France: l’ex-patron de Carrefour renonce à une indemnité de départ sous la pression

16 juin 2018 Mis à jour: 16 juin 2018

L’ancien patron de Carrefour a renoncé samedi à une indemnité de départ de près de 4 millions d’euros, sous la pression du gouvernement après l’indignation des syndicats compte tenu des déboires du groupe français de distribution qui ferme des magasins. Georges Plassat a « décidé de renoncer à l’application de la clause de non-concurrence qui lui avait été octroyée et donc au versement de l’indemnité de départ correspondante », a annoncé Carrefour. La somme correspond à près de 4 millions d’euros.

Les actionnaires du groupe avaient approuvé vendredi à 68% l’octroi à Georges Plassat d’une rémunération de 13,17 millions d’euros en 2017, qui comportait une indemnité de départ sous la forme d’un engagement de non-concurrence.  Cette clause devait en théorie assurer que Georges Plassat ne devienne pas dirigeant d’un groupe concurrent de Carrefour, un cas de figure pourtant peu probable compte tenu de son âge (68 ans lors de son départ) et de ses problèmes de santé.

Ce chèque avait suscité la colère des syndicats du groupe, qui vient d’annoncer la fermeture de 243 magasins en France, menaçant ainsi plus de 2.000 salariés. Le syndicat CFDT avait ainsi dénoncé une somme « dépourvue de toute exemplarité » et « déconnectée » des résultats du distributeur, en berne. « Que l’échec soit récompensé par des rémunérations très élevées, c’est incompréhensible et choquant », a aussi jugé samedi le ministre de l’Economie Bruno Le Maire, dans un entretien à l’AFP, avant l’annonce de M. Plassat.

La rémunération des « super-patrons » fait régulièrement l’objet de polémiques en France, et en particulier l’attribution de primes de départ ou autres « parachutes dorés ».  Fin 2016, de nombreuses critiques s’étaient élevées, y compris de la part de l’Etat actionnaire, contre le salaire du patron du constructeur automobile Renault, Carlos Ghosn (15,4 millions d’euros en 2016).

A la suite de cette « affaire », le gouvernement avait fait pression pour un renforcement du code de bonne conduite édicté par l’Association française des entreprises privées (Afep), qui regroupe les plus grands groupes français, et le Medef, organisation patronale.

DC avec AFP

RECOMMANDÉ