Une femme de 57 ans, emprisonnée et torturée pour sa croyance, dépose un appel

6 mars 2019 Mis à jour: 11 juillet 2019

Il y a sept ans, Tian Xiaoping a été emprisonnée en Chine pour sa croyance. Peu de temps après, elle a été soumise à une série de tortures brutales visant à la forcer à abandonner sa croyance spirituelle.

La torture a brisé Mme Tian et elle a cédé aux exigences des gardiens de prison.

Mais plus tôt cette année, Mme Tian a décidé qu’elle refuserait d’accepter la façon dont elle était traitée, ce qui l’a amenée à porter son cas en appel.

En 2012, Tian Xiaoping avait été condamnée à 14 ans de prison pour avoir pratiqué le Falun Gong, selon le site Internet américain Minghui.org, un centre d’échange d’informations sur la persécution du Falun Gong en Chine.

Le Falun Gong, aussi connu sous le nom de Falun Dafa, est une pratique spirituelle composée d’exercices de méditation et d’un ensemble d’enseignements axés sur les valeurs universelles d’Authenticité, de Compassion et de Tolérance. En raison de l’immense popularité de cette pratique en Chine, le régime communiste chinois a, à cause de la jalousie du dirigeant d’alors, interdit cette discipline en 1999, lançant une vaste répression qui persiste encore aujourd’hui. Selon les estimations des médias occidentaux, environ 70 à 100 millions pratiquaient à la fin des années 1990.

Son arrestation

En novembre 2011, Mme Tian a été arrêtée dans la ville de Harbin, dans la province du Heilongjiang, au nord de la Chine, en compagnie de plus de 40 pratiquants après avoir visité le domicile de feu Qin Yueming, un pratiquant qui avait été persécuté à mort, selon le site. Les pratiquants étaient là pour écouter l’épouse et la fille de M. Qin raconter leurs luttes pour obtenir justice pour sa mort injustifiée.

À la fin de la réunion, plus de 100 policiers se sont précipités dans la salle et ont utilisé des gaz lacrymogènes et des matraques électriques pour soumettre les pratiquants. Chaque pratiquant était retenu par au moins deux policiers.

La pratiquante Tian a été frappée et a subi des coupures au front, et ses vêtements ont été déchirés pendant la mêlée. Les gaz lacrymogènes ont fait rougir et gonfler ses yeux jusqu’à dix jours après l’arrestation.

L’interrogatoire qu’elle a subi

Avant son procès, trois policiers ont torturé Mme Tian au cours d’un interrogatoire afin de tenter de lui faire admettre qu’elle pratiquait le Falun Gong.

Dans le cadre de la persécution du Falun Gong par le régime communiste,  le dirigeant du parti d’alors, Jiang Zemin, a ordonné aux organes de l’État de « souiller leur réputation, les ruiner financièrement et les détruire physiquement ». Les commissariats de police sont soumis à des quotas pour l’arrestation des pratiquants de Falun Gong, et les policiers sont menacés de renvoi si ces quotas ne sont pas respectés.

Les agents ont attaché Mme Tian à une chaise, les mains derrière le dos, et ont utilisé une lumière de haute intensité pour lui brûler le visage. Ses lèvres ont craqué à cause des rayons émis par l’ampoule.

Un policier rouait les genoux de Mme Tian de coups féroces pendant son interrogatoire. Mentalement et physiquement affaiblie par la torture, Mme Tian a finalement signé les papiers qui lui avaient été proposés par la police.

Elle s’est plainte au procureur de la République de ce qui lui était arrivé pendant l’interrogatoire. Bien que le procureur ait dit qu’ils enquêteraient, Mme Tian n’a jamais eu de nouvelles.

Son procès

Mme Tian a été accusée de « saper les forces de l’ordre ». Elle a été jugée au tribunal municipal de Shuangcheng en mai 2012 avec cinq autres pratiquants qui avaient également été arrêtés le même jour à Harbin.

Les pratiquants ont tous nié l’accusation. Les avocats de leur défense ont plaidé en faveur de leur libération au motif que le peuple chinois a le droit à la liberté de croyance et de religion, tel que garanti par la constitution chinoise.

Les avocats ont également affirmé que leurs clients avaient été torturés par la police. Le juge a refusé la demande des avocats d’appeler les policiers accusés à témoigner et a ordonné par la suite aux gardiens de retirer les avocats de la salle d’audience. Les ordinateurs personnels des avocats ont également été confisqués par le tribunal.

En août de la même année, Mme Tian a été condamnée à 14 ans d’emprisonnement alors que le procureur de la République recommandait des peines d’emprisonnement de trois à cinq ans. Deux des autres pratiquants jugés ont également été condamnés à de lourdes peines de 13 et 11 ans.

La torture

Mme Tian a été envoyée à la prison pour femmes du Heilongjiang. Là, des gardiens de prison l’ont battue, l’ont déshabillée et lui ont versé de l’eau glacée sur tout le corps.

Elle a également été attachée avec les mains derrière le dos et forcée de s’asseoir sur un petit tabouret jusqu’à 17 heures par jour sans bouger. À la suite de cette position, ses fesses sont devenues ulcérées et se sont suppurées.

Un jour, elle s’est évanouie parce qu’on lui avait refusé le sommeil pendant trois jours. Au réveil, on lui a demandé d’écrire une déclaration garantissant qu’elle cesserait de pratiquer le Falun Gong, ce qu’elle a fait à contrecœur, ce qui lui a permis d’être libérée de l’emprisonnement et de la torture.

À la suite de la torture, Mme Tian a développé l’hypertension artérielle, le diabète et la dépression.

Lorsque la famille de Tian lui a rendu visite moins d’un an plus tard, ils ont constaté qu’elle ne pouvait pas marcher sans aide et qu’elle avait du mal à parler de façon cohérente. Son corps tremblait aussi de façon incontrôlable.

Mme Tian a souffert de son état de torture pendant des années avant qu’elle ne décide de reprendre cette pratique même en prison. Après avoir fait les exercices de méditation, elle a vu des améliorations à sa santé. Lentement, avec le temps, elle a été capable de marcher de nouveau sans aide et de prendre soin d’elle-même.

Son espoir renouvelé, Mme Tian a décidé de déposer une requête pour reconsidérer son cas.

« Plutôt que d’être torturée à mort par vous dans la prison, je préfère persévérer dans ma croyance avec dignité », a expliqué Mme Tian aux gardiens.

« Tant que je respire, je n’abandonnerai pas ma croyance. »

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