Le fondateur de Huawei révèle que sa famille utilise des produits Apple

26 mai 2019 Mis à jour: 9 juillet 2019

Le fondateur du géant chinois des télécommunications Huawei a déclaré le 21 mai que les membres de sa famille utilisent des téléphones Apple et lui achètent des ordinateurs Apple lorsqu’ils voyagent à l’étranger.

« De nombreux membres de ma famille me disent que l’écosystème Apple est meilleur que le nôtre », a déclaré Ren Zhengfei à un groupe de journalistes chinois lors d’une conférence de presse tenue au siège de sa société à Shenzhen le 21 mai, rapporte le média gouvernemental Beijing News.

Huawei est le deuxième fabricant mondial de smartphones et l’un des principaux concurrents d’Apple.

Huawei chief financial officer Meng Wanzhou, back right, is accompanied by a private security detail as she leaves her home to attend a court appearance in Vancouver on May 8, 2019. (The Canadian Press/Darryl Dyck)
–La directrice financière de Huawei, Meng Wanzhou, au moment de sa comparution devant le tribunal à Vancouver le 8 mai 2019. (La Presse Canadienne / Darryl Dyck)

La société, qui est également le plus grand fabricant mondial de réseaux de télécommunication, fait face à une surveillance accrue par l’Occident qui craint que ses produits ne soient des chevaux de Troie pour permettre les campagnes d’espionnage de Pékin, en raison des liens étroits du fabricant avec l’armée chinoise.

En décembre dernier, la fille de Ren Zhengfei et directrice financière de la société Meng Wanzhou, a été vue avec plusieurs produits Apple, dont un iPhone 7 Plus et un MacBook Air, lorsqu’elle a été arrêtée à la demande des autorités américaines dans l’enceinte de l’aéroport de Vancouver. Meng est actuellement en liberté sous caution au Canada, ses avocats mobilisant tous leurs moyens pour éviter son extradition vers les États-Unis, où elle est accusée de violation des sanctions américaines contre l’Iran.

Plus tôt cette année, la société a puni deux employés qui avaient envoyé un tweet de Nouvel An à partir du compte Twitter officiel de la société… via un iPhone.

Huawei sur liste noire

Arguant de questions liées à la sécurité nationale, le président américain Donald Trump a émis des ordres courant mai, qui interdisent aux entreprises américaines de traiter avec la société chinoise.

Le département américain du Commerce a annoncé le 20 mai qu’il accorderait à Huawei une licence de 90 jours lui permettant d’acheter des produits de fabrication américaine afin de maintenir les réseaux existants et de fournir des mises à jour logicielles pour les téléphones Huawei existants.

Ren, parlant aux médias chinois quelques jours après l’interdiction d’exportation aux États-Unis, a tenté de minimiser l’impact de cet embargo, affirmant que la société avait prévu des mesures de secours au cas où elle serait coupée des fournisseurs américains.

Le fondateur a ajouté que l’action de Donald Trump n’était pas totalement inattendue :

« Nous avons sacrifié des individus et des familles dans le seul objectif d’être numéro 1 mondial », a déclaré Ren, cité par le magazine économique Caixin, lors de sa récente conférence de presse. « Pour atteindre cet idéal, il devait y avoir un conflit avec les États-Unis tôt ou tard. »

Huawei affirme pouvoir assurer une chaîne d’approvisionnement stable sans fournisseurs américains.

Mais en 2018, la société a dépensé 11 milliards de dollars sur l’achat de composants technologiques américaines, sur un total de 70 milliards de dollars, ce qui représente environ 16% de l’approvisionnement de Huawei.

Plusieurs fabricants de puces électroniques , y compris basés en dehors des États-Unis, auraient déjà suspendu leurs activités avec la société de télécommunications.

Le 20 mai, le média japonais Nikkei a ainsi annoncé que le fabricant allemand de puces Infineon Technologies avait suspendu ses envois à destination de Huawei afin de se conformer à l’interdiction imposée par les États-Unis.

ARM, concepteur de puces basé au Royaume-Uni, a ordonné à tout son personnel de suspendre ses activités avec Huawei, a rapporté la BBC le 22 mai, citant des documents internes obtenus par le média. La société britannique pensait être sous le coup de l’interdiction américaine en raison de ses conceptions contenant le label « US origin technology « , rapporte la BBC.

Google, qui produit le système d’exploitation Android et les services destinés aux smartphones de Huawei, a également annoncé la suspension de ses activités avec Huawei le 19 mai.

Dans le même temps, des opérateurs de téléphonie mobile du monde entier ont annoncé qu’ils cesseraient de proposer les téléphones Huawei, craignant que les restrictions imposées par les États-Unis n’affectent le support technique sur ces appareils.

Problèmes de sécurité

Huawei a nié à plusieurs reprises les affirmations selon lesquelles les équipements de la société pourraient être utilisés par le régime chinois à des fins d’espionnage. En défense de sa société, Ren a souvent dit qu’il n’existait aucune loi chinoise autorisant l’installation de « portes dérobées ».

Cependant, bien qu’aucune loi chinoise n’oblige une entreprise en Chine à installer des portes dérobées, il existe plusieurs lois de portée générale sur la sécurité qui préoccupent les gouvernements et les experts occidentaux.

« Il est de notoriété publique qu’en vertu de la loi chinoise sur la cybersécurité, les sociétés chinoises telles que Huawei sont tenues de fournir [au gouvernement] un accès à la demande, quasiment sans moyen de refuser », a déclaré le directeur du FBI, Christopher Wray, lors d’une conférence de presse en janvier.

Parmi ces lois figure la loi nationale sur le renseignement de 2017, qui oblige tous les citoyens et entités chinois à fournir des informations de renseignement aux autorités, si nécessaire.

Au cours des derniers mois, les États-Unis ont intensifié leurs efforts diplomatiques pour alerter leurs alliés au sujet de Huawei, en particulier en ce qui concerne la prochaine génération de technologie sans fil, la 5G, actuellement déployée dans le monde entier.

« Il me semble logique de ne pas remettre les clés de toute votre nation à un acteur qui a… démontré une conduite mauvaise », a déclaré l’ambassadeur américain auprès de l’Union européenne, Gordon Sondland, en février.

Quand on lui a demandé s’il était prouvé que des équipements Huawei avaient été utilisés pour des activités d’espionnage, M. Sondland a répondu: « Il existe des preuves classées secret-défense ». Il a refusé de préciser la nature de ces informations, affirmant qu’il n’y avait aucun doute sur le fait que Huawei soit « capable de pirater un système » et ait reçu « le mandat du gouvernement [chinois] de le faire sur demande. »

RECOMMANDÉ