Fortifier ses résolutions du Nouvel An avec ces cinq légendes chinoises

5 février 2016 Mis à jour: 5 février 2016

Comme tout autre engagement pris envers soi-même, les résolutions du Nouvel An peuvent sembler foisonner, pour finalement être brisées ou oubliées sur un coup de tête. Si vous ne voulez pas que les choses en restent là durant l’Année du Singe, voici cinq histoires issues du passé chinois où puiser votre inspiration.

L’empereur Yu contrôle les inondations

Le Fleuve Jaune est connu comme étant le Chagrin de la Chine, parce que bien que ses flots soient l’élément vital de l’agriculture, les inondations fréquentes et difficiles à contrôler ont coûté la vie et fait perdre leur domicile à des millions de personnes au cours des derniers millénaires.

Selon une légende chinoise, l’un des premiers hommes à remédier à ce problème de longue date fut Yu le Grand. Durant des années, cet empereur dirigea personnellement ses hommes dans la construction de digues qui devaient canaliser le lit du Fleuve Jaune et stabiliser la géographie des Plaines de la Chine du Nord. On disait qu’en raison du dévouement de Yu, son fils ne voyait son père que lorsque celui-ci passait devant leur maison pour aller travailler.

L’empereur Yu.
L’empereur Yu.

L’extrême attention et l’ardeur au travail dont Yu le Grand fit preuve pour le bien de son peuple se poursuivirent pendant des générations, alors que paysans et ouvriers maintenaient sans cesse le circuit de digues et de barrages contenant la puissance du fleuve.

Les larmes de Madame Meng

Après avoir unifié la Chine, le premier empereur Qin se mit à construire une grande muraille qui allait défendre l’empire contre les envahisseurs du Nord. Meng Jiang était à peine mariée lorsque les autorités emmenèrent soudain son époux rejoindre les centaines de milliers d’autres hommes, qui, comme lui, avaient été sommairement préparés afin de réaliser l’ambitieux projet.

Le travail sur la muraille était extrêmement difficile et des dizaines de milliers de personnes moururent sous le climat impitoyable ou la charge de travail. Pour porter des vêtements rembourrés à son époux, Meng Jiang parcourut à pied le trajet difficile menant au site. Mais elle n’arriva que pour découvrir que ce dernier avait intégré le rang des martyres.

Durant trois jours, Meng Jiang se lamenta amèrement sur son sort faisant miraculeusement s’effondrer une immense section de la Grande Muraille. Selon la légende, voyant les piles d’os humains enterrés sous le mur, elle pria les divinités de l’aider à retrouver les restes de son époux.

Se mordant le doigt jusqu’au sang, Meng Jiang laissa s’écouler le sang sur les squelettes, persuadée qu’il coulerait vers les os de son bien-aimé en évitant les autres. Avec le soutien des divinités, elle finit par trouver les restes de son époux et leur donna une sépulture appropriée.

Afin d’honorer cette femme fidèle, les générations ultérieures lui érigèrent un temple sur une montagne près de Shanhaiguan, où la Grande Muraille rencontre l’Océan Pacifique. Là, on se remémore l’épouse fidèle sous le nom de Madame Meng Jiang.

Wu Zixu vit pour venger sa famille

Il y a 3500 ans, au début de la Période des Royaumes Combattants, vécut un ministre et général, nommé Wu Zixu, qui se donna énormément de mal pour venger les exécutions injustes de son père et de son frère.

L’histoire de Wu débuta lorsque son père, tuteur du prince héritier de leur royaume natal de Chu, fut emprisonné par le roi, trompé par des conspirateurs lui faisant croire que le vieux Wu préparait une rébellion. Derrière les barreaux, le tuteur royal fut contraint d’écrire une lettre à ses fils leur demandant de le rejoindre dans la capitale, l’intention étant de les éliminer d’un seul coup.

Lorsque Wu Zixu et son frère, Wu Shang, prirent connaissance de la lettre, ils comprirent qu’il s’agissait d’un piège mortel, mais n’osèrent pas désobéir à leur père. D’un autre coté, laisser la famille s’éteindre entre les mains de criminels sans résister, était aussi un signe de non-respect filial.

Finalement, les frères trouvèrent une solution. Wu Shang partit pour la capitale de Chu, sacrifiant sa vie et remplissant leur devoir d’honorer l’ordre de leur père. Wu Zixu, quant à lui survécut, mais son chemin était peut-être le plus ardu.

Jurant d’abattre le gouvernement corrompu de Chu, Wu Zixu partit seul pour traverser le puissant fleuve Yangtze et s’échappa jusqu’au royaume oriental de Wu. Là, il réussit non seulement à devenir un fonctionnaire mais aida aussi à renverser un usurpateur, à construire la cité devenue plus tard la ville moderne de Suzhou, et à enrôler l’auteur légendaire de L’Art de la Guerre, Sun Zi, dans sa mission de conquérir Chu.

Après de nombreuses années de préparations, Wu Zixu conduisit effectivement une armée jusqu’à la capitale de Chu et vainquit ceux qui avaient assassiné sa famille pour le pouvoir.

Liu Bei engage Zhuge Liang

Le mystérieux génie Zhuge Liang était un officier de valeur dans les rangs de Liu Bei, qui se battait pour restaurer la dynastie Han (206 av. J.-C-220 ap. J.-C). Une histoire célèbre décrite dans le roman du XIVe siècle Romance des Trois Royaumes, relate la manière dont Liu et ses camarades réussirent à engager cet expert en stratégie.

Lorsque Liu Bei et ses frères de sang, les généraux Guan Yu et Zhang Fei, eurent connaissance des aptitudes de Zhuge Liang, ils se rendirent dans sa résidence à Longzhong pour discuter avec lui. Mais même après deux tentatives, y compris un voyage effectué sous de fortes chutes de neige, Zhuge ne put être trouvé.

Lors du troisième voyage, les généraux de Liu s’étaient lassés de n’avoir jamais réussi àtrouver le stratège. Guan Yu devina que Zhuge ne se pensait pas compétent pour ce travail et évitait leurs visites respectueuses. Zhang Fei offrit de capturer Zhuge s’il le trouvait mais refusait de travailler pour Liu Bei.

Les frères de sang trouvèrent Zhuge chez lui en train de se reposer. Liu Bei conduisit Zhang Fei à l’écart lorsque ce dernier suggéra de mettre le feu au domicile de Zhuge pour l’effrayer et le faire sortir du lit, puis il attendit simplement que l’homme se réveille.

Deux heures plus tard, Zhuge Liang se réveilla et reçu Liu Bei chez lui. Il fut impressionné par la mission de Liu de restaurer la dynastie Han et accepta de l’aider dans ses campagnes.

Confucius enseigne la vertu en des temps troublés

Bien que très respecté aujourd’hui et tout au long de l’histoire en tant qu’homme ayant peut-être le plus influencé la société traditionnelle chinoise, le sage Confucius ne vit jamais de son temps ses enseignements appliqués dans les nombreux royaumes qui constituaient alors la Chine.

Le confucianisme était l’une des nombreuses écoles de pensée développées en Chine à cette époque.

Confucius et ses disciples Yanzi et Huizi devant l’Autel de l’Abricot par l’artiste japonais Kano Tan’yu (1602-1674).
Confucius et ses disciples Yanzi et Huizi devant l’Autel de l’Abricot par l’artiste japonais Kano Tan’yu (1602-1674).

Certains étaient partisans de lois plus strictes. Les autres voyaient l’amour universel et l’égalité, renforcés par le pacifisme et de puissantes fortifications, comme l’espoir porteur de paix. Mais selon Confucius, ce dont la Chine avait réellement besoin, du prince au paysan, était que les gens respectent leurs familles et cultivent la vertu.

Du temps de Confucius, la plupart des hommes au pouvoir étaient principalement concernés par la survie et la conquête et peu étaient véritablement intéressés par ce que le professeur et ses disciples, qui venaient de diverses couches sociales et rangs officiels, avaient à offrir.

Mais peu importait. Pour Confucius, suivre ce que les anciens appelaient le « Mandat du Ciel » était un mode de vie, la voie de l’homme supérieur. Le confucianisme ne fut jamais adopté de son vivant et fut réprimé par le premier empereur, mais finalement, les enseignements du sage devinrent une fondation durable du peuple chinois et de sa culture.

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