Femme enceinte tuée en forêt : le maître d’équipage de la chasse à courre placé sous le statut de témoin assisté

Par Séraphin Parmentier
29 janvier 2020 Mis à jour: 29 janvier 2020

La juge d’instruction a décidé de faire droit à la demande adressée par l’avocat de Sébastien Van Den Berghe en le plaçant sous le statut de témoin assisté plus de deux mois après les faits.

Le 24 janvier, l’avocat de Sébastien Van Den Berghe, maître de l’équipage de chasse à courre Le Rallye La Passion, révélait que son client envisageait de demander le statut de témoin assisté.

Une disposition légale entre la mise en examen et le statut de simple témoin qui permettant au maître d’équipage de bénéficier de nouveaux droits, notamment celui d’accéder au dossier. La juge d’instruction en charge de l’affaire a décidé de faire droit à la demande adressée par l’avocat de M. Van Den Berghe.

« On va pouvoir prendre connaissance du dossier, des déclarations faites et des investigations techniques opérées et se défendre », a expliqué Maître Guillaume Demarcq, avocat de Sébastien Van Den Berghe, aux journalistes de L’Union.

Alors que les investigations des enquêteurs du Service régional de police judiciaire (SRPJ) de Creil (Oise) se poursuivent afin de déterminer les circonstances exactes de la mort d’Élise Pilarski, le maître d’équipage du Rallye La Passion affirme que les chiens de la meute présents en forêt de Retz le jour des faits ne sont pas impliqués dans le décès de la jeune femme enceinte de six mois.

« Mon client conteste formellement que ses chiens aient quoi que ce soit à voir avec le décès d’Élisa Pilarski. Pour lui, c’est une journée de chasse comme une autre, il ne s’est absolument rien passé », souligne Me Demarcq dans les colonnes de L’Est Éclair.

La société de vènerie continue de clamer l’innocence des chiens de la meute

Dans un communiqué envoyé à l’AFP, la société de vènerie – qui regroupe les différentes associations de chasse à courre en France – indique que le maître d’équipage du Rallye La Passion « n’est pas mis en cause par la justice. En l’état actuel de l’enquête, aucun élément ne démontre l’implication des chiens de chasse à courre dans le décès de cette femme ».

« La décence élémentaire impose de ne pas instrumentaliser cette terrible mort. Accuser un homme ou la chasse à courre, sans aucune preuve, est aussi bas qu’illégal », ajoute Pierre de Roüalle, président de la société de vènerie.

« Nos 30 000 chiens de chasse à courre sont dressés pour obéir en toute circonstance à l’homme. Ils sont d’un contact très affectueux avec les enfants comme avec les adultes (et même avec les opposants anti-chasse). Au cours des 18 000 journées de chasse à courre organisées chaque année à travers 70 départements, jamais aucun accident corporel humain impliquant des chiens de vènerie n’a été relevé », poursuit M. de Roüalle.

Attendus en février, les résultats des prélèvements génétiques réalisés sur 67 chiens – les 5 chiens d’Élisa Pilarski et de son compagnon ainsi que les 62 chiens de la meute de l’équipage Le Rallye La Passion – devraient fournir de nouveaux éléments aux enquêteurs qui cherchent toujours à identifier les chiens mordeurs responsables du décès de la victime.

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