Une femme révèle que son mari emprisonné pourrait avoir été assassiné pour ses organes en Chine

Par Cathy He
20 juillet 2019 Mis à jour: 21 juillet 2019

WASHINGTON – L’épouse d’un prisonnier d’opinion craint que son mari ne soit tué pour ses organes par les autorités chinoises, a-t-elle expliqué lors d’une rencontre du Département d’État américain le 17 juillet.

Zhengyu Ma, le mari de Yuhua Zhang, purge actuellement une peine de trois ans d’emprisonnement en Chine pour avoir simplement pratiqué la discipline spirituelle du Falun Gong.

« Je m’inquiète jour et nuit pour mon mari », a confié Mme Zhang au cours d’une réunion organisée par le Département d’État américain à Washington dans le cadre de la conférence ministérielle pour la promotion de la liberté religieuse.

« Il pourrait être assassiné pour ses organes comme un nombre inconnu de pratiquants de Falun Gong. »

Mme Zhang et son mari sont tous deux pratiquants de Falun Gong, une discipline spirituelle ancrée dans la tradition bouddhiste, comprenant des exercices doux et lents, une méditation paisible et les enseignements moraux basés sur les principes de « Vérité, Compassion et Tolérance ».

Les pratiquants du Falun Gong ont été sévèrement persécutés en Chine depuis que le régime communiste a interdit cette pratique voici déjà 20 ans, suite à l’explosion de sa popularité dans les années 1990.

Mme Zhang, ancienne professeure à l’Université normale de Nanjing, qui a elle-même été emprisonnée et torturée en raison de sa croyance, fait partie des 30 victimes de persécutions religieuses qui ont participé à cette conférence de trois jours, le plus grand événement mondial sur la liberté religieuse.

Le 17 juillet, elle a parlé au président Donald Trump du sort de son mari lors d’une rencontre avec des survivants de persécutions religieuses dans le Bureau ovale.

« Les prélèvements forcés d’organes existent toujours, alors nous devrions prendre des mesures », a martelé Mme Zhang. « Juste des mots, ça ne marche pas. »

Mme Zhang a également parlé au président Trump d’un autre pratiquant emprisonné dans le même établissement qui est décédé un jour après sa libération.

Avant sa mort, ce pratiquant a vomi une grande quantité de sang, a-t-elle déclaré.

Après les déclarations de Mme Zhang, Donald Trump a exprimé son appréciation pour ses commentaires.

Yuhua Zhang, une pratiquante de Falun Gong qui a survécu à la persécution en Chine, prend la parole lors de la conférence ministérielle pour la promotion de la liberté religieuse au Département d’État à Washington le 17 juillet 2019. (Samira Bouaou/The Epoch Times)

Tests sanguins

Mme Zhang a vu son mari pour la dernière fois en 2015, juste avant qu’elle ne quitte la Chine pour les États-Unis, où elle vit depuis, a-t-elle déclaré à Epoch Times lors d’une interview téléphonique le 16 juillet.

En 2017, elle a appris qu’il avait été condamné à trois ans de prison pour avoir envoyé six lettres aux hauts dirigeants du régime, les appelant à mettre fin aux persécutions.

Ce n’est pas la première fois que Zhengyu Ma, un ingénieur, est incarcéré. Au fil des ans, il a été envoyé dans un centre de lavage de cerveau pendant six mois, détenu dans un camp de travaux forcés pendant 1 ½ ans, et emprisonné pendant sept ans.

N’ayant pas eu de nouvelles de Zhengyu Ma depuis son incarcération, Mme Zhang révèle que ce qui l’effraie et la préoccupe davantage est non seulement qu’il est torturé en prison, mais qu’il pourrait être victime de prélèvements forcés d’organes.

Le mois dernier, un tribunal populaire indépendant, après une enquête d’un an, a confirmé des allégations de longue date selon lesquelles le régime chinois assassine des pratiquants de Falun Gong emprisonnés et prélève leurs organes pour les transplanter.

Dans son jugement final (pdf), le tribunal a déclaré qu’il existe des preuves évidentes que les prélèvements forcés d’organes ont eu lieu en Chine pendant des années à une échelle significative et qu’ils continuent encore aujourd’hui.

Le tribunal a déclaré qu’il était « convaincu » que les organes provenaient de pratiquants de Falun Gong détenus, soulignant qu’ils étaient « probablement la source principale ».

Une série d’éléments de preuve, dont les temps d’attente « extraordinairement courts » pour les transplantations d’organes en Chine, de vastes écarts entre les chiffres officiels des transplantations d’organes en Chine et le nombre d’opérations de transplantation effectuées, et des témoignages constants de pratiquants de Falun Gong ayant subi des tests sanguins en prison, ont amené le tribunal à sa conclusion « inéluctable ».

Mme Zhang se souvient que son époux lui avait dit que lui et d’autres pratiquants de Falun Gong subissaient des tests sanguins tous les trois mois alors qu’il purgeait sa peine de prison précédente.

Ayant elle-même été emprisonnée et détenue dans un camp de travaux forcés, Mme Zhang a aussi souvent subi des tests sanguins en prison. À l’époque, d’autres détenus qui n’avaient pas été testés pensaient que les pratiquants du Falun Gong avaient été testés car le Parti communiste chinois se « souciait d’eux ».

Torture

Yuhua Zhang, dont le mari Zhenyu Ma est emprisonné en Chine, prend la parole à l’occasion du 19e anniversaire du début de la persécution du Falun Gong, le 20 juillet 1999, au Washington Monument, le 19 juillet 2018. (Mark Zou/The Epoch Times)

Mme Zhang elle-même a été envoyée trois fois dans un camp de travaux forcés et emprisonnée une fois, purgeant un total de 7 ans et demi.

Pendant sa détention, elle a été contrainte de courir pendant des heures sous le soleil brûlant et a subi toute une série de tortures, notamment des chocs électriques, des privations de sommeil, des injections forcées de substances nocives inconnues.

« Pendant 50 jours, je n’ai pas eu le droit de dormir, ni d’utiliser les toilettes à volonté ni de prendre une douche », a-t-elle déclaré.

Mme Zhang a fait remarquer à Epoch Times qu’il n’y avait pas de limites aux méthodes employées – tant physiques que psychologiques – par le régime chinois pour forcer les pratiquants du Falun Gong à renoncer à leurs convictions.

« On ne peut pas endurer le genre de torture qu’ils infligent à votre corps », a-t-elle dit.

Appel à la justice

Depuis son arrivée aux États-Unis, Mme Zhang milite sans relâche en faveur de la libération de son mari. L’an dernier, elle reçut une réponse à sa lettre à Donald Trump au sujet du sort de son mari.

Dans son discours, Mme Zhang a appelé le gouvernement américain à imposer des sanctions en vertu de la loi Magnitski aux responsables chinois « connus pour avoir illégalement détenu, torturé et tué des pratiquants de Falun Gong ».

La loi fédérale permet au gouvernement américain de cibler les auteurs de violations des droits de l’Homme en leur interdisant d’entrer au pays, en gelant leurs avoirs américains et en leur interdisant de faire affaire avec des entreprises américaines.

Beaucoup d’auteurs de ces actes continuent de travailler en Chine et ont même été promus pour leur implication dans la persécution des pratiquants, a rappelé Mme Zhang.

« J’espère que le gouvernement américain, les médias internationaux et les groupes de défense des droits de l’Homme pourront aider à libérer mon époux et les centaines de milliers d’autres personnes innocentes emprisonnées pour leur pratique du Falun Gong »

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