Une femme harcelée pendant 6 mois demande de l’aide sur les réseaux sociaux après avoir été ignorée par la police

Par DANIEL HOLL
18 juillet 2019 Mis à jour: 18 juillet 2019

Une femme a demandé de l’aide sur les réseaux sociaux après qu’un homme l’ait harcelée et menacée pendant six mois, la police ignorant son cas, selon une vidéo partagée sur les réseaux sociaux chinois.

« Je demande à tout le monde », supplie-t-elle, en commençant à pleurer. « Protégez-moi, sauvez-moi ! », demande-t-elle en faisant face à la caméra.

La femme s’identifie comme étant Pei Xin, originaire de Maanshan, dans la province chinoise d’Anhui. Elle fournit son numéro d’identification émis par le gouvernement, ce qui équivaut à donner le numéro de sa carte d’identité, afin de prouver qu’elle n’invente pas l’histoire.

Pei a partagé la vidéo sur Weibo, la version chinoise de Twitter, vers 16h00 le 11 juillet. La vidéo est rapidement devenue virale, recevant plus de 54 millions de visionnements en moins de 24 heures.

Pei Xin telle qu’elle apparaît dans la video. (Utilisateur : Spring and Autumn Both Don’t Touch/Weibo.com)

La police locale a fini par réagir à sa situation peu après la publication de la vidéo.

Demande d’aide

Après être apparue dans la vidéo, Pei explique que depuis janvier, un homme d’une autre ville, Guo Yinan, la harcèle sexuellement.

Lors d’un appel téléphonique partagé sur son compte Weibo, Pei explique indirectement que Guo a commencé à la harceler parce qu’il n’était pas satisfait des marchandises qu’elle lui vendait. Elle a raconté que Guo a prétendu qu’elles étaient fausses, et qu’elles valaient 1 000 yuans (130 €). Les produits étaient très probablement vendus par l’intermédiaire de Taobao, la version chinoise d’Amazon.

Pei dans la vidéo (Utilisateur : Spring and Autumn Both Don’t Touch/Weibo.com)

Elle a indiqué qu’au lieu de résoudre le problème par le biais de la plate-forme de vente, Guo a commencé à la harceler. « Il venait chez moi et frappait à ma porte, exigeant ceci et cela » , raconte  Pei dans sa vidéo.

« Maintenant, il m’appelle constamment et dit à tout le monde que je suis sa petite amie », se plaint Pei. Elle affirme qu’il a aussi parlé à d’autres membres de sa famille de leur relation présumée, et que ces gens l’appellent à leur tour à ce sujet.

Puis Pei a rapporté qu’elle avait essayé d’aller voir la police en février. La police l’a ignorée. « Ils ont dit que s’il n’y a pas d’agression, alors vous ne pouvez pas porter plainte », détaille Pei dans la vidéo. Elle affirme que la police lui a dit qu’elle ne pouvait rien faire et qu’elle lui a demandé de partir.

En l’absence de réponse, Pei a envoyé des messages par l’intermédiaire de Weibo à toute la police locale. Puis un officier supérieur l’a appelée et a ouvert un dossier.

Toutefois, le harcèlement n’a pas cessé, selon Pei. Elle a demandé de l’aide à la police, mais celle-ci a refusé.

« Ils ont dit que le dossier avait déjà été ouvert, alors à moins qu’il n’apporte un couteau à la porte de votre maison pour vous tuer, nous ne pouvons rien faire », a précisé Pei. « Je lui ai demandé : ‘ça ne pourrait pas finir comme ça ?' »

« Alors je dois attendre qu’il me viole », dit Pei dans la vidéo. Elle a de nouveau appelé la police et demandé de l’aide, mais ils l’ont rejetée une fois de plus. Quand elle leur a demandé s’ils pouvaient arrêter d’argumenter autant avec elle, l’agent a simplement raccroché le téléphone.

« Il n’a aucune idée de comment on se sent quand on est victime de harcèlement sexuel », assure Pei à propos de l’officier masculin. Elle remarque que la police de sa région croyait à tort que rien ne pouvait arriver à une femme qui était victime de harcèlement sexuel.

C’est pourquoi Pei a demandé de l’aide aux autres utilisateurs de Weibo. Elle a conclu en disant que Guo avait non seulement harcelé ses parents, mais qu’il avait également menacé de la battre à mort.

La réponse

Quelques heures après la publication de sa vidéo, les gens ont commencé à répondre par toutes sortes de commentaires. Beaucoup de gens ont attaqué Pei, et ont dit qu’elle jouait un rôle et essayait de se promouvoir. Ils l’ont traitée de superficielle, de tricheuse et l’ont accusée de chercher à attirer l’attention.

Certains ont offert une aide sincère. Par exemple, le lendemain, Pei a appelé une des personnes que Guo avait convaincues de l’appeler et de la harceler. Pei a déclaré au début de l’appel qu’elle enregistrait la conversation et qu’elle voulait que la personne au bout du fil répète ce qu’elle lui avait dit la veille. La personne au bout du fil a confirmé qu’un homme lui avait demandé d’appeler Pei. Il a répété ce qui pourrait être le numéro de téléphone de Guo.

Cependant, beaucoup de messages se sont rangés du côté de Guo sans rien savoir de cet homme.

RECOMMANDÉ