres personnes. Les actions des gens ne sont-elles pas la meilleure preuve ? »

Les autorités ont menacé Ge Xiulan, également pratiquante de Falun Gong, et ont entravé ses tentatives d’appel en faveur de son mari. Sa maison a été saccagée en 2013, et en mars 2015 sa maison et son entreprise ont été vandalisées, et elle a été détenue dans un camp de travail pendant 25 jours.

Ge Xiulan et un avocat après avoir présenté sa requête à la Cour supérieure de Tianjin le 31 juillet 2017. (Minghui.org)

La torture au-delà de l’endurance

À partir de 2000, parce qu’il a pratiqué le Falun Gong et qu’il a fait connaître les faits derrière la campagne de persécution, Huang Liqiao a été détenu trois fois dans un camp de travail forcé à Tianjin, pour un total de sept ans, selon Minghui.

Parce qu’il refusait d’être « transformé », bien qu’il ait été forcé de regarder des vidéos calomniant le Falun Gong, il est devenu une cible de choix pour les gardes.

Durant ces années, il a été lourdement torturé, parfois jusqu’aux frontières de la mort. Cela comprenait le fait de subir des chocs avec des matraques électriques, d’être sauvagement battu avec une matraque en bois, d’avoir les membres tendus avec force dans un lit, d’être « accroché » par les menottes et privé de sommeil pendant de longues périodes.

Reconstitution de torture: Choc avec des matraques électriques. (Minghui.org)

Il a été attaché à son lit tous les jours pendant un an, en dehors des périodes de repas et les sorties pour les toilettes. En été, il était couvert d’une lourde courtepointe pour ajouter à ses souffrances, tandis qu’en hiver, de l’eau froide était versée sur lui et les fenêtres étaient laissées ouvertes.

Il a également été contraint d’exercer un dur labeur pendant de longues heures. S’il s’endormait en travaillant, les gardes utilisaient des matraques électriques pour lui donner des chocs à la tête et le réveiller. S’il était incapable de se lever le matin, les gardiens incitaient d’autres détenus à le piquer avec des aiguilles.

Un type de torture appelé « un pas vers le ciel » l’a laissé paralysé, et il a été alité pendant plus de deux mois et a ensuite développé des problèmes rénaux.

Ge Xiulan et un avocat devant la première cour intermédiaire de Tianjin le 21 mars 2017, après avoir interjeté appel de la décision de contester la peine de prison injuste infligée à son mari. (Minghui.org)

« Nourrir la bonté dans nos cœurs »

Chaque fois que Huang a été libéré du camp de travail, il a rapidement recouvré la santé grâce aux soins de sa famille et à la pratique du Falun Gong, une pratique traditionnelle qui enseigne aux gens à améliorer leur caractère en suivant les principes d’Authenticité, Bienveillances et Tolérance.

Après avoir été de nouveau arrêté en avril 2012, il a entamé une grève de la faim en signe de protestation et a été alimenté de force, mais a subi un autre type de torture.

Au moment de son procès, le 24 juillet 2012, il était si affaibli, à la suite d’une grève de la faim de plus de 70 jours, qu’il a dû être amené dans la salle d’audience en fauteuil roulant.

On lui a alors diagnostiqué la tuberculose et, le 20 septembre, il a été transporté d’urgence à l’hôpital dans un état critique. Cependant, au lieu de lui accorder un sursis médical, le tribunal local a prononcé la peine de sept ans de prison six jours plus tard.

Ge Xiulan continue de demander la libération de Huang Liqiao et de pouvoir lui rendre visite plus souvent. Une requête qu’elle a déposée auprès de la Cour supérieure de Tianjin en juillet 2017 pour qu’ils reconsidèrent la cause de son mari a été rejetée au mois de novembre de cette même année.

Mais elle n’est pas découragée. Elle explique à la fin de sa lettre :

« Ce qui compte plus que la vie elle-même, c’est la vraie nature des gens. Ce n’est qu’en cultivant la bonté dans nos cœurs que nous pouvons devenir des gens de bienveillance, de loyauté, de bienséance et de vérité. Si nous pratiquons l’authenticité et la bienveillance, nous pouvons faire preuve de tolérance lorsque nous rencontrons des problèmes », a-t-elle écrit.

« Si l’emprisonnement de mon mari n’avait pas violé ma boussole morale, je n’aurais pas eu le courage d’affronter la menace de la vie et de la mort et de persévérer toutes ces années. »

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